mardi 10 juin 2008

FOOT...

Conseil...
veuillez lancer la musique juste après (seulement après) la lecture de ce billet,
les yeux posés sur... ces admirables pieds !

En bleu, en blanc et en rouge, ils étaient tous là, sur le terrain pour les uns, dans les gradins pour les autres, devant leur poste de télé pour celles et ceux qui, trop loin par la distance, le porte-monnaie, le boulot ou la santé n’avaient pu quitter leur fauteuil.
Où qu’ils soient, dans l’ambiance de trompettes ou assourdis par la traditionnelle alpenhorn, gavés de bière, la part de pizza ou la bouchée prédigérée de hamburger à la main, en famille ou en horde mâle, ils ont eu droit à un spectacle affligeant.
Cette équipe de mal rasés, que d’aucuns nous présentent comme une assemblée bouffie de Pléiades divines issues du Titan
Atlas et de l'Océanide Pléioné, intouchable et invincible, n’a pas su (ou pu) prendre son envol vers les espaces célestes promis par sa prétendue origine mythique.
Pourtant, elle avait été préparée dans des endroits divins, en hôtels étoilés implantés directement dans la voie lactée, au cœur d’un éden suisse (pléonasme ?) digne du paradis biblique, loin des fumées d’usine (mais dans celles de Havane) et d’une populace contenue militairement par l’armée du pays prétendu le plus neutre de la planète. Elle a tapé dans le ballon, fait ses entrechats, pas de deux, et numéros de pantins articulés sur un stade rural parcouru d’ondes positives, sous les yeux de quelques privilégiés seulement, devant les cailloux numériques d’organes de presse dont la seule mission est de rendre hommage aux financiers de l’opération (Coca, Mac Do, Suez…) en faisant croire au peuple qu’il vit là un moment … historique !
Invincible, la Pléiade étoilée, (parce que ...we are the Champions !) même si l’entraîneur porc-épic bredouillait d’avance la glorieuse incertitude du sport… déplorait la présence d’adversaires sur le terrain… soulignait l’intérêt, surtout, de participer, avant le plaisir de l’emporter ! Annoncer la quasi-défaite en avant première de l’improbable victoire : du grand art ! Lui, au moins, se donnait l’absolue certitude d’avoir fait la bonne prédiction !
ET… la montagne suisse accoucha... d’une souris !
Le paradis hôtelier de voie lactée, les effluves vivifiantes du lac Léman, l’épaisseur des tapis et moquettes du palace, les bagnoles de grand sport, les énergies tellurique et cosmique du stade rural, les petites cuillères d’argent, les massages de tous les organes et dans tous les sens, l’isolement monacal ( !?!), les rodomontades de supporteurs à bout de souffle, les roucoulades de présentateurs de lucarnes magiques, les fortunes astronomiques engagées (tirées, qu’on le veuille ou non de la poche du contribuable-consommateur), n’y ont rien fait ! Les Roumains à petits moyens, sortis de leurs chambres d’hôtes les yeux encore embués de doux sommeil helvétique, et roulés en autocar comme de vulgaires collégiens ont… tenu tête aux Dieux !
Insupportable révolution ? Crime de lèse-divinité ? Manque de correction d’une équipe de pays qui se demande encore s’il est en Europe (une Europe du ballon qui… curieusement, n’a pas eu besoin de referendum pour intégrer la Turquie !) ou… ailleurs ?
Juste retour des choses, au contraire! Simple rappel qu’il ne suffit pas d’avoir la plus grosse voiture pour être le plus fort, qu’il ne suffit pas de dépenser en une heure un siècle de salaire de sidérurgiste pour être invincible, que la fréquentation des palaces amollit la tête et les jambes, qu’il ne suffit pas de dire pour être !
Simple rappel que, pour réussir, il faut parfois… être sérieux, et… avoir faim !
Quand on connaît le travail quotidien (discret, loin des carnets de notes et des caméras), le courage, la détermination, les sacrifices, le renoncement à toute distraction, l’inébranlable volonté et l’abnégation des sportifs de très haut niveau dans tous les sports dignes de ce nom, et l’abandon total et chronique dont ils sont victimes, on se prend à se demander si les maîtres de l’intelligence des pieds (et leurs serviteurs) ne sont pas les plus mauvais exemples qu’une nation puisse donner à ses enfants !
"Une victoire des Bleus redonnerait le moral aux Français", entend–on en ce moment chez les philosophes de café du commerce !
Plus inquiétant que rassurant ! Une telle hypothétique victoire confirmerait, surtout et d’abord, en la masquant, la redoutable manipulation orchestrée par des marchands qui, en queue de pie ou jaquette, devant une partition écrite par et pour eux, mènent à la baguette le choeur de… nos élus !
C’est dos au public que le chef dirige ses exécutants !
C’est de la coulisse que règne le metteur en scène !
Prenons garde… nos champions de papier mâché suisse ne sont peut-être que… des lampions !

4 commentaires:

micheline84 a dit…

il paraît que les Français qui préféraientt le sport au sexe, vont changer d'avis (annoncé dans le presse suisse)

Rénica a dit…

je partage votre avis Gilles : tout cela est bien écoeurant...Ha Micheline les français préféreraient le sport au sexe et ils vont vont changer d'avis ? Moins de violence plus de tendresse et de câlins ? Voilà une bonne idée !
bonne journée !

Anonyme a dit…

Gilles je suis tellement en accord avec vos propos. La jeunesse adepte de foot-ball, ne désire plus pratiquer ce sport par admiration des performances du sportif ou pur amour du sport mais, pour l'argent que cela ramène.
C'est triste.
Le foot-ball est aussi un sport de Télévision. tant pratiqué par des personnes arborant un T-shirt de l'équipe de France, acheté une fortune, qui ne cache pas leur ventre bedonnant débordant de leur pantalon, chaussés aux couleurs de l'équipe, sirotant leur bière, hurlant en se levant devant une passe, donnant de sages conseils aux joueurs ; eux qui ne connaissent du foot, que les sauts, lourds de leur poids, devant un but raté, tout en se bourrant de pizza et de bière.

On vit ensemble, on vibre ensemble (slogan de l'équipe française).

claudie a dit…

Euh, ai signé, de mon prénom, suis devenue anonyme.