mercredi 31 décembre 2008

NOUVEL AN...

BONNE ANNEE 2009 !
Les ans comme les flots ont fui. Mais aucun port
N’a pu m’emprisonner dans sa large ceinture.
J’ai glissé de rivage en rivage, emportant
Dans mes yeux une ville entrevue un instant,
Les formes, les couleurs d’une étrange nature.
Ainsi le grand navire ailé, berceau léger,
Me roulait aux confins du monde, passager
Solitaire, attentif seulement à songer.
Par les heureuses nuits où l’atmosphère est pure,
Où tous les feux du ciel fourmillent sur la mer,
La proue en bondissant entrait dans les étoiles.

Charles Guérin Le Cœur solitaire LXVI éd Le Mercure de France1912
image Nicolas BAUDESSON Corbeille de fleurs 1673
Musée des Beaux-Arts Nancy photo GL

lundi 29 décembre 2008

Hôpital...

Voilà quelques mois, des centaines de malades ont été sur-irradiés dans le centre d’oncologie d’un hôpital de France…
Voilà quelques jours, un enfant est mort des suites d’une erreur de flacon dans un hôpital de France…
Voilà quelques heures, un homme, jeune encore, est mort des suites d’un accueil impossible dans un hôpital de France…
Bien sûr, l’erreur est humaine ! Bien sûr, le zéro défaut n’existe pas ! Bien sûr, l’organisation parfaite n’est pas de ce monde, quel que soit le domaine concerné !
Mais…
Le scénario consécutif à ces « accidents » est toujours le même : la machine à rechercher des responsables (voire des coupables) se met en marche, alimentant le déjà trop-plein des tribunaux tellement obèses (d’affaires à traiter) qu’ils disjonctent à leur tour, comme chez les malheureux Ch’tis d’Outreau !
Et si… au lieu de ripostes aussi ponctuelles et fragmentaires que celles-là, qui ne sont que moyens dérisoires et hypocrites de masquer la terrible réalité, notre société s’orientait vers une vraie analyse de la situation, en utilisant la fameuse et efficace méthode de «L’arbre des causes » mise au point par l’INRS voilà des décennies, peut-être nous apercevrions-nous que la cause mère de toutes les autres n’est autre que : l’insuffisance de formation des personnels aux matériels nouveaux, le rythme de travail infernal des équipes soignantes, les moyens dangereusement réduits des services d’urgence ! Qui, victime d’un malaise grave ou d’un accident n’a pas encore eu à passer plusieurs heures, une nuit, voire davantage, dans un couloir glacial en attendant d’être pris en charge, ne peut se rendre compte de l’état réel de notre hôpital public ! Cette cause mère : c’est la volonté, une fois de plus, d’aller vers la loi du marché qui, ne visant que le profit, n’investit que le minimum défini par l’observation des densités locales de population et des lois statistiques de… consommation !
Vouloir faire de l’hôpital une entreprise privée, c’est ouvrir la voie à d’autres catastrophes individuelles ou collectives, c’est vouloir ignorer (et faire ignorer) que certaines situations ainsi créées relèvent du simple délit de non-assistance à personne en danger !
Les bises ministérielles, si appuyées soient-elles, le dimanche après-midi, à la télévision nationale, ne suffisent pas à faire croire à la permanence de l'essentiel... respect de la VIE !
image fotosearch

vendredi 26 décembre 2008

Les Rois...


Traversant notre désert, ils sont en marche, les rois.
Puissent-ils être des... ROIS SAGES !
Et nous apporter, plutôt que le pire, le chagrin et le sang...
la myrrhe, le benjoin et l'encens !
image Universalis

mercredi 24 décembre 2008

Noël...


Très bon Noël à toutes et à tous !

Que l'étoile brille pour chacune et chacun d'entre nous,
et nous indique la voie de... LA VIE
respectable, respectueuse et respectée !
image fotosearch

dimanche 21 décembre 2008

TRAVAIL... DIMANCHE... bis

Rencontré Jérôme à La Strasbourgeoise, face à la gare de l’Est, le trop court instant d’un voisinage de déjeuner entre deux trains. Il m’adresse un très intéressant commentaire à propos de mon billet consacré au travail du dimanche (16 décembre). En réponse, précisions :
D’abord : donner son avis est toujours être partisan. C’est donner sa conviction, prendre son parti d’une position ou d’une action consécutive à réflexion. Mais sans, pour autant, être encarté dans un parti (ou encadré dans…). Mon seul parti : celui du respect de l’autre !
Ensuite : enfant d’ouvriers (de filature) et ouvrier moi-même durant quelques années (en hôtellerie et conserverie, entre autres) afin de financer mes études de philosophie et psychologie, j’ai eu tout le loisir d’observer la « bienveillance » d’une large majorité de chefs d’entreprises et d’en recueillir les « fruits ». Ensuite, cadre de direction dans les services, puis l’industrie (Union Carbide Corporation –on se souvient de Bophal !), et l’agriculture, j’ai pu, de l’intérieur, évaluer les intentions des tenants du pouvoir économique (politique aussi souvent) et repérer avec précision leurs valeurs essentielles. Enfin, une loi, me semble-t-il, ne saurait être valablement fondée sur une exception. Or, le député auteur de ce projet, n’appuie sa proposition que sur la nécessité de donner un cadre légal aux entorses au droit du travail pratiquées sur une très importante zone commerciale de France située au cœur de sa circonscription. Certes, certaines situations d’urgence, de nécessité ou d’intérêt général, imposent le travail du dimanche (services de santé et de secours, veille énergie, transport, presse…). Mais elles sont exceptionnelles ! Vendre des chaussettes, des voitures, des téléphones portables, des téléviseurs à écran plasma ou des boîtes de sardines n’a jamais eu ce caractère, ne l’aura jamais. La crise ? La crise ! Une maladie grave de notre classe politique actuelle (toutes tendances confondues) est la réaction immédiate, spectaculaire et de portée générale à un accident particulier qui nécessiterait l’analyse approfondie. Sous prétexte qu’un automobiliste en état d’ébriété provoque une catastrophe, va-t-on interdire totalement la vente de vin dans le pays ? Sous prétexte qu’un autre automobiliste aura fait des victimes à cause d’un excès de vitesse, doit-on brider tous les véhicules (ou leurs conducteurs) ? Sous prétexte qu’une fin de vie se passe mal, sera-t-on autorisé à donner la mort d’une manière habituelle dès lors que le cadre réglementaire (lequel ?) semble respecté ? Le désir de quelques individus qui souhaitent arrondir leurs fins de mois en travaillant le dimanche est-il suffisant pour permettre (imposer !) ce choix ( ?) à toutes et à tous ? Et, sous prétexte que, dans certaines régions, à certaines époques, et pour certaines variétés, les pesticides sont nécessaires à l’agriculture, devons-nous permettre que leur usage (donc leur commerce) soit possible partout et toujours ? Légiférer à la va-vite à partir de cas particuliers et sous la pression de parties intéressées produit inévitablement à terme des effets nocifs, voire contraires à ceux recherchés. Aligner l’ensemble de la population d’un pays sur des faiblesses particulières, c’est affaiblir le pays lui-même ! Contourner les valeurs de référence d’une société par des accommodements de circonstance, c’est rejeter, souvent de manière définitive, ces valeurs fondatrices, et… créer du désordre dans les têtes (puis dans la rue !)
Il ne s’agit plus, alors, d’ « art de gouverner », mais de fuite en avant.
Bien sûr, en oubliant la notion d’intérêt général, on peut le faire !
Mais les conséquences de ces décisions seront à assumer demain et… pour longtemps !
Il nous faut en être conscients.

jeudi 18 décembre 2008

Matin brumeux


Mirabellier dans la brume Saintois 15 12 08 photo GL

mercredi 17 décembre 2008

Ministre...

Quand tu vois le ministre penser plus à soi qu'à toi et que dans toutes les affaires il recherche là-dedans son profit, un tel homme ainsi fait jamais ne sera bon ministre, jamais tu ne te pourras fier à lui...

Machiavel Le Prince XXII Des ministres et des princes
image : Lorenzo Bartolini Niccolo Macchiavelli piazzale des Offices Florence

mardi 16 décembre 2008

Travail... dimanche !

Comme d’habitude, l’État tente de passer en force pour, s’appuyant sur une minorité mercantile active, tenter d’imposer la légalisation du travail le dimanche. C’est le projet de loi du député Richard Mallié qui prétend (entre autres) que (argument massue !), dans sa circonscription, ce travail du dimanche permet à des étudiants de gagner plusieurs centaines d’Euros, et qu’il faut adapter notre pays aux conséquences de la crise.
Ah… LA CRISE !
Et si, choisissant le progrès plutôt que la régression, imitant plutôt les meilleurs (pays nordiques) que les pires (pays anglo-saxons), la France décidait de traiter mieux ses étudiants en leur donnant des conditions matérielles d’étude décentes…
Et si, masquée par de tels arguments, la réalité de ce projet était bien plus pernicieuse comme, par exemple, de servir le patronat en faisant voler en éclat les textes consensuels qui, à l’heure actuelle, encadrent le travail !
La question mérite d’être posée. Car :
-Le profit de quelques-uns ne justifie pas la déréglementation du travail au détriment de tous les autres !
-Contribuer à détruire ainsi les rares liens familiaux survivants (le dimanche est le seul jour possible de "retrouvailles" et de partage) expose à de graves troubles sociaux à venir ! En parallèle à cette mesure, il faudrait donc prévoir de renforcer les effectifs de police et construire... (à défaut d'écoles -le pli est déjà pris) de nouvelles... prisons !
En outre, et subsidiairement : Comment notre peuple peut-il entendre les appels présidentiels à la réaffirmation des "racines chrétiennes" de l'Europe (dont, évidemment, la France) si, dans le même temps, la même source politique désacralise le dimanche ("Dieu bénit le septième jour et le consacra... " Ancien Testament 2-3) ? Comment ? Pour une bonne "gouvernance", la cohérence dans les propositions et décisions n'est-elle pas nécessaire ?
Enfin, on nous parle d’objectif économique ! Mais, le porte-monnaie de nos contemporains n’étant pas inasséchable (loin s’en faut !) ce qui se vendra le dimanche… ne se vendra pas durant la semaine !
L’intention inavouée (parce qu’inavouable) de ce député sans doute en mal de portefeuille (ministériel !) ne serait-elle pas, en réponse aux exigences sans cesse renouvelées du MEDEF, une nouvelle avancée dans la voie de la déréglementation totale du travail qui vise à faire des salariés, toutes branches et tous niveaux confondus, de nouveaux… serfs !
Autre intention, peut-être : à supposer que cette mesure fonctionne et que le peuple se précipite dans les temples du commerce le dimanche, il fera, du lundi au samedi, place nette aux représentants de la France d’en haut, ces heureux praticiens du bouclier fiscal libres toute la semaine (sauf obligations champagne-petits-fours !) venus des beaux quartiers en limousine avec chauffeur, qui souhaitent dépenser leur argent à l’abri des regards et des miasmes de… la populace issue de la France d’en bas !
L’Assemblée nationale aurait renoncé, nous dit-on ce matin, à maintenir ce texte… Prudence ! L’expérience récente nous montre que nos dirigeants ont tôt fait, dès que le citoyen a le dos tourné (fête de Noël ou vacances de Pâques à venir), de faire d’un pas en arrière… trois pas en avant !


Oui, la crise a bon dos. Prétexte à une hyperlibéralisation de notre société dont seuls sont bénéficiaires les nouveaux aristocrates d’une république finissante, elle profite à ceux-là mêmes qui l’ont créée : les propriétaires d’esclaves !
image Le repos des faneurs Théodore-Jouis DEYROLLES
huile sur toile 1920 musée de Pau photo GL

vendredi 12 décembre 2008

Dante...

Premier ciel ou de la Lune :
âmes n'ayant pas accompli leurs voeux

Entre deux mets également distants
et attirants, mourrait d'abord de faim
tout homme libre avant de porter l'un aux dents ;
tel se tiendrait l'agneau entre deux faims
de loups féroces, les craignant tout autant ;
tel se tiendrait un chien entre deux daims :
aussi, de m'être tu, je ne me blâme,
-également la proie de mes doutes,
c'était inévitable - ou ne me loue.
Je me taisais, mais mon désir était
peint sur mes traits, ainsi que ma demande,
bien plus fervente que par parler distinct.

Dante Alighieri La Divine Comédie Paradis III
image : Dante par Andrea del Castagno 1450 galerie des Offices Florence wikipédia

dimanche 7 décembre 2008

Capitalisme... libéralisme... désastre !

Malgré son poids (670 pages), à lire absolument
pour éviter l'indigestion des salades
que d'aucuns nous servent chaque jour...
extraits :

C'est aux premiers jours de l'occupation de l'Irak par les Etats-Unis, il y a quatre ans, que je commençai à m'intéresser à la dépendance du libre marché à l'égard des chocs en tous genres. Après avoir rendu compte depuis Bagdad de la tentative avortée de Washington de faire suivre la phase "choc et effroi" de celle du traitement de choc, je me rendis au Sri Lanka, quelques mois après le tsunami dévastateur de 2004. Là, je fus témoin d'une autre version de la même manoeuvre. En effet, des investisseurs étrangers et des prêteurs internationaux s'étaient ligués pour exploiter le climat de panique et céder le magnifique littoral à des entrepreneurs qui s'étaient empressés d'ériger de vastes stations balnéaires, empêchant ainsi des centaines de milliers de pêcheurs de reconstruire leurs villages au bord de l'eau : "Par un coup cruel du destin, la nature a offert au Sri Lanka une occasion unique. De cette grande tragédie est née une destination touristique d'exception", claironna le gouvernement. Lorsque l'ouragan Katrina s'abattit sur la Nouvelle-Orléans et que les politiciens, les groupes de réflexion et les promoteurs immobiliers républicains se mirent à parler de "page blanche" et d'occasion en or, il apparut clairement que telle était désormais la méthode privilégiée pour aider l'entreprise à réaliser ses objectifs : profiter des traumatismes collectifs pour opérer de grandes réformes économiques et sociales. (P. 17)

Dans certains cas, bien entendu, l'adoption des politiques de libéralisation des marchés se fit de façon démocratique, quelques politiciens ayant été portés au pouvoir malgré des programmes draconiens : l'élection de Ronald Reagan aux Etats-Unis et, plus récemment, celle de Nicolas Sarkozy en France, en constituent des exemples frappants. Dans de tels cas, cependant, les croisés du libéralisme économique se heurtent à l'opposition du public et doivent modifier ou adoucir leurs projets radicaux, accepter les changements à la pièce plutôt qu'une reconversion totale. On voit bien que le modèle économique de Friedman, s'il est en partie compatible avec la démocratie, a besoin de conditions totalitaires pour être imposé dans son expression la plus pure. Pour que le traitement de choc économique soit appliqué sans contrainte -comme ce fut le cas au Chili dans les années 1970, en Chine à la fin des années 1980, en Russie dans les années 1990 et aus Etats-unis au lendemain des attentats du 11 septembre 2001-, on doit compter sur un traumatisme collectif majeur, lequel entrave ou suspend provisoirement l'application de principes démocratiques. Cette croisade idéologique prit naissance au sein des régimes autoritaires d'Amérique du Sud ; dans les territoitres nouvellement conquis -la Russie et la Chine-, elle cohabite encore aujourd'hui, sans difficulté et de façon rentable, avec un régime à la poigne de fer. (P. 20-21)

Naomi KLEIN La Stratégie du choc La montée d'un capitalisme du désastre
Essai traduit de l'anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné
Editions LEMEAC/ACTES SUD mai 2008
photo couv. GL

vendredi 5 décembre 2008

Enfance... PRISON !

La solution est enfin trouvée à tous les maux de notre société :
La prison ! Dès l’âge de douze ans si nécessaire !
La ministre, garde des sceaux de notre pitoyable république, vient de découvrir que "la violence a changé de nature !"et qu’il convient de lui opposer une "réplique adaptée". C’est vrai qu’elle est de plus en plus grave, cette violence, et… institutionnelle : grands patrons libérés de tous leurs devoirs envers des salariés taillables et corvéables à merci (il suffit de voir le sourire réjoui de la maîtresse du Medef), consommateurs livrés pieds et poings liés à une grande distribution qui triche sur les contenus quand elle ne peut pas tricher sur les prix, téléspectateurs offerts en pâture au seul conditionnement politique officiel (avec la nomination du président du service public par l’Élysée), police et gendarmerie en dérapages fréquents sous prétexte d’enquête ou de légitime défense, soutien massif aux banquiers joueurs de poker menteur qui oublient de redistribuer aux petites entreprises et particuliers les fonds publics reçus, échanges sanglants de politiques sur fond de querelles intestines de parti…
C’est vrai, la violence a changé de nature !
Hier, c’était l’école obligatoire jusqu’à 16 ans… aujourd’hui, c’est la prison souhaitable à partir de 12 ans !
Réfléchissons : peut-être la ministre espère-t-elle rendre service à son collègue de l’Éducation qui, gérant son portefeuille à grands coups de serpe, n’aura bientôt plus suffisamment de professeurs dans les écoles, collèges et lycées de la France d’en bas (bienvenue au privé qui accueille à grands coups de goupillon et au prix fort tous les enfants de la France d’en haut) ! Plutôt que loger nos enfants seuls devant un tableau noir, nous les logerons accompagnés... derrière les barreaux !
C’est, hélas, le principe bien connu (de celles et ceux qui, voilà bien longtemps, ont encore fréquenté l'école primaire de la République) des vases communicants : moins il y a d’écoles pour le peuple, plus il faut de prisons !
Reviens, cher Victor Hugo, reviens vite ! Ils sont devenus… fous (et criminels) !
À quand, comme pour Tintin, la prison (ou l’usine !) de 7 à 77 ans ?
Image fotosearch

mercredi 3 décembre 2008

Sagesse indienne... SITTING BULL

VOYEZ, MES FRÈRES, le printemps est venu ; la terre a reçu l’étreinte du soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour !
Chaque graine s’éveille et de même chaque animal prend vie. C’est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre existence ; c’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, le même droit qu’à nous d’habiter cette terre.
Pourtant, écoutez-moi vous tous, nous avons maintenant affaire à une autre race – petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée pour la première fois, mais aujourd’hui grande et arrogante. Assez étrangement, ils ont dans l’idée de cultiver le sol et l’amour de posséder est chez eux une maladie. Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour leur propre usage et se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs ordures. Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.
NOUS NE POUVONS VIVRE CÔTE À CÔTE.

Sitting Bull, chef sioux hunkpapa – 1875
Extrait de Paroles indiennes Albin Michel Carnets de sagesse 2005
Textes recueillis par Michel Piquemal
photo Sitting Bull par Edward S. Curtis

lundi 1 décembre 2008

Morale politique... de Filippis... Julie-Victoire Daubié

Pour sortir par le haut du trouble (le mot est faible !) né de l'affaire d'interpellation musclée dont a été victime le journaliste de Libération Vittorio de Filippis, on peut relire ce passage de La Femme Pauvre, de Julie-Victoire Daubié, publié en 1870 :

Le suffrage universel met en lumière la question économique surtout, mais la question morale, qui en est la base, reste dans la pénombre parce que ses droits ne sont pas représentés.
Le gouvernement ayant la majorité numérique par ses candidats, c'est de lui que doit venir l'impulsion et ce sont d'ordinaire ses élus qui prêchent à la tribune le maintien des prérogatives du mal pendant que les voix courageuses qui y revendiquent des responsabilités sortent des rangs d'une minorité d'opposants irréconciliables. Quelles que soient les destinées de notre grande patrie, pénétrons-nous enfin de cette vérité : c'est par l'harmonie dans l'ordre moral et économique que nous réaliserons l'harmonie dans l'ordre politique et la paix dans les rapports internationaux. *
Vieille de cent trente-huit ans, partie depuis près d'un siècle et demi, cette invitation à la table du respect n'a pas encore été reçue ! Mais, outre vendre du crédit, que fait donc... La Poste ?
*Julie-Victoire Daubié La Femme pauvre au 19ème siècle
T. 3 éd. Thorin 1870 Rééd. Côté-Femmes 1993
image République Française culturecivique.free

vendredi 28 novembre 2008

Plutôt que l'or des marchands...

L'OR du CIEL !
Ad Lucem semper
Coucher de soleil sur le Saintois 25 11 08 photo GL

lundi 24 novembre 2008

Pierre Didier... à l'atelier

Tel est le Peintre au travail :

photo GL 05 05 08

jeudi 20 novembre 2008

Pierre Didier... peintre


Né en 1929, dans le Nord, au hasard des pérégrinations professionnelles de son père, Pierre DIDIER est homme de l’Est. Depuis toujours, il travaille, l’œil sur les crêtes vosgiennes avec, de temps en temps, quelques signes affectueux en direction de la Meuse, pays d’Eliane, la compagne de sa vie disparue voilà quelques années.
Ville d’histoire -son martyre, l’incendie de 1944 a douloureusement marqué l’artiste-, Saint-Dié-des-Vosges est son berceau familial, son atelier, son lieu de repos, de pensée, et de création.
C’est que, pour créer, le peintre Pierre DIDIER a besoin de racines profondément ancrées dans l’humus naturel de son pays, un humus remué, travaillé, enrichi sans cesse par les passionnés de tous les temps. Comme, pour assurer la récolte, le paysan a besoin d’une terre soigneusement labourée… en silence.
L’aventure commença dans une toile patriotique, peinte à l’âge de treize ans, qui détourna l’artiste naissant des fourneaux de l’école hôtelière à laquelle il était promis par culture familiale. Paris l’accueillit, ses Beaux-Arts, ses musées, ses collections d’anciens Maîtres que, loupe en main, en compagnie de son copain Bernard Buffet, le jeune Pierre fouillera patiemment pour en tirer tous les secrets. Beaugin, le vieux français, Van der Goes le Flamand, Vermeer de Delft, ou les primitifs italiens rencontrés lors d’un séjour à Florence, lui feront successivement les mille et une confidences attendues. Rohner, aussi, et Max Ernst, les contemporains qu’il étudie sans relâche aux côtés de son copain Bernard Buffet, avec l’objectif de réussir la miraculeuse transmutation du réel existant en création absolue.
Paul Colin, dont il partage l’atelier et la passion pour l’objet, reconnaîtra très vite en lui un beau maître naissant. Tout comme ses pairs qui lui attribueront, en 1953, le grand prix d’Art plastique de la Ville de Nancy pour "La Lanterne à l’hippocampe ".
Travailleur solitaire et discret, Pierre Didier, peintre poursuit inlassablement une œuvre humaniste largement reconnue aujourd’hui, tout en cultivant avec bonheur pour sa petite fille Lola… l’art d’être grand-père !
Image Pierre Didier Le Coït du crapaud huile sur toile photo Christophe Voegelé

Pierre Didier... peintre

Chiffon rouge et orange...

C'est ainsi que le peintre Pierre DIDIER (mon Ami et initiateur à l'huile) voit le monde : simple et lumineux. Les objets y sont... nos révélateurs.
Ses oeuvres sont appréciées aux quatre coins du monde (des Etats-Unis au Japon, en passant par... l'Europe !). Il est l'invité d'honneur du Salon des Artistes Lorrains, à Nancy (galeries Poirel du 29 novembre au 21 décembre 2008).
A consommer sans... modération !

Demain, une autre oeuvre, et la notice bio de ce bel artiste.
image : huile sur toile de Pierre Didier photo Christophe Voegelé

mardi 18 novembre 2008

Eléphants... requins et crocodiles !

Que de prétendus jeunes carnassiers aient décidé de s’attaquer à une troupe d’éléphants dans une jungle en ruines est déjà assez surprenant pour que l’on observe attentivement l’issue de la confrontation. Même si l’expérience prouve que, malgré leur hargne et la faim qui peut les tenailler, ces agresseurs peuvent rarement sortir rassasiés de l’aventure !
Mais que, des requins de l’est aux crocodiles de l’ouest, on en finisse par oublier (le spectacle étant fascinant par les reflets qu’il présente de ses propres comportements) l’état de grande pauvreté de la nature environnante, les disettes, maladies, sécheresse de porte-monnaie et de cœur, coups de mains d’autres voraces, épuisements de toute sorte… prouve, si besoin était, que se croire fort engendre toujours le mépris du faible. Et que se sentir puissant parce que mâle (malgré parfois des apparences trompeuses de féminité !) engendre toujours le mépris de… la Femelle ! C’est elle que l’on dévorera en premier, à condition toutefois de… réussir à la saigner !
Ils ont déjà bu le Champagne, croqué déjà les biscuits roses et dansé le scalp dans des cavernes de toile et sous les piles dorées de mini stères de bois parfumés au patchouli ! Ils sont là, autour du marigot, tous… de la dextre à la senestre, de l’adroite à manipuler à la sinistre empêtrée, à s’épier, s’observer le flanc pour y repérer la faiblesse, tenter des alliances de circonstance, imaginer déjà le partage du butin. Ce soir… demain… l’affrontement. N’en survivront que… des cadavres offerts aux charognards venus d’ailleurs… peut-être une ombre de mante et des espoirs de nouvelle religion… peut-être… surtout une grande misère chez les rampants de la campagne ravagée !
Quand les fous s’amusent,
les rois boivent et…
le peuple trinque !

lundi 17 novembre 2008

SARTRE... cette déchirure ...

Cette déchirure jaune du ciel au-dessus du Golgotha,
le Tintoret ne l'a pas choisie pour signifier l'angoisse, ni non plus pour la provoquer ; elle est angoisse, et ciel jaune en même temps.

Jean-Paul Sartre Qu'est-ce que la littérature Gallimard idées nrf 1964
image Coucher de soleil sur Sion 16 11 08 photo GL

samedi 15 novembre 2008

TERRE... Rénica !

Rénica vient souvent en visite sur mon blog.
Je vais souvent sur le sien,
découvrir ses nouvelles belles peintures.
Quelle artiste !
Elle vient de lire mon nouveau livre,
TERRE
et m'a envoyé ce message qu'elle m'a autorisé à reproduire :

Je viens de refermer la dernière page de TERRE
Je viens de les laisser Elle et Lui, enfin réunis dans la lumière…
Je l’ai aimé : Lui, enfant se réfugiant dans ses rêves et la lecture pour fuir un quotidien insupportable, ses émois adolescents, ses challenges, ses fuites jusqu’à sa rencontre avec Elle…
Je l’ai aimée, Elle, tendre, aimante, amante et si fragile…
Certains personnages sont drôles mais aussi effrayants… la mère de Mélusine en congrès minceur à Contrexéville… son vernis qui s’écaille… Mélusine qui devient la digne fille de sa mère, son vernis qui s’écaille aussi, et Viviane terrifiante !

J’aime votre plume, imagée, fluide, légère, sensuelle qui m’a embarquée dès les premières lignes dans les voiles rouges de Belle Ile… et jusqu’au bout de ce « vol de nuit ».
Merci pour ce moment, ce bonheur…

Merci, chère Rénica !
Courez vite sur son blog, maintenant, où elle vient d' exposer sa nouvelle oeuvre : une étude "coin d'atelier : pur prétexte pour tirer des lignes... à la manière de Viera Da Silva". A déguster... sans modération !
Son adresse est juste à côté, là, en bas à droite, dans mes sites et blogs AMIS. Et vive... la blogosphère !

jeudi 13 novembre 2008

Coucher de soleil... Sion... Charles Guérin

Contemple tous les soirs le soleil qui se couche :
Rien n’agrandit les yeux et l’âme, rien n’est beau
Comme cette heure ardente, héroïque et farouche,
Où le jour dans la mer renverse son flambeau.
(…)
Tourne vers l’horizon ton front mouillé, ta bouche
Ouverte, et que tes yeux desséchés par le vent
Aillent du lieu tragique où le soleil se couche
Aux nocturnes brouillards violets du levant.

Pèse en les mesurant les hautes destinées
Dont la lumière accrue aveuglait au zénith,
Et qui montaient encore et se sont inclinées
Lourdement vers l’obscur sépulcre où tout finit.

L’humanité sans foi vieillit dans l’amertume ;
Songe aux dieux que son jeune espoir crut immortels :
Leurs encensoirs rouillés exhalent de la brume,
Et l’araignée argente et brode leurs autels.
(…)
Loin des vents querelleurs et de la mer qui tonne,
Remporte, en gravissant d’un pas triste et cassé
Des chemins sans échos au bâton qui tâtonne,
Le silence d’un cœur où l’amour a passé.

Charles GUÉRIN Le Semeur de Cendres XXI 1911 éd. Mercure de France PARIS
image Sion coucher de soleil 15 10 2008 photo GL

mardi 11 novembre 2008

Guerre 1914-18... commémoration

Bien sûr que l’on peut tout commémorer !
Ou rien !
Ou seuls quelques évènements choisis pour alimenter sans cesse la bonne conscience contemporaine et faire en sorte que chacun dorme sur ses deux oreilles en même temps que sur les monceaux de cadavres de l’Histoire !
La polémique bat son plein, entre historiens, ministres et sous-ministres, communautés jalouses de leur patrimoine mémoriel devenu aliment de manipulations bien actuelles, éducateurs et nostalgiques de temps apparemment plus… ou moins… que le nôtre !
La question que, semble-t-il, soulèvent ces affrontements bien pensants n’est-elle pas :
À quoi bon saluer une fois par an, à grand renfort de coups de clairon et de claquements d’oriflammes, les millions de victimes de l’imbécilité d’État (je pense, avec la même aversion, à Bismarck et Clémenceau), les massacres passés de l’esclavage, ou l’horreur de la Shoah, si c’est pour éliminer des programmes scolaires l’enseignement même de l’Histoire, ou n’enseigner qu’une Histoire revue et corrigée à des fins politico-économiques ? Si c’est pour, dans l’heure qui suit la commémoration, reprendre ses vieilles habitudes d’exploitation du plus faible par le plus fort, sa dévotion au fric déifié, sa course au pouvoir, son goût pour l’appropriation des biens collectifs ou du fruit du travail d’autrui, sa volonté farouche de faire des fortunes réelles ou virtuelles sur du vent (je ne pense pas qu’à certaines éoliennes !), sa démarche de colonisation des espaces, des territoires et des êtres, pour renforcer ses mensonges, dissimulations et mépris, tant de l’administré que de l’ouvrier, du jeune, du malade, de… la vie ?
Les rodomontades de ce matin à Douaumont ne vont-elles pas, une fois de plus, par le choix inavoué d’une mémoire particulière, tenter de nous faire oublier les innombrables condamnations à mort des « conseils de guerre », le courage des malheureux et lucides mutins de Craonne, la mort terrible des Fusillés de Vingré, et l’agonie actuelle des millions de victimes des… officiers généraux d’une interminable guerre qui refuse de porter son nom : les grands patrons de banque ?
C’est chaque jour que devrait être célébré et enseigné dans toutes les écoles du monde (avant d'enseigner la propreté aux autres, encore faut-il la pratiquer soi-même !) le respect, sans tambour ni trompette, simplement, humainement !
Nous n’en sommes hélas pas encore là !
Je sais... je rêve encore !

Mais... courage… on les aura !

image Il était de Ceux-là ! photo GL

vendredi 7 novembre 2008

Beaujolais... été !

Après l'hiver et ses froids cristallins...

L'été et ses promesses de récolte... à boire et à chanter !

image André Jacquemin Septembre en Beaujolais 1979 pointe sèche directe voir site ami

Vaudéville... VOSGES

L'hiver approche, à pas lents, certes...
mais... il approche !
Bientôt...
il sera là !
image : André Jacquemin Village de Vaudéville sous la neige eau forte et burin 1944
voir site André Jacquemin dans mes sites et blogs amis

mercredi 5 novembre 2008

OBAMA... fin de l'esclavage ?

Une élection peut-elle changer la face du monde ?
Son résultat d’après prise de fonction n’est-il pas tributaire de l’environnement de l’élu ?
Le président OBAMA aura-t-il les coudées suffisamment franches pour remettre au pas les fous allumés de Wall Street, les enragés Monsanto, la criminelle Union Carbide Corporation (Bophal), les empoisonneurs de la bouffe obésifiante rapide, les fondamentalistes du règne par la bombe, les affameurs de l’Afrique, les trafiquants de boisson gazeuse, les manipulateurs des églises créationnistes, les inconditionnels de guerres de religion, les maniaques de la Winchester et du pétard (dont Sarah Palin), les intégristes du protectionnisme national (qui visent jusqu’au… camembert au lait cru !), les tripatouilleurs de marchés internationaux (Boeing-Airbus), les maîtres en pollution de la planète, les… les… les…
Nous osons croire qu’il en a la volonté.
Mais… en aura-t-il les moyens ?

Une ancienne premier ministre de notre pays, Madame Edith Cresson, me confiait en tête à tête, voilà quelques mois, son traumatisme de Matignon : l’impuissance d’action totale du chef du gouvernement face à… la résistance de son administration (de la direction du Cabinet jusqu’à… l’employé de bureau de Romorantin !). Inerte et réactionnaire au point d’en être stérilisante et d’interdire toute innovation, tout progrès, donc tout changement politique !
Après la belle élection à la présidence d’un homme issu du peuple et de l’immigration, devons-nous attendre des États-Unis un autre exemple en matière de discipline des agents de l’État, qu’ils soient diplômés ronflants de l’ENA, de Sciences Po, ou titulaires d’une maigre équivalence du passé Certificat d’Études Primaires (le Bac) ?
En aura-t-il les moyens ?
Osons l’espérer !
C’est la condition des peuples méprisés, notamment africains, qui en dépend. Et l’état de notre si souvent évoquée… démocratie !
Peut-être, grâce à cette élection d’ailleurs, y verrons-nous plus clair, demain, chez nous !
Espérons !

mardi 4 novembre 2008

Vichy... conférence !

Non, Vichy n’a pas choisi le maréchal Pétain… c’est le maréchal Pétain qui l’a choisie !
Oui, les Vichyssoises et Vichyssois méritent le respect au même titre que tous les autres Français, Européens, femmes et hommes du monde (se poser seulement la question de l’opportunité d’une réunion d’importance européenne chez eux est, déjà, en soi une insulte à eux adressée) !
Mais…
Non, Monsieur le Ministre Hortefeux, vous n’avez pas le monopole de la citoyenneté, qu’elle soit française ou européenne !
Oui, nous devons être vigilants quant à ce qui se passe en ce moment sous votre présidence à Vichy, et partout ailleurs, où d’aucuns (en notre nom) cherchent à définir les règles d’admission des étrangers dans notre Union et, par voie de conséquence, dans notre communauté nationale. Les tentatives de discrimination positive, d’immigration choisie, et d’usage de l’ADN à des fins de sélection, qui ressemblaient fort au désir de créer de nouveaux marchés aux esclaves, nous ont alertés sur quelques intentions conscientes et affichées, ou maladresses (?), à… éviter, voire condamner aujourd’hui ! La dite crise ne saurait fournir prétexte à repli sur soi et choix drastique des entrants d’élite au seul profit des firmes en mal de reconquête des marchés (sur fonds publics d’ailleurs !) Notre détresse actuelle ne saurait être instrumentalisée par ceux-là mêmes qui, manipulant (voire créant) nos besoins sans cesse, et jouant impunément avec les fruits de notre travail, en sont les seuls responsables !
Ne laissons pas, aujourd’hui, abîmer Vichy.
Vigilance, évidemment !
Mais, avant tout : HUMANITÉ !
image La Création du monde Michel-Ange
plafond de la chapelle Sixtine Rome

dimanche 2 novembre 2008

Socrate... connais-toi...


Connais-toi toi-même !
Méditons...
image La mort de Socrate J-Louis David Metrop. Museum of Art New-York photo inconnu

jeudi 30 octobre 2008

AFRIQUE... EXHORTATIONS !

Avec son emphase habituelle, le ministre français des Affaires étrangères exhorte les instances internationales (l’états-unienne ONU et l’indéfinissable UE) à intervenir en Afrique centrale où se développe une nouvelle guerre. En réponse, le secrétaire général Ban KI-MOON exhorte les Africains à plus de calme et préconise la paix…
Tous exhortent, mais chacun profite de la situation !
Car, enfin…
-Si Hutus et Tutsis n’avaient pas été montés les uns contre les autres par les anciens maîtres européens du pays (privilèges accordés à la royauté tutsie jusqu’en 1959 au prétexte qu’elle était de peau moins noire, donc plus apte à diriger, puis -la présence coloniale étant devenue inconfortable- renversement d’alliance et pouvoir confié aux Hutus largement majoritaires)
-Si les richesses naturelles des pays concernés (République Démocratique du Congo, Rwanda, Burundi…) étaient moins séduisantes
(diamant, or, cuivre, cobalt, étain, pétrole, gaz naturel, uranium, caoutchouc… bois précieux et utilitaires : acajou, okoumé, teck…) peut-être les convoitises des pays de l’hémisphère nord dont nous sommes seraient-elles moins aiguës, et notre propension à armer les belligérants moins soutenue !
N’oublions pas que, pour faire la guerre, il faut des armes, des véhicules, du carburant, des vivres, des uniformes, des munitions, des chefs formés, des soldats convaincus et, surtout, de bons motifs de la faire !
On peut... on doit aujourd'hui se poser la question suivante : quel rôle, dans ces conflits génocides, jouent les États-Uniens, les Européens, les Chinois, les Indiens… tous très présents sur place et… avides de matières premières devenues indispensables à leur religion imbécile de la « croissance » ?
Les manipulations des peuples africains maintenus immergés par des intérêts sordides de peuples de nations et/ou organisations prétendues émergeantes ou émergées (termes de poésie économiste) ne datent pas d’hier !
Nous avons l’expérience et la connaissance de ces crimes à répétition commis par des Africains dont nous avons armé la conviction (à coup de chèques) et le bras.
Allons-nous, une fois encore, regarder de loin couler le sang qui, bientôt, renflouera les caisses de nos banques moribondes et redorera les actions de nos fous de bourse, en acceptant la version fallacieuse des tenants riches des pouvoirs selon laquelle « nous mettons tout en œuvre pour éviter de nouveaux massacres » ?
Il semble que OUI, la bonne conscience s’étant réinstallée aux commandes d’une information-désinformation officielle efficace, puisque dans les mains des industriels et financiers internationaux animateurs du théâtre africain de marionnettes.
Pauvre Afrique !
Exhortons ! Exhortons, et… pillons !

image AFRIQUE Wikipédia

mercredi 29 octobre 2008

Prix littéraire Barrès... SURPRISE !

J'ignorais qu'il était en compétition !
Julie-Victoire, première bachelière de France
éditions ESKA 12, rue du Quatre-Septembre 75002 Paris


lundi 27 octobre 2008

Alcool et... JEUNES.

Interdire la vente d’alcool aux jeunes… n’est-ce pas s’attaquer aux symptômes plutôt qu’à la maladie ?
Pourquoi ne pas leur interdire la vente de voitures, afin de leur éviter la mort par excès de vitesse… la vente de téléviseurs pour leur éviter l’abrutissement par des chefs de chaînes pourvoyeurs de « temps de cerveau humain à Coca-Cola »… la vente de livres et journaux édifiants, afin de leur éviter de sombrer dans la révolte active…
INTERDIRE !
Et si, au lieu d’interdire… interdire… interdire… aux jeunes, aux vieux, aux femmes, aux enfants, aux ouvriers, aux pêcheurs, aux malades, aux sidérurgistes, aux ours des Pyrénées, aux lynx des Vosges… on s’autorisait à regarder notre société en face, ses disfonctionnements institutionnels, ses ratages économiques et sociaux, son mépris officiel des valeurs essentielles dont le seul respect permet une vraie vie sociale, ses mensonges, ses faux espoirs, ses miroirs aux alouettes, ses manipulations, sa mise en scène permanente d’une réussite réservée exclusivement aux... autres, son école en détresse, sa justice en capilotade, son parlement d’opérette, son sport camé, ses banques-racket, ses prisons-suicide, ses amusements-réalité, son avenir mort avant d’avoir vécu…
Et si, au lieu de s’en prendre aux symptômes (spécialité des mauvais médecins), on s’attaquait réellement à la maladie…
Et si on commençait à respecter nos jeunes, sur les bancs de l’école, dans les files d’attente et les cités d'universités, dans les entreprises, sur les marchés (tant de l’emploi que de la mode !), dans la vie de tous les jours…
Si nous les regardions autrement, comme ceux qui portent à bout de bras notre devenir, plutôt que comme des objets encombrants…
Si nous savions voir dans leurs yeux la Lumière qui, pourtant, nous éclaire…
Peut-être seraient-ils moins malades, ces citoyens de demain de la « France d’en bas »…
Peut-être auraient-ils moins besoin de vitesse et d’alcool !
Et nous… de lois fallacieuses imaginées par la « France d’en haut ».
Salut à vous, les JEUNES !

Combien d’enfants, parce qu’ils avaient envie d’atteindre la lune,
ont été traités d’imbéciles par leurs parents !
Françoise DOLTO Les chemins de l’éducation Folio Essais 2000 p. 482

vendredi 24 octobre 2008

Les fruits de l'été

Autrefois (c'était hier... 1968 !) le bel ami Bernard Clavel nous a régalés avec ses si touchants Fruits de l'hiver* dont la lecture est toujours un vrai bonheur...
Aujourd'hui, je vous offre...

les Fruits de l'été ! Pour le simple bonheur de partager.

*Les Fruits de l'hiver Bernard Clavel éd. Robert Laffont 1968
Image : Les Humbles 1 huile sur toile 33x24'5 GL

jeudi 23 octobre 2008

Blanchiment d'argent...

Entendu souvent dans les cours de récréation de nos écoles, et... les allées du pouvoir :
"Ce n'est pas moi... c'est l'autre !"

Prendre, par dizaines de millions d'Euros, cet argent sali par la sueur, le cambouis, la poussière et l'encre des métallos, ouvriers de filatures et tisserands, terrassiers, maçons, petits artisans, employés et petits cadres d'entreprises, jardiniers, instituteurs, écrivains nègres de politiques ou divas incultes, ouvriers de Renault... qui vont au charbon chaque jour, puis l'offrir à des mains propres de grands rentiers, administrateurs ou bourgeois protégés par leur bouclier fiscal, afin qu'il ressorte sous forme d'immaculées collections d'oeuvres d'art (presque toujours états-uniennes - voir les poupées gonflables de Versailles en ce moment), d'hôtels particuliers resplendissants, de yacht éblouissants, et de séjours purifiants dans les palaces de l'île Maurice (sous prétexte de relance de la consommation des ménages)... n'est-ce pas, là aussi, le blanchir ?
La machine à laver française ne se nommerait-elle pas (entre autres) : 7ème et 16ème arrondissements de Paris, Neuilly-sur-Seine, Andorre, Monaco... ?
Peut-être est-il nécessaire d'y voir de plus près, avec l'aide de... Monsieur Junker !
N'est-il pas ?

image images.gifsmaniac.com

mercredi 22 octobre 2008

En Bayonnais... après la moisson

Silence... silence...

et... voix d'or !

image Après la moisson vers Essey-la-Côte (Lorraine) 26 07 08 photo GL

mardi 21 octobre 2008

Donald, Disney et la... méchanceté !

Le silence et la beauté rayonnante d’un petit matin d’automne sont à recevoir comme un cadeau parmi les plus précieux. Ils nous invitent à la méditation et à l’humilité. Au respect de l’environnement, de tout l’environnement, au respect de… l’autre !

Mais il semble bien que les dirigeants de Disneyland Paris ne goûtent pas souvent les bienfaits de cette paix originelle :
Pour de multiples rendez-vous dans la capitale la semaine dernière, j’ai passé une bonne partie de la journée dans le métro. Dès ma descente dans ses galeries, Gare de l’Est, j’ai été saisi par la publicité géante de ce groupe états-unien si apprécié de notre Président et de son épouse, dont les affiches portaient (portent toujours !), en énormes caractères afin d’être bien visibles (ils sont maîtres dans l’art de manipuler les foules !), surmontant des images très séduisantes de fête, les mentions :
Il est délicieux d’être méchant !
Il est tentant d’être méchant !
Il est charmant d’être méchant !

Peut-être ne suis-je qu’un dinosaure tout juste bon à mettre sous vitrine au Muséum National d’Histoire Naturelle, sans doute ne suis-je pas adapté à notre société moderne, probablement ma personnalité n’est-elle que de contestation, voire de révolte permanente contre tout ce qui bouge et tout ce qui demeure immobile, peut-être… mais une telle apologie de la méchanceté aux seules fins de faire du fric m’a choqué !
Comment, dès lors que des patrons qui visent essentiellement le public jeune, voire très jeune, font modèles de comportements antisociaux, tenter de faire partager des valeurs de respect et de fraternité à l’ensemble de nos concitoyens ? Comment reprocher à des marginaux ( ?) leurs agressions, vols, viols, intimidations et autres délits (ce que les ministères qualifient pudiquement d’incivilités) si, à des fins de profit immédiat, on proclame à grand renfort de publicité tapageuse que :
la méchanceté est tentante (nous l’avions déjà malheureusement constaté), charmante et délicieuse ?
Bien sûr, cette culture d’entreprise (et de nation) n’est pas (pas encore définitivement) la nôtre. Elle vient des États-Unis si généreusement pourvoyeurs dans le monde entier de guerres, violences économiques, bouffe obésifiante, crédits hypothécaires générateurs de détresses chez les plus humbles et engraissement chez les banquiers, monopole semencier, prosélytisme religieux et, entre autres, racisme actif… mais elle s’installe chez nous, dans les couloirs du métro, les rues, les allées incontrôlables de la toile, et… les mentalités.
Certes, au nom de la sacro-sainte liberté d’entreprendre et de communiquer, nous pouvons laisser faire ! Mais l’incitation à la violence ne tombe-elle pas sous le coup d’une loi de notre République ? Je croyais naïvement (avec mes références de dinosaure) que si !
Peut-être, lors de leur prochaine traversée de Paris en métro (!?!), ou durant leur prochaine visite à Marne-la-Vallée, notre Président et son épouse découvriront-il ce manquement au bon ordre public en forme d’entorse à nos traditionnelles valeurs de LIBERTÉ (de vivre en paix), ÉGALITÉ (devant la loi française - même les États-Uniens !), FRATERNITÉ (comme ciment essentiel de notre société).
Peut-être réagira-t-Il… Peut-être réagira-t-Elle…
Il en va de la santé mentale de nos… enfants, et de leurs… parents !
Attendons et voyons !
Pas d'image ni de musique aujourd'hui... restons concentrés sur le sujet !

vendredi 17 octobre 2008

Lumière... silence !

Il est des moments où...
le silence vaut plus que toute parole !

image Lever de soleil 17 10 08 photo GL

lundi 13 octobre 2008

Dans un verre... carottes !

Dans un verre, on peut mettre aussi...
des... carottes !
Avant de les croquer...
râpées ou pas !
Image Les Humbles 11 huile sur toile 33x55 GL 2003

mercredi 8 octobre 2008

Vigne, vin et... guerre de 1914-18

Je dédie ce texte aux mutins de Craonne
et aux fusillés de Vingré
La surproduction est telle dans le midi, à la fin du 19ème siècle, que plusieurs crises éclatent chez les vignerons. La jacquerie de 1907 est si terrible que Paris envoie contre les Biterrois et les Narbonnais le 17ème régiment de ligne. Mais soldats refusent de tirer…
Le chansonnier anarchiste Montéhus écrit alors :
Salut, salut à vous
Braves soldats du dix-septième.
Salut, braves pioupious,
Chacun vous admire et vous aime.
Salut, salut à vous,
À votre geste magnifique.
Vous auriez, en tirant sur nous
Assassiné la République !

De cette épreuve sortira la première tentative de réglementation de la production : l’administration aurait pour mission de délimiter les zones de production qui bénéficieraient d’une appellation d’origine. Mais la pression professionnelle est telle que… échec ! C’est que… le Languedoc, qui pratique une monoculture intensive avec des plants à haut rendement mais de qualité médiocre, est devenu une véritable « usine à vins ». En même temps que, par habitude prise durant la ruine du vignoble par le phylloxera, on continue à fabriquer des vins artificiels, et que betteraviers et céréaliers produisent maintenant un alcool moins cher !
La crise dure. Elle est générale ! La colère a gagné toutes les régions de France (même la Champagne s’est enflammée : à Bar-sur-Aube, Ay, Damery…) Pourtant, Pasteur y avait mis du sien en déclarant quelques années plus tôt :
Ce qu’il faut tenter, c’est de porter à bas prix sur la table de l’ouvrier (…) le bon vin de France aliment, c’est-à-dire le vin naturel, celui dont Dieu a largement gratifié le beau pays de France (…) Le vin peut être, à bon droit, considéré comme la plus saine, la plus hygiénique des boissons !
On peut difficilement être plus lyrique et plus rigoureusement scientifique à la fois ! De quoi faire réfléchir l’ex-ministre Claude Et-vin !

Pour éviter une aggravation de la situation, renouant avec leur tradition terrienne de solidarité, les vignerons s’organisent eux-mêmes et créent, à l’image des autres Européens (Espagne, Portugal, Hongrie, Suisse, Italie…) les premières coopératives. Première de toutes, l’alsacienne de Ribeauvillé !
1914 : avec la nouvelle organisation (soixante-dix-neuf caves coopératives) le calme est revenu !
Mais…
28 juin 1914 : L’étudiant Gavrilo Princip tue à Sarajevo l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie. L’empereur François-Joseph déclare la guerre à la Serbie…
3 août 1914 : Par le simple jeu des alliances, l’Allemagne déclare la guerre à la France et pénètre en Belgique…
On connaît la suite !

Selon l’historien anglais, Thédore Zeldin (encore lui !)
Le vin a joué dans la vie des Français un rôle aussi considérable et aussi complexe que celui joué par les idées politiques ou sociales !

On l’a vu avec la Révolution de 1789 ! On va le voir avec cette guerre mondiale qui vient d’éclater…
Le premier souci de l’état-major sera en effet que le soldat soit constamment ravitaillé en vin : le fameux bidon de deux litres, habillé de bleu horizon, et son quart de fer blanc, sont aussi précieux que le fusil.
Guillaume Apollinaire (Alcools, Calligrammes…) grièvement blessé à la tête en 1915, écrit dans sa tranchée :
J’ai comme toi pour me réconforter
Le quart de pinard
Qui met tant de différences entre nous et les Boches !


Il boit, le Poilu, pour oublier qu’elle ne sera pas aussi courte qu’il le croyait, cette guerre… oublier l’horreur du camarade mort dont le cadavre pourrit à côté de lui dans la tranchée… oublier la folie des assauts répétés face aux mitrailleuses prussiennes ! Il boit pour tenter de croire à un monde futur moins imbécile ! Il boit son pinard (mot formé au 17ème siècle à partir du nom de cépage pinot), le Poilu de 14, pour espérer une victoire rapide et définitive, il trinque à « la der des der ! », ainsi que l’écrit Henri Margot :

Et toi, pinard ? Qui donc es-tu ?
Quel soleil a mûri ta vigne ?
Toi qui vins avec nous en ligne,
Toi qui, comme nous, t’es battu ?
(…)
Viens-tu d’Auvergne, d’Algérie,
Viens-tu de l’Hérault, de la Brie,
D’Ouest ? Du Sud ? De l’Est ? Du Nord ?
Je ne sais… mais joyeux à boire,
Emplissant nos quarts jusqu’au bord,
Tu nous a donné la victoire…

Ce pinard, même médiocre, même s’il « pue le purin », stimule le courage et l’imaginaire en même temps que la mémoire… il parle au Poilu de son pat’lin, de sa p’tite maison, il redonne de l’énergie…
Marc Leclerc écrit en 1915 :
Salut, Pinard
Vrai sang d’la terre :
Tu réchauffes et tu rafraîchis,
Grand élixir du militaire !
Plus ça va, et plus j’réfléchis
Qu’si tu n’existais pas,
En somme,
Il aurait fallu t’inventer :
« Y a pus d’pinard…
Y a pus d’bonshommes ! »
C’est l’nouveau cri d’l’humanité.
T’es à la fois plaisir et r’mède.
Et quand t’es là on s’sent veinard ;
Tu nous conbsoles et tu nous aides :
Salut pinard !

Il stimule aussi le désir, ce pinard, lui parle de sa p’tite femme, très souvent encore « promise » (ils sont très jeunes) qu’il croit reconnaître dans la personne de la cantinière ou de la servante de l’auberge. Charles-Joseph Pasquier, de son nom d’artiste Bach , écrit dès 1914 la célébrissime Madelon :
Quand Madelon vient nous servir à boire,
Sous la tonnelle on frôle son jupon…

Nous avons tous au pays une payse
Qui nous attend et que l’on épousera…

La Madelon pour nous n’est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton…

Cette Guerre de 1914-18 laissera des séquelles terribles dans notre société : familles décimées, régions anéanties (Picardie, Lorraine « Terre la plus usée de France » selon Maurice Barrès), gueules cassées, travail forcé des femmes pour remplacer les hommes morts ou estropiés, et… l’alcoolisme ! Un alcoolisme national, voire nationaliste !
Même le beau poète Jean Richepin, pourtant nourri hier encore au râtelier de l’anarchie, invite, dès la fin de la guerre, à l’Union sacrée autour du Pinard de la Victoire :
Dans des verres de paysans, ainsi que dans des calices touchés d’une main tremblante, qu’ils y boivent le pinard des Poilus, versé par nos cantinières silencieuses et payé le plus cher possible au bénéfice des veuves et des orphelins de France.

Après avoir donné la victoire, le vin va donc devoir subvenir aux besoins des survivants du massacre !
Il sera entendu, Richepin.
Même les femmes vont se mettre à boire sans modération ce vin sacré (ou ce sacré vin !), elles qui poussent maintenant des deux bras sur la charrue, manient la faux, attellent les bœufs, et triment dans les manufactures à la place de leurs hommes, tout en élevant les enfants nés de l’amour d’hier !


Alors, pour bien montrer qu’elle occupent désormais une autre place dans la société, elles boivent le vin et… vont se faire… couper les cheveux !

image du site guerre 1914-1918.fr

lundi 6 octobre 2008

Tag ? Tag... Tag !

Waouh !
La surprise !
Me voilà bellement et cordialement (et doublement) tagué.
J'en suis tout... chose !
Pour vous remercier, chères Louna
et Rénica
cet extrait de Charles Baudelaire :
Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

A mon tour, maintenant, de marquer d'un coeur léger et sincère mes lieux de promenades favorites. Où ? Quand ? Mystère !
Aujourd'hui, après les amies Louna et Rénica, ce sont les amis ARNOU (Christian et son épouse) que je vous propose de rencontrer :
La visite... du coeur !
Entrez chez eux sans frapper, de ma part.

Elle sera belle et bonne, cette journée en leur compagnie.
J'en suis sûr !


image : ARNOU Autoportrait inachevé

Vigne, vins et... révolution !

Dès le début du 18ème siècle, tout le monde boit du vin. Qu’il soit, selon, la rafarinade célèbre, aristocrate ou bourgeois de la « France du haut », ou miséreux taillable et corvéable à merci de la « France du bas », du nord au sud et de l’est à l’ouest, le Français boit du vin.
Car le vin circule. Du midi, il monte vers le nord par le Rhône, la Saône, le Serein, et la Seine jusqu’à Paris. De l’orient d’ « empire » il gagne l’occident « royal » pas les Côtes du Rhône, le Lyonnais, le Beaujolais, la Bourgogne et la Loire, encore jusqu’à Paris. Et des côtes océanes, il cabote, toujours vers Paris, par Bordeaux, Le Havre, et la Seine.
On le boit, en cœur de capitale, dans de très nombreux cabarets. Et à cause de l’octroi, hors les murs dans d’innombrables guinguettes dont, souvent, le nom est arrivé jusqu’à nous : le Moulin de Javelle, La Rapée, Le Gros Caillou, Mesnil-Montant, Belleville, La Courtille ou Le Prè-Saint-Gervais.
Les autres villes ne sont pas en reste : Metz, ville de garnison, consomme, dans ses guinguettes sous les remparts et sur les rives de Moselle… quarante mille hectolitres de vin chaque année pour ses dix mille soldats. Lyon compte près de deux cents de ces établissements en banlieue, dont plus de cent dans le seul faubourg de Vaise.
Cette grande consommation favorise le développement de grands vignobles, bien sûr, mais aussi incite à la pratique du coupage qu’interdiront successivement les Louis (XIII, XIV et XV). Elle incite aussi les producteurs peu scrupuleux à mettre sur le marché des… contrefaçons, comme celle que, très en colère, Boileau (Boit l’eau ???) dénoncera dans son Repas ridicule – Satire III :

Un laquais effronté m’apporte un rouge bord
D’un Auvergnat fumeux, qui, mêlé de Lignage
Se vendait chez Crenet pour vin de l’Ermitage,
Et qui, rouge et vermeil, mais fade et doucereux,
N’avait rien qu’un goût plat et qu’un déboire affreux !


Le vin entre à de tels flots dans Paris par la Halle-aux-Vins et… Bercy (aujourd’hui ce sont nos impôts qui entrent par là dans des caisses sans fond) que, toujours pour en tirer un maximum de taxes, le pouvoir royal y ordonne, comme dans les autres grandes villes du Royaume… la construction du mur des Fermiers Généraux. Ce mur dont on dira bientôt : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant »
En 1785 : le mur mesure vingt-trois kilomètres de long. Mais, comme il est construit par tronçons, de nombreuses brèches subsistent, par lesquelles passent les fraudeurs et contrebandiers. La plus célèbre de ces brèches (donc le plus fameux et plus actif lieu de tricherie à l’État) correspond aujourd’hui à l’emplacement des jardins du palais de… l’Élysée !
1786 : premières émeutes contre le mur de Lyon. Les forces de l’ordre jettent des commis dans la Saône et le Rhône.
1787 : premières émeutes à Paris
1789 : le peuple assoiffé se lance à l’assaut des barrières d’octroi !

L’histoire des vins a marqué l’histoire des hommes. Va-t-elle encore la colorer en ces temps très difficiles ?
D’aucuns prétendent que le vin est à l’origine du coup de colère du peuple de Paris qui a fini dans le sang du Roi un certain 21 janvier 1793… Pourquoi pas ?


Souvenons-nous :
Janvier 1789 : le mur n’est pas terminé. Dans espace encore ouvert entre la Place Clichy et le Parc Monceau, les Parisiens s’en prennent aux commis de l’octroi et détruisent leurs baraques.
11juillet 1789 : Émeutes à répétition. Le Roi renvoie Necker. Les cabaretiers servent encore nuit et jour des vins à quatre sous la pinte.
12 juillet 1789 : le régiment de Royal-Allemand charge dans les jardins des Tuileries. L'insurrection éclate. Mais on boit encore.
13 juillet 1789 : Les électeurs des États Généraux, réunis à l'Hôtel de Ville, élisent une commission permanente, et un gouvernement municipal chargé d'assurer le maintien de l'ordre grâce à une « milice civique » et, très important, responsable de l'approvisionnement de la ville, surtout en vin. Mais, l’acheminement vers Paris ne se faisant plus, les réserves s’épuisent…
14 juillet 1789 : Une bande de menuisiers, ébénistes, manouvriers et marchands de vin « pleins comme des outres », venus du faubourg Saint-Antoine, marche sur la vieille Bastille pour y chercher des armes. À la suite d'un malentendu ou d'une provocation, ils attaquent la forteresse vide défendue par une poignée de Suisses et d'invalides, la prennent, massacrent le gouverneur de Launey. Le roi capitule.
16 juillet 1789 : Le Roi rappelle Necker.
17 juillet 1789 : Le Roi reconnaît les nouvelles autorités parisiennes, le maire Bailly et le commandant de la garde nationale La Fayette. Pour sceller l’acte, il fait mettre en perce les derniers tonneaux et servir à boire au peuple. Il est acclamé. Une paix provisoire s’installe. Mais…
23 juillet 1789 : Faute d’approvisionnement, les réserves sont épuisées. Le peuple a soif. Nouvelle colère. La foule arrête l’intendant Berthier de Sauvigny, le traîne sur le parvis de l’Hôtel de Ville, lui arrache le cœur, broie ce cœur dans des vases de vin et d’alcool ! Les émeutiers… boivent alors le breuvage avec avidité !
19 février 1791 : Pendant que se développe la Terreur, l’Assemblée Nationale supprime tous les octrois. Alors, décorés de rubans tricolores, d’interminables convois entrent triomphalement dans Paris, de Villejuif, Maison Blanche, Petit et Grand Gentilly. Plus de trois cent cinquante chariots qui transportent… deux cent soixante-et-onze mille livres d’eau de vie d’Orléans, et du vin, encore du vin… toujours du vin !
Après en avoir été le moteur, le vin devient le carburant de la Révolution !
Partout, on porte des toasts à la Liberté, à la Concorde, à l’Assemblée, à la Nation, au Roi. Partout, on boit pour sceller tous les serments sur des autels improvisés. Partout, des fontaines de vin coulent aux fêtes multiples organisées par les nouveaux maîtres du pays…
Et, le 20 juin 1792, devant la foule, Louis XVI accepte de boire le verre de vin que lui tend un sectionnaire armé. On exulte. On s’écrie « Le Roi boit à la santé des sans-culotte ! »
Alors, de quelque part monte une Marseillaise mise aussitôt à la mode par le chansonnier royaliste Ange Pitou, la Marseillaise du buveur :

Allons enfants de la Courtille,
Le jour de boire est arrivé.
C’est pour nous que le boudin grille,
C’est pour nous qu’on l’a préparé.
(bis)
Ne sent-on pas dans la cuisine
Rôtir et dindons et gigots ;
Ma foi, nous serions bien nigauds,
Si nous leur faisions triste mine.
À table, citoyens, videz tous les flacons ;
Buvez, buvez, qu’un vin bien pur
abreuve vos poumons.


Décoiffons chacun sept bouteilles,
Et ne laissons rien sur les plats ;
D’amour faisons les sept merveilles
Au milieu des plus doux ébats.
(bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage,
S’il fallait rester en chemin !
Que Bacchus, par son jus divin,
Relève encore notre courage.
À table, citoyens, videz tous les flacons ;
Buvez, buvez, qu’un vin bien pur
abreuve vos poumons.

Cet enthousiasme pour la bouteille et son contenu durant la Révolution fera écrire à l’historien anglais Théodore Zeldin :
Le Français a acquis, en même temps, le droit de vote et… le droit de boire !

Amis, en ce jour de grande annonce d’une nouvelle éthique patronale (il en serait terminé des parachutes dorés et autres privilèges des maîtres du pays), buvons à la santé du… MEDEF (Mensonges Et Dissimulation En France) !
Buvons !
image : La grève au Creusot (détail) Jules Adler Musée de Pau photo GL

jeudi 2 octobre 2008

Vigne et vin...

Après les princes d’Église et les seigneurs presque laïcs, ce sont les poètes qui s’approprient la vigne et le vin, comme François Villon qui les chante dans son Testament, les poètes et les prosateurs de tout poil !
C’est que le vin, calmant les ardeurs belliqueuses des hommes, rapproche les individus et les peuples, apaisant même parfois les terribles guerres de religion (On en aurait bien besoin aujourd’hui, dans ce monde où les autoproclamés représentants du bien prétendent mettre au pas les suppôts du mal ! Mais… la loi Evin est passée par là, une nuit -ou un jour- de grand vide habituel dans notre Assemblée Nationale… Evin… et…vin !)
Romain Rolland l’écrira, plus tard, en 1918, dans Colas Breugnon :
Après quoi, fatigués de parler, nous chantâmes, entonnant à trois voix cantiques à Bacchus, le seul dieu sur lequel nous ne disputions pas… Bacchus est un dieu de bonne souche, bien française…, que dis-je ? chrétienne, mes chers frères. Buvons donc, mes amis, à notre Rédempteur, notre Bacchus chrétien, notre Jésus riant dont le beau sang vermeil coule sur nos coteaux et parfume nos vignes, nos langues et nos âmes, et verse son esprit doux, généreux et railleur gentiment, dans notre claire France, au bon sens, au bon sang.

Quelques siècles avant lui, Montaigne n’avait pas hésité à déclarer à qui voulait bien l’entendre qu’il préférait que son fils apprît à parler dans les tavernes plutôt qu’aux écoles de la parlerie !
Pensait-il déjà à… l’ENA, notre si précieuse École Nationale d’Administration ?
C’est que le vin forge aussi la langue :
Chez Rabelais, nous dit Gilbert Garnier dans son Histoire sociale et culturelle du vin, on le chopine, on le martine (allusion à St Martin de Tours), on l’entonne, on le descend, on le lampe, on le pinte.
Chez le poète normand Olivier Basselin, né vers 1420 à Vire, on se rince le gosier comme, chez Rabelais encore, on se rinçait la dalle, les tripes ou la gargamelle (allusion à la mère de gargantua) devenue plus tard la gargoulette. Aux 15ème et 16ème siècles, on pliera le coude,
au 17ème , on le haussera et, du 18ème à nos jours, on sera adroit au coude et on le lèvera !
Le 19ème siècle très marqué par la sauvagerie des hommes (souvenons-nous de Bismarck !) fera mentir la réputation apaisante du vin, faisant de lui la source d’énergie de armées (c’est le règne des cantinières dont, au seuil du 20ème, la reine sera... la Madelon) et nous offrira des expressions très imagées comme : on se charge le fusil, on se rince le fusil, jusque chez Victor Hugo où on s’en colle un dans le fusil !

Le vin, discrètement, finit aussi par forger et unifier… une Europe toujours en gestation ! Au 13ème siècle, on buvait comme… un Anglais ! Puis on a bu à l’allemande. Enfin, depuis le 18ème, on boit comme un Polonais ! Jusqu’à devenir soûl comme un garde champêtre… français !
Et il devient écologique puisqu’il encourage à mieux connaître le monde animal… Ne dit-on pas : Soûl comme un canard, un cochon, un dindon, un dogue (17ème siècle), une grive, un pou, une tique… ou plein comme une vache !
Le vin va aussi participer à la prétendue Renaissance de la société ! La Renaissance, cette époque de régression sociale qui, contrairement au Moyen Âge respectueux, va asservir la femme en lui interdisant de jouer un rôle public, et affirmer…

Le vin fait du bien aux femmes, surtout quand ce sont les hommes qui le boivent !

Hier, illustrant l’éternel « Faites comme je dis, ne faites pas comme je fais », l’Église diabolisait Bacchus, qualifiait les participants aux Bacchanales de « singes de Dieu ». Aujourd’hui, en ces 15ème et 16ème siècles de mutation, des papes comme Sixte IV et Alexandre VI, surtout célèbres pour leurs crimes et politiques de génocide (souvenons-nous de Savonarole et de l’évangélisation des indigènes d’Amérique du sud…) commandent à des peintres comme Botticelli des fresques scabreuses. Jules II, par exemple, dont on répète partout qu’ « il n’est pape que jusqu’à midi, puisque, passée cette heure, sa béatitude est dans les vignes du Seigneur », qui commande à Léonard de Vinci un surprenant Bacchus au corps d’athlète, en tous traits semblables à son saint Jean-Baptiste de 1509. Il porte tous les attributs traditionnels : peau de panthère, couronne de feuillages et thyrse…
Du côté des princes, on n’est pas en reste : Laurent de Médicis et duc de Ferrare commandent à Bellini et Titien des représentations de Bacchus. Et, à Venise, Le Tintoret et Véronèse le représentent jusque dans les palais les plus officiels.
Fort heureusement, en France, Ronsard célébrera à sa manière le renouveau bachique et les beautés de l’amour, même si pour les prêtres de base, l’ivresse reste un péché :
Versons ces roses près ce vin
Près de ce vin versons ces roses,
Et boivons l’un à l’autre, afin
Qu’au cœur nos tristesses encloses
Prennent en boivant quelque fin (…)

Les Nymphes de rose ont le sein,
Les coudes, les flancs et les hanches :
Hébé de roses à la main,
Et les charites, tant soient blanches,
Ont le front de roses tout plein (…)

Bacchus, épris de la beauté
Des roses aux feuilles vermeilles,
Sans elles n’a jamais été,
Quand en chemise sous les treilles
Il boit au plus chaud de l’été.
Ronsard Odes Livre IV Image Fotosearch