jeudi 31 décembre 2015

Bonne année 2016

A toutes les femmes et tous les hommes qui passeront par cette page (à celles et ceux aussi qui n'y passeront pas !), aux Français de racine, de souche, de sang, de sueur, de cœur, de culture ou d'occasion, aux étrangers venus de tous les horizons (on est toujours l'"étranger" de quelqu'un !), aux citoyens du monde et à ceux de nulle part, aux prétendus grands et aux vrais humbles, aux croyants (quel(s) que soi(en)t leur(s) dieu(x), aux incroyants (quelles que soient leurs raisons), aux travailleurs de tous les pays (unissez-vous !), à ceux qui voudraient travailler, aux malades et aux bien portants, aux jeunes qu’on ignore (pas d’expérience) et aux vieux qu’on vire (trop d’expérience), aux démocrates, à ceux qui prétendent l'être, à ceux qui manipulent le climat et à ceux qui le subissent, à ceux qui déclenchent les guerres et à ceux qui en souffrent, aux électeurs (toujours piégés) et à ceux qui affirment être leurs représentants (souvent piégeurs), aux marchands, à leurs clients, aux grands prêtres et petits clercs de toutes les religions et à leurs ouailles (parfois libres, souvent captives), à ceux qui veulent se maintenir au pouvoir, à ceux qui se lèvent pour les en chasser, à ceux qui se damnent pour y accéder, aux menteurs (les mêmes), aux mentis, à ceux qui volent et à ceux qui sont volés, aux riches et aux pauvres, aux savants experts (de plus en plus nombreux) et aux "incultes" citoyens (leur nombre croît au même rythme que celui des "experts"), aux nationalistes, régionalistes, séparatistes, anarchistes, monarchistes, catéchistes, écologistes, déconomistes, violonistes, lampistes, utopistes, journalistes, pessimistes (les mêmes) et aux touristes, aux politologues, cancérologues, tabacologues, anthropologues, déconologues (expertise à créer d’urgence), aux gendarmes et à leurs gibiers, aux maîtres d’école et à leurs élèves, aux ministres et aux sinistres (les mêmes), aux facteurs inspecteurs du permis de conduire et à ceux qui portent encore des lettres, aux présidents et/ou chanceliers qui ouvrent leurs frontières aux migrants et à ceux qui les ferment (les mêmes), aux terroristes et aux terrorisés, aux marchands d’armes et aux donneurs de leçons pacifistes (les mêmes), aux parle-ment-taire(s) et aux taiseux (qui feraient mieux de parler), aux internautes, cosmonautes, aux Argonautes (d’eau douce), aux réfugiés de Calais et aux bourgeois anglais, aux pollueurs et pollués, aux amuseurs publics des chaînes et à leurs amusés enchaînés, aux otages et à leurs preneurs, aux ménages et à leurs peurs, aux enfants, aux sans-dents et aux dentistes, aux puissants et aux artistes, aux vrais et aux faux frères, aux amoureux du Beau et de la Terre, aux écriveurs, à leurs liseurs…
BELLE et BONNE ANNEE 2016 !
Que cette année dégage un horizon trop encombré de pulsions primitives, de désirs de conquête et d’asservissement de l’autre.
Que, partout dans le monde, elle invite au respect mutuel, qu’elle ouvre les esprits et les cœurs, et nous révèle enfin le sens des mots gravés par nos Anciens au fronton des temples de notre République : LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE.
Elle pourra le faire si nous l’y aidons.
C'est de notre conscience citoyenne que naîtra d'elle le renouveau de l'humanité. 
Notre responsabilité est engagée. 
Ne laissons à personne le pouvoir de parler pour nous, d'agir pour nous, de vivre pour nous.
Bonne année... au travail !

dimanche 15 novembre 2015

Violence


La violence engendre la violence.
Toujours !
Lente progression de la folie qui ne s’arrête que faute de combattants.
L’Histoire nous le révèle, mais nous ne savons plus la lire parce que les tenants des pouvoirs économique et financier, accessoirement politique -leur vassal-, nous écartent désormais de l’apprentissage de la lecture jugée par eux trop subversive.
Or l’ignorance et l’inculture livrent l’homme à ses passions et pulsions les plus primitives de même nature que celles qui arment les bandits du commerce international, à des croyances qu’il prétend d’ordre divin, en réalité profanes et criminelles.
La conception archaïque de la société humaine selon laquelle quelques uns, très rares, ont reçu mission de dominer tous les autres, leur imposer leurs dogmes de production et consommation, leur infliger leur loi unique et universelle, a produit la terrifiante situation dans laquelle se trouve notre monde aujourd’hui.
La violence engendre la violence.
Toujours !
La destruction de nos sources de vie (pourrir les eaux, tuer les abeilles, empoisonner la terre, infecter l’air, ruiner les forêts…) se prolonge mécaniquement de la destruction de la vie elle-même, à coup de pesticides cancérigènes, de gaz létaux ou de rafales de kalachnikov.
Quel que soit son mode d’expression, la violence est partout de même origine, de même nature, et produit partout les mêmes effets.
Lutter contre le terrorisme armé d’où qu’il vienne (d’un Etat, de réseaux de trafiquants ou de factions sectaires dites « intégristes ») suppose de lutter avec la même détermination et la même vigueur contre tous les terrorismes, y compris celui qui hante les coulisses des institutions officielles en col blanc et cravate.
Ne nous y trompons pas : ces terrorismes s’alimentent les uns les autres.
La tragédie que nous vivons aujourd’hui, les morts que nos pleurons, les blessés que les médecins tentent de retenir sur la rive des vivants, l’insupportable détresse de leurs familles, sont l’horrible conséquence d’un laxisme collectif qui, par paresse ou manipulation politicienne, nous a fait perdre de vue les valeurs essentielles qui devraient être le socle d'une société fraternelle, nous fait ignorer les repères seuls capables de nourrir le respect de chacun par tous et de tous par chacun.
Cette tragédie est le fruit de la société de consommation qui nous emprisonne et nous asservit chaque jour davantage, certes. Elle est surtout la conséquence de la société de compétition universelle dite « libérale » dans laquelle chacun devient le concurrent de l’autre, son rival, son ennemi à terrasser, voire à abattre, qu’il soit chauffeur de taxi mis en péril par un automobiliste sans licence, inspecteur du permis de conduire menacé par un postier, ou adepte d’une quelconque religion persuadé de détenir seul toute la Vérité.
Sous prétexte de modernisation sociale, amolli par les coups de boutoir anglo-saxons, notre Occident s’est soumis avec complaisance à la loi la plus inique dont des siècles de lente -souvent douloureuse- progression humaniste avaient atténué les effets : la loi de la jungle !
Il en paie maintenant le prix.
Seule une conscience citoyenne authentiquement enracinée dans notre devise républicaine, nourrie d’un amour inconditionnel de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, pourra nous sauver.
Il est encore temps de ressusciter la République.
Mais, souvenons-nous que : 
La violence engendre la violence.
Toujours !
Salut et Fraternité.

mardi 1 septembre 2015

Je suis heureux de vous présenter mon nouveau roman :


Boulevard des Pyrénées
Entre science et conscience lamour !
À loccasion d’un salon du livre, un écrivain dont le couple bat de laile croise une femme à la beauté mystérieuse. Au cours des trois jours du salon, elle apparaît, disparaît sans aucune explication. Au moment où l’écrivain attend son train du retour, elle surgit sur le quai de la gare, lui propose une visite au musée des Beaux-Arts. Troublé, il accepte, décide de rester à Pau où il garde sa chambre d’hôtel. Ils prennent lhabitude de se retrouver sur le boulevard des Pyrénées, véritable balcon de ville ouvert sur le spectacle grandiose toujours changeant de la haute montagne. La main courante de la balustrade porte des repères d’identification des sommets -Montagnes du Lac bleu, Pic de Bassia, Balaïtous…- qui deviennent autant de stations d’une passion naissante. Pris dans les mailles de la fascination amoureuse, l’écrivain se sent à la fois heureux et furieux. Plus il se révèle à cette femme dont il ne connaît même pas le pnom, plus elle semble chaque jour différente. Un jour, elle s’offre à lui avec fougue ; un autre jour, elle s’abandonne sans enthousiasme. Un jour, cette spécialiste du cerveau et de l’intelligence artificielle -elle travaille dans une équipe internationale de recherche informatique- se fait le chantre de la science ; un autre, elle se montre humaniste, attentive aux élans du cœur, loue les mérites de la conscience. Un jour, le puissant ylang-ylang la parfume ; le lendemain, une délicate fragrance vanillée. Qui est vraiment cette femme ? Il découvrira enfin qu’il a été le jouet d’une curieuse manipulation !

Dans la belle ville de Pau, sur le prestigieux boulevard des Pyrénées, sous couvert de relation intellectuelle et amoureuse, ce roman très contemporain, écrit à la première personne, explore l’espace où séjourne l’esprit, les inquiétants pouvoirs de la science et des techniques, et lèbre le féminin.

Boulevard des Pyrénéesun chassé-croi troublant, amoureux et sensuel.

Boulevard des Pyrénées sortie 15/09/2015 240 p. 22,50 € 
daniellenees@genese-edition.eu 


lundi 24 août 2015

ANSCHLUSS

Par sa cruelle répétition, l’Histoire nous aura pourtant prévenus.
Nous ne pourrons pas dire dans quelques semaines, quelques mois au plus, que nous ne savions pas !
Le troisième Anschluss est en cours.
Souvenons-nous du premier Anschluss, de mars 1938, quand l’Allemagne nazie avait décidé, pour créer sa grande Mitteleuropa d’annexer tous les pays de langue germanique d’Europe centrale. Sous la pression, le chancelier autrichien Schussnig avait organisé un grand référendum pour demander à son peuple s’il souhaitait un rapprochement avec l’Allemagne. Redoutant son résultat négatif, Hitler avait ordonné l’invasion de l’Autriche. Violant tous les principes démocratiques, l’armée nazie avait pulvérisé la souveraineté de ce pays dont les habitants, qui n’avaient plus le choix, avaient ratifié leur ruine à près de 100% des électeurs, les rares opposants/résistants ayant été au préalable envoyés dans les camps de concentration nazis. La France avait mollement  fait savoir qu’elle pourrait ne pas être entièrement d’accord… l’Angleterre de même. Quant aux Etats-Unis, leur silence assourdissant avait valu acceptation, voire complicité, qui avaient conforté Hitler dans ses désirs fous d’hégémonie : « Deutschland über alles ».
Résultat : après l’Autriche, l’Allemagne s’intéressa à la PologneLa Seconde Guerre mondiale était devenue inévitable !
Le second Anschluss se poursuit, piloté par l’Union européenne aux ordres désormais de l’Allemagne, elle-même aux ordres des Etats-Unis : celui de l’Ukraine, pays cœur historique de la Russie. Partant d’un accord de rapprochement négocié avec une fraction d’activistes politiques ukrainiens, entre 2007 et 2012, l’Union Européenne considérait comme acquis d’indéfectibles liens entre Bruxelles et Kiev. Mais, en décembre 2013, le président Viktor Ianoukovitch refusa de signer l’acte définitif d’association qui visait aussi l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et la Biélorussie. C’est ce refus qui provoqua les manifestations de la place de l’Indépendance. Thierry Repentin, ministre français chargé des Affaires européennes, déclarait alors : « Il faut accompagner l’Ukraine vers un autre avenir… », la faire « rentrer dans un grand forum démocratique ». Tandis que, après la promesse de prêt d’un milliard d’Euros accordé par l’Union à l’Ukraine, Maja Kocijanc, porte-parole de Catherine Ahston, haute représentante de l’Union pour les Affaires européennes, affirmait : « C’est un signe de solidarité, pour montrer notre soutien », et que Peter Stano, porte-parole du Commissaire européen chargé de l’élargissement et de la politique de voisinage ( !?!) concluait : « On veut montrer à la Russie qu’on soutient toujours l’Ukraine ». Quant au fameux FMI (Fonds Monétaire International) piloté par Washington, il promettait aux Ukrainiens un prêt de 15 milliards de dollars en échange d’un plan d’austérité, d’une hausse du prix du gaz, de l’augmentation de l’âge de la retraite et de la privatisation des mines publiques. Résultat : des milliers de morts, une grande partie d’Europe centrale déstabilisée, une nouvelle « guerre froide » en gestation, des embargos imbéciles décidés par les Etats-Unis appliqués à l’aveugle par la France qui accentue ainsi sa ruine (chantiers navals, éleveurs, producteurs de fruits et légumes, industriels et artisans…), l’opprobre jeté sur un pays européen maillon essentiel de la chaîne européenne seule capable de rééquilibrer le monde et d’éteindre les incendies religieux qui ravagent l’Orient. Et ce n’est pas fini !
Le troisième Anschluss démarre sous nos yeux : celui de la Grèce par les mêmes redoutables associés que sont une certaine et prétendue « Union européenne » aux ordres de l’Allemagne, les banques privées et dites « publiques », et le FMI, l’incontournable bras armé de Washington. Résultat : la souveraineté d’un pays bafouée par des donneurs de leçons de morale politique, un peuple grec laminé, la démocratie assassinée (née dans ce pays voilà 2500 ans !), des responsables politiques manipulés avec la malveillante complicité d’une France daladière aussi molle qu’en 1938, et le silence  d’une Angleterre chamberlaine aussi assourdissant qu’au retour de Munich… Autre résultat  de nature à réjouir Berlin : la plupart des grandes fortunes grecques se sont mises à l'abri dans des banques… allemandes, et une vingtaine d’aéroports internationaux grecs sont en cours de rachat par des sociétés… allemandes !
A qui profite le crime social ?
Pendant ce temps, le premier ministre français va assister aux frais du contribuable, avec son amie la chancelière Merkel, à une partie de balle au pied espagnole en… Allemagne, tandis que son ministre des Finances vend les aéroports français à la Chine (comme le Pirée, port d’Athènes !), et remplace les trains de nos régions par des lignes d’autobus acquises -ou en cours d’acquisition- par des entreprises de transport en grande partie… allemandes.
Si le problème n’était pas si grave, nous pourrions conclure cette présentation de notre situation d’un immense éclat de rire accompagné d’un sonore : « Cherchez l’erreur ! »
Mais dans la situation actuelle de conflit économique -et armé : (Ukraine)- déclaré par les spéculateurs financiers anglo-saxons et l’OTAN  à l’Europe de Schumann, Monet, de Gaulle et Adenauer, fermer les yeux serait criminel.
L’Histoire se répète, avec les mêmes acteurs, des acteurs sans foi ni loi qui profiteront de la colère des peuples rendus incontrôlables par les souffrances qu’ils leur imposent pour prendre le pouvoir en Europe.
En ce moment : Ukraine… Grèce…
Dans combien de temps… la France ?
Cultivons notre vigilance citoyenne et agissons alors que nous le pouvons encore, afin que le troisième Anschluss ne produise pas… la Troisième Guerre mondiale !
Salut et Fraternité.                                                                            
      24 08 2015 ( jour de saint Barthélémy !)


vendredi 10 juillet 2015

Macron : le temps des diligences !


Voilà, c’est fait !
À coup de massue, notre gouvernement vient de réinventer le temps des diligences.
Au 19ème siècle, nos anciens (qui ne marchaient pas tous sur la tête) considéraient que le chemin de fer était le plus sûr moyen, et le plus économique, pour aller d’un point à un autre du territoire.
Ils ont donc créé le réseau ferroviaire le plus dense possible pour relier les villes, parfois les villages de notre pays, ses lieux de production industrielle et de développement touristique, ses sites de vie, de soins, d’enseignement, de travail et de loisirs.
Ils l’avaient si bien conçu que nos grands-parents pouvaient aller de l’un à l’autre des quatre coins de notre pays (six pour les tenants, bouche en cœur, de « l’Hexagone » !) en quelques coups de piston et de bielle de machine à vapeur, dans des voitures qui sentaient bon la cohabitation, parfois la cochonnaille, souvent la sueur, toujours la fumée âcre de charbon.
Les accidents étaient rares, la conscience professionnelle des cheminots telle que les trains arrivaient presque toujours à l’heure, leurs voyageurs de commerce artisanal ou amoureux  toujours noirs de suie à l’arrivée, des escarbilles et des paysages plein les yeux, mais toujours satisfaits.
Or un infaillible ministre issu de la toute puissante énarchie, adepte inconditionnel de la macron-déconomie, sensible aux regards enamourés de la chancelière allemande et de ses entreprises de transport routier vient de faire passer sans avis du Parlement une loi qu’il voudrait nous présenter comme avant-gardiste mais qui nous renvoie au temps de la fameuse lampe à huile si redoutée par le visionnaire général de Gaulle (souvenons-nous :
« Il est tout à fait naturel que l’on ressente la nostalgie de qui était l’Empire, comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages… » allocution télévisée du 14 juin 1960)
Demain donc, grâce à ce ministre qui n’a de culture que celle de l’ENA et des banquiers Rothschild, nous irons de Bordeaux à Marseille en autobus, de Clermont-Ferrand à Toulouse en autobus, de Nevers à Bourges en autobus, d’Arras à Amiens en autobus, de Troyes à Dijon en autobus… sur des routes encombrées l’été, verglacées l’hiver, qui longeront les anciennes voies de chemin de fer devenues, dans le meilleur des cas, parcours de santé, dans des véhicules dont il nous dit, pour faire passer la pilule qu’ils seront équipés de prises électriques, du miraculeux procédé WI-FI, de climatiseurs et, pourquoi pas, de lecteurs de films hollywoodiens et de toilettes appropriées aux dégueulis à répétition. Bref, les grands enfants que nous sommes auront de quoi survivre dans ces véhicules du 22ème siècle !
Merci, Monsieur le Ministre.
Et ce n’est pas tout : par cette révolution des transports, ce redoutable homme politique inspiré nous promet des créations d’emploi en nombre et une grande souplesse de déplacements, qui plus est… moins onéreux ! Miracle ! (Compte-tenu du caractère surnaturel de cette réforme, la ligne Lourdes-Pau sera peut-être la première à bénéficier de cette nouvelle organisation !)
Pourquoi personne n’a-t-il donc pensé plus tôt à cette révolution ?
Une question toutefois se pose : la passoire européenne actuelle qui se moque du droit du travail des différents pays que constituent l’Union ne va-t-elle pas nous offrir des conducteurs polonais, slovaques, espagnols ou roumains sous-payés au volant d’autobus… allemands ? D’ores et déjà, les  entreprises de transport de Madame Merkel sont toutes à l’affût de ce nouveau marché, certaines déjà en place… À qui va donc bénéficier cet amour passionnel du temps… des lampes à huile ?
Quant au respect de l’environnement…
Madame Royal ne doit pas être au courant !
Après la privatisation rampante du réseau de la santé, des aéroports, de l’université… nous voyons ainsi naître, l’un des nouveaux épisodes de l’ultra-libéralisation de notre pays, en vertu de préceptes issus tout droit de la fameuse et criminelle idéologie économique de l’ «École de Chicago » chère à Milton Friedman.
Mais pourquoi s’en étonner, puisque nous avons tous, désormais, que la France est devenue une nouvelle colonie états-unienne, administrée aujourd’hui par… l’Allemagne bismarko-merkelienne !
France, méfie-toi de tes ministres qui te feront bientôt aller à dos d’âne sur les chemins de traverse de son aventureuse politique !
Bon voyage !
Salut et Fraternité.



mercredi 22 avril 2015

Arts et Lettres Assemblée nationale 8 avril 2015

Ce jour-là, 8 avril 2015, à 16h15, en l'hôtel de la Questure de l'Assemblée nationale, la Ministre de la Culture et de la Communication, Madame Fleur Pellerin, épinglait sur ma poitrine les insignes de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres. 
EMOTION...  partagée avec le député des Vosges Christian Franqueville  ordonnateur de la cérémonie, André Henri, ancien ministre, mes éditeurs, auteurs amis, et quelques proches Vosgiens/Lorrains de Paris.
Voici l'éloge prononcé par la Ministre :

Cher Gilles Laporte,
 Vous aimez, dites-vous, « mettre vos pas dans ceux de vos héros, raconter leur histoire, partager leur vie et leur passion par … le cœur, par l’émotion ! ». Ces héros, ce sont ceux de votre pays vosgien natal, ces hommes et ces femmes qui ont écrit notre histoire et dont vous avez fait votre première matière romanesque.
Né dans une famille d’ouvriers de filature, vous êtes, ainsi que vous aimez à le dire, « de cette foule des humbles que les puissants de tous les régimes se plaisent à épuiser». L’arme de votre révolte ? Votre plume, alerte et acérée, qui porte haut l’histoire et le destin de nos semblables, devenus sources d’inspiration pour des générations de lecteurs.
Dans ce genre historique où vous excellez, vous racontez la chute, puis la destruction, de la ville de La Mothe, en Lorraine, pendant la guerre de Trente Ans. Après avoir consacré de remarquables biographiques aux grands de ce monde, dont Chopin, vous vous attachez à l’incroyable destin des femmes du peuple : Julie-Victoire, première bachelière de France, qui s’est battue pour la défense des droits des femmes, mais aussi Aurore Mongel, championne de natation originaire d’Epinal ou encore cette Lorraine qui voulait devenir institutrice, au tournant du XIXe et du XXe siècles, sans que sa condition sociale le lui permette, et qui sera éclusière sur le canal de l’Est.  
Attaché à une région dont vous savez si bien rendre la beauté et l’histoire, vous avez mis votre talent au service des destins extraordinaires et des vies humbles, des bonheurs et des tourmentes de tout le peuple vosgien. Parce que vous racontez comme personne ces histoires dans lesquelles chacun peut se reconnaître et qui font vivre la mémoire de toute une région, parce que  vous incarnez la force et la vitalité de la littérature de nos territoires, la République des Arts et des Lettres vous adresse toute sa reconnaissance.

Cher Gilles Laporte, au nom de la République française, nous vous faisons Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.


Ma réponse :

Madame la Ministre
Monsieur le Député, cher Christian,
Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

Mes premières pensées, en ce jour, en ce lieu, sont pour mes parents, ouvriers de filature des Vosges, disparus depuis quelques années, qui auraient été très émus de partager avec moi, avec nous, ce moment émouvant.
Ils m’ont transmis les valeurs essentielles qui sous-tendaient leur vie : amour du travail quotidien et bien fait, sens du service civique et de la citoyenneté. Dans leurs traces, je me considère depuis toujours et pour toujours comme un ouvrier des Lettres.

Mes pensées vont aussi à mes maîtresses et maîtres d’école qui, par leur talent de pédagogues et leur amour de la République ont contribué, à leur tour, à faire de moi ce que je suis.
Madame Yvonne Jungen, tout d’abord, qui, dès mes premières années d’école primaire à Igney, m’a invité à partager sa passion de la langue, m’a fait goûter ses subtilités, sa profondeur, ses harmonies. Elle a si bien réussi que j’ai décroché le Prix de lecture au Cours élémentaire première année, et reçu ainsi mon premier livre (lire était considéré comme une occupation de fainéant dans ce milieu, à cette époque) : le Don Quichotte de Cervantès, en édition illustrée pour enfant. J’ai lu, relu des dizaines, des centaines de fois ce livre en me répétant que j’aimerais, un jour, pouvoir écrire des histoires comme celle-là ! Dans sa classe, je suis tombé amoureux de notre langue (peut-être aussi de la maîtresse !)
Puis j’ai eu la chance de rencontrer des professeurs remarquables, dont Joseph Martynciow, professeur de français au collège de Thaon-les-Vosges, arrivé de Pologne pour aimer passionnément notre langue et la faire maîtriser avec élégance et efficacité par ses élèves.
Le philosophe Raymond Ruyer à la faculté de Nancy, Vosgien lui aussi, l’un des penseurs les plus prestigieux de notre temps, dont les nombreux écrits sont malheureusement oubliés aujourd’hui. Par l’intensité et la clarté de sa réflexion, ce maître à élargi à l’infini le champ de vision de plusieurs générations d’étudiants.
Que tous soient remerciés, en ce jour, en ce lieu prestigieux, y compris les nombreux enseignants auxquels je dois beaucoup, que je n’ai pas cités.

Je tiens aussi à rendre hommage à mes éditeurs, à la grande et belle famille des Presses de la Cité en particulier, représentée ici par sa Directrice générale Anne-Laure Aymeric, sa Directrice littéraire Clarisse Enaudeau, et l’attachée de presse Laetitia Matuzik ; retenu en province par des obsèques, notre Président-directeur-général Jean Arcache, est avec nous par la pensée, tout comme Sophie Lajeunesse Directrice éditoriale et l’équipe éditoriale tout entière, dont Carole Collin, Sophie Thiébaut et Isabelle Dupré. Merci à toutes et à tous. Le travail avec vous est un bonheur toujours renouvelé.
Sans mariage heureux auteur-éditeur, le livre n’existe pas !

Que les femmes qui m’accompagnent au quotidien dans mon aventure de vie et littéraire soient également honorées en ce jour et en ce lieu, toutes les femmes, d’ici et de partout. Elles sont les personnages principaux de tous mes livres parce que, depuis trop longtemps, les grandes oubliées -pour ne pas dire méprisées- de l’évolution sociale. Toutes les inégalités, toutes les exclusions me sont insupportables, celle-là en particulier, celle-là d’abord. Comment se prétendre défenseurs de la belle devise républicaine gravée au fronton de tous nos bâtiments officiels LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE si nous acceptons -pire pratiquons !- la discrimination basée sur la seule différence organique ou de racines ?  Dans mes livres, la femme côtoie l’ouvrier, le paysan, le petit, le sans-grade, l’humble, ces gens du peuple qui sont l’essence même de notre société, parce qu’elle en est l’origine et l’espoir.

Souvent, lors de mes nombreuses interventions en milieu scolaire –rencontres pour moi très importantes car prolongement de mon acte d’écriture en direction de celles et ceux qui prendront notre relève- la question m’est posée : « Pourquoi écrivez-vous ? » Ma réponse est toujours : « Je n’écris pas pour distraire mes contemporains, pour les aider à s’endormir s’ils souffrent d’insomnie. Mes livres ne sont pas un substitut du Lexomil. Je n’ai pas, non plus, la prétention de délivrer un ou des messages. J’écris pour mettre en scène l’Histoire, témoigner et participer, par ma plume, à la marche en avant de notre société, pour apporter ma pierre à l’édifice social commun, pour, dans la délirante évolution de notre temps, contribuer à la survie de la prodigieuse et vitale aventure du livre.

Permettez-moi, pour conclure, de vous offrir cet extrait de discours prononcé par le poète espagnol Federico Garcia Lorca lors de l’inauguration de la bibliothèque de son village natal Fuente Vaqueros en septembre 1936 :
Des livres ! Des livres ! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer: "Amour, amour", et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis. Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : " Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas! ". Il avait froid,  ne demandait pas le feu ; il avait une terrible soif, ne demandait pas d'eau… il demandait des livres, c'est-à-dire des horizons, c'est-à-dire des marches pour gravir la cime de l'esprit et du cœur ! Parce que l'agonie physique, - biologique, naturelle d'un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l’agonie de l’âme insatisfaite dure toute la vie !
"La devise de la République doit être : la Culture !".
La culture, parce que ce n'est qu'à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes auxquels se confronte aujourd'hui le peuple plein de foi mais privé de lumière.
N'oubliez pas que l'origine de tout est la lumière

Permettez-moi de saluer aussi, et remercier, Monsieur Christian Poncelet, ancien ministre, ancien président du Sénat, ancien président du Conseil général des Vosges, initiateur de la démarche qui nous rassemble aujourd’hui.

Merci, Madame la Ministre,
Merci, Monsieur le Député Christian Franqueville, mon cher Ami,
Merci à vous toutes et vous tous.
La Ministre attentive... 
   Avec Ch. Franqueville -député,et A. Henri - ancien ministre
 
     Avec l'état-major des Presses de la Cité : A-L Aymeric Directrice générale, C. Enaudeau Directrice littéraire, L. Matusik attachée de presse
                                                                    
Avec Bernard Visse, mon successeur à la présidence Erckmann-Chatrian, et Jean-Paul Rothiot, historien et ami, mon "jumeau" décoré du jour.
MERCI, du fond du coeur.
Et merci à vous toutes et vous tous, amies et amis, qui m'avez adressé des mots chaleureux que je n'oublierai jamais.
Salut et Fraternité !

jeudi 2 avril 2015

En prison...

Jeudi, 26 mars 2015.
9h30.
Les mains dans les poches, sur le plateau du Haut-du-Lièvre, j’arpente le parc auto débordant de la prison (baptisée pudiquement « Centre pénitentiaire ») de Nancy battu par une bise glaciale et cinglante. J’ai eu du mal à me garer. L’affluence y est celle d’un supermarché le samedi après-midi. C’est dire le succès de l’établissement !
J’attends Marie-Odile, de la Médiathèque-Manufacture, et ses beaux complices en passion du livre et humanité. Ensemble, ils ont créé et animent un Club de lecture à destination des « clients » de cet « hôtel » un peu particulier.
Ils arrivent, m’introduisent dans l’espace accueil, au milieu des familles et proches pressés et fébriles en route vers le parloir.
Comme pour un embarquement d’aéroport, des femmes et hommes en uniforme m’invitent à déposer au guichet ma carte d’identité et mon téléphone portable, puis à me présenter au portique de détection des métaux. Impression de partir en voyage. Mais quel voyage ! Je me dépouille de  mes ornements métalliques heureusement rares, ma montre, les confie à la machine dans un panier, passe sous le joug… ça sonne ! On m’invite à retirer ma ceinture (au risque de me faire perdre mon pantalon, puis de me faire incarcérer pour exhibitionnisme !)… ça sonne ! Me déchausse, dépose mes souliers dans le panier… ça sonne ! Nous nous demandons ce que je peux encore bien retirer, sauf à me retrouver à poil, fais mes poches, du haut, du bas, propose de déposer dans le panier mon bridge et ma couronne (si peu royale !)… on m’en dispense… je refais une tentative… miracle : ça passe !
Dans l’enceinte maintenant, je me rechausse, me rhabille, emboîte le pas à mes guides du Club lecture et surveillants, franchis des portes verrouillées, traverse des cours balayées par la bise malgré les hautes clôtures et le filet tendu au-dessus de nos têtes, franchis d’autres portes, emprunte des couloirs. Au passage, on me montre une peinture exécutée par un détenu, belle et forte œuvre peinte avec les tripes et le cœur. J’aime !
Dans la salle enfin atteinte, ils et elles sont là, une quinzaine de personnes, détenues, détenus et personnel. Ils ont réglé les derniers détails en m’attendant (alignement des chaises, place du « conférencier » et de la caméra…)
La rencontre a été préparée, mes livres lus… un détenu a même confié à des proches des recherches me concernant sur internet. C’est lui, un grand gaillard, costaud, au sourire rayonnant, des papiers plein les mains, qui ouvre le bal des questions. Il m’en posera des dizaines, toutes plus pertinentes les unes que les autres : d’où je viens, ma naissance, ma famille d’origine, mes études, mes méthodes d’écriture, mes livres… souvent très émouvantes. Surprise : il en sait presque plus sur moi que… moi-même ! Les autres écoutent, osent de temps en temps une question complémentaire, comme cette jeune femme, au premier rang, au regard intense, suspendue aux paroles de mon examinateur et aux miennes, qui interviendra discrètement à plusieurs reprises, comme gênée de le faire, pour des remarques d’une belle qualité poétique, philosophique et spirituelle.  
A son côté, une autre femme, plus âgée, silencieuse, les mains nouées sur ses cuisses, me fixe intensément sans un mot. Son regard sur moi, deux heures durant, me fouille, me donne l’impression qu’elle cherche à comprendre ce que je suis, ce que je dis, ce qu’elle… fait là ! On me confiera, à la fin de la rencontre, qu’elle est étrangère, qu’elle ne maîtrise pas notre langue. Peut-être n’a-t-elle pas tout compris. Mais je sais, à la brûlure de son regard sur moi, qu’elle a tout senti !
Midi approchait quand les surveillants nous ont fit signe de conclure.
Nous avions passé deux heures comme… deux minutes !
Deux heures de partage dans ce lieu impersonnel, au cœur de la prison, deux heures de presque intimité, deux heures de fraternité enracinée dans une étrange communion scellée par l’amour des mots et de la belle langue, l’échange des regards, des mots, des connaissances, et la fusion des émotions.
Je ne sais pas, ne saurai jamais pourquoi elles/ils sont là, celles et ceux qui ont vécu avec moi cette matinée hors du temps et des espaces de jugement, quelle faute ou quel crime elles/ils ont commis, depuis combien de temps elles/ils sont là, pour combien de temps encore, mais je sais qu’ils m’ont offert un moment d’intense réflexion et de belle humanité dont je ne suis pas sorti, dont je souhaite ne jamais sortir.  
Au guichet, j’ai récupéré ma carte d’identité, mon téléphone portable. Puis j’ai remis le nez dehors. Curieusement, le vent ne m’y parla pas davantage de liberté qu’à l’intérieur. Il était le même, toujours aussi irrespirable, sec et tranchant !
Dans ma voiture, sur la route du retour, je me suis surpris à répéter en boucle, à haute voix, ces vers de Victor Hugo dédiés à Louise Michel :

Et ceux qui, comme moi, se sentent incapable
De tout ce qui n’est pas héroïsme et vertu
Qui savent que si l’on te disait : « D’où viens-tu ? »
Tu répondrais : « Je viens de la nuit d’où l’on souffre ;
Oui, je viens du devoir dont vous faites un gouffre… »

Allez savoir pourquoi !
Salut et Fraternité.