jeudi 20 novembre 2008

Pierre Didier... peintre


Né en 1929, dans le Nord, au hasard des pérégrinations professionnelles de son père, Pierre DIDIER est homme de l’Est. Depuis toujours, il travaille, l’œil sur les crêtes vosgiennes avec, de temps en temps, quelques signes affectueux en direction de la Meuse, pays d’Eliane, la compagne de sa vie disparue voilà quelques années.
Ville d’histoire -son martyre, l’incendie de 1944 a douloureusement marqué l’artiste-, Saint-Dié-des-Vosges est son berceau familial, son atelier, son lieu de repos, de pensée, et de création.
C’est que, pour créer, le peintre Pierre DIDIER a besoin de racines profondément ancrées dans l’humus naturel de son pays, un humus remué, travaillé, enrichi sans cesse par les passionnés de tous les temps. Comme, pour assurer la récolte, le paysan a besoin d’une terre soigneusement labourée… en silence.
L’aventure commença dans une toile patriotique, peinte à l’âge de treize ans, qui détourna l’artiste naissant des fourneaux de l’école hôtelière à laquelle il était promis par culture familiale. Paris l’accueillit, ses Beaux-Arts, ses musées, ses collections d’anciens Maîtres que, loupe en main, en compagnie de son copain Bernard Buffet, le jeune Pierre fouillera patiemment pour en tirer tous les secrets. Beaugin, le vieux français, Van der Goes le Flamand, Vermeer de Delft, ou les primitifs italiens rencontrés lors d’un séjour à Florence, lui feront successivement les mille et une confidences attendues. Rohner, aussi, et Max Ernst, les contemporains qu’il étudie sans relâche aux côtés de son copain Bernard Buffet, avec l’objectif de réussir la miraculeuse transmutation du réel existant en création absolue.
Paul Colin, dont il partage l’atelier et la passion pour l’objet, reconnaîtra très vite en lui un beau maître naissant. Tout comme ses pairs qui lui attribueront, en 1953, le grand prix d’Art plastique de la Ville de Nancy pour "La Lanterne à l’hippocampe ".
Travailleur solitaire et discret, Pierre Didier, peintre poursuit inlassablement une œuvre humaniste largement reconnue aujourd’hui, tout en cultivant avec bonheur pour sa petite fille Lola… l’art d’être grand-père !
Image Pierre Didier Le Coït du crapaud huile sur toile photo Christophe Voegelé

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Le son et l'image... Ne manque plus que l'odeur !

Gilles a dit…

Je n'y suis pas encore parvenu. Mais je ne désespère pas ! Je cherche ! Peut-être, un jour... prochainement...
Cordialement.
Gilles

beatrice a dit…

Merci pour l'hommage aux travailleurs de l'ombre,travailleurs silencieux,généreux ,indispensables et qui nous donnent une terre aérée fertile.Merci donc au peintre Pierre Didier de magnifier ce monde ignoré de ceux qui savent mal notre TERRE!Quelle élégance dans ce monde qui revendique des fabuleuses couleurs!Par cet orange Pierre Didier nous émeut,cet orange éclatant renforcé par ces lisérés bleus!Merci à vous Gilles de magnifier ce peintre ici!