mardi 3 février 2009

Victimes du communisme...

Certains ne vivraient que pour créer des zones d’affrontement !
Il semble bien que le groupe de députés UMP porteur du projet de loi « Journée de commémoration des victimes du communisme » soit de ceux-là. Manipuler officiellement l’Histoire, interdire l’accès à ses pages qui les gênent, ouvrir en grand celles qui servent leurs intérêts (électoraux, entre autres), réécrire les passages qui peuvent souffrir une interprétation mercenaire serait leur principal passe-temps. Après la révision de la présence de la France outre-mer et la relecture de nos activités commerciales d’esclavage, les voici préoccupés de régler son compte au communisme. Mais, au juste, qu’en connaissent-ils ? Ont-ils pris le temps de découvrir la philosophie de Marx, de lire par exemple et de méditer ce passage de son « Manifeste » publié en France en 1848 :
La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle hautement révolutionnaire.
Là où elle est arrivée au pouvoir, la bourgeoisie a détruit tous les rapports féodaux, patriarcaux, idylliques. Elle a impitoyablement déchiré la variété bariolée des liens féodaux qui unissaient l’homme à ses supérieurs naturels et n’a laissé subsister d’autre lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt tout nu, le dur « paiement comptant ». Elle a noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste les frissons sacrés de l’exaltation religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la mélancolie sentimentale des petits-bourgeois. Elle a dissous la dignité personnelle dans la valeur d’échange et substitué aux innombrables libertés reconnues par lettres patentes et chèrement acquises la seule liberté sans scrupule du commerce. En un mot, elle a substitué à l’exploitation que voilaient les illusions religieuses et politiques l’exploitation ouverte, cynique, directe et toute crue.
La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités tenues jusqu’ici comme vénérables et considérée avec une piété mêlée de crainte. Elle a transformé le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, l’homme de science, en salariés à ses gages.*

Quel humaniste vrai ne saurait, par les temps qui courent, faire le même constat ?
Quel humain lucide et respectueux ne serait pas porté, après la lecture de ce texte, à se souvenir de Bhopal, ses huit mille morts en une nuit de 1984 (trente mille à ce jour) victimes de l’intérêt tout nu de la firme Union Carbide Corporation, des deux cent soixante-deux morts dans les puits de Marcinelle en 1956, des trente morts et trois mille blessés de la catastrophe AZF à Toulouse en 2001, de toutes et tous les autres ensevelis, happés, écrasés, déchiquetés, empoisonnés de ce monde du travail soucieux de ses profits plus que de la sécurité de ses ouvriers, des suicidés d’après licenciement, des harcelés et maltraités au quotidien par des petits chefs-grands tortionnaires serviteurs de ce libéralisme tellement vanté de nos jours, et de ce capitalisme dogmatique aux allures de nouvelle religion monothéiste ?
Plutôt que le réveil de la guerre froide, ces élus de notre république ne feraient-ils pas mieux de relire attentivement leurs classiques pour, une fois éclairés, promouvoir les vertus proclamées par la devise inscrite au fronton des palais nationaux comme des mairies de village « Liberté-Égalité-Fraternité » et, si possible, cesser de confondre communisme fondamental et soviétisme criminel !
La conscience de leur responsabilité de porteurs d’écharpe tricolore et de représentants du peuple devrait les inciter à travailler davantage à l’harmonie sociale qu’au conditionnement des masses tel que pratiqué par les régimes qu’ils prétendent dénoncer !
Mais qui manque de hauteur de vue peut finir par prendre son ombre propre pour… son pire ennemi !
Semble-t-il !


*K. Marx Manifetse du Parti communiste Monde de la philosophie-Flammarion p. 230-231
image couv. de Au Plaisir d'ENA G. Laporte éd. DGP Québec 2001 photo Ch. Voegelé

6 commentaires:

jalhouse a dit…

agftreueifv.... la politique !!!
bise à toi...

Alexis Andrianis a dit…

Ne mettons pas notre espoir dans nos politiciens. Depuis les 6000 ans d’histoire écrite de l’humanité, aucune allégeance politique de par le monde n’a éliminé les obstacles, aplani nos sentiers. Au contraire...

La sagesse m’a enseigné à m’éloigner de ce monde souvent fourbe et tortueux.

Karl Chaboum a dit…

"La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole..."
Je reculerai bien en-deça : parlons de la royauté égyptienne. Qui n'a entendu parler des dix plaies d'Égypte montrées à la télévision comme de la science fiction mais pourtant réalité du passé, mille cint cent ans avant Jésus Christ, où le point culminant fut l'ouverture miraculeuse de la Mer Rouge qui engloutit le roi et ses soldats.

Voici le point: il y a environ dix ans, j'étais en voyage avec ma femme en Égypte. Un guide nous fait visiter le musée du Caire. Millénaires antiquités bien entretenues. "Mais, demandais-je, où est la trace de la Mer Rouge où a péri le roi d'Égypte ?" Le guide, fort mal à l'aise, nous amena dans un coin caché où se trouvait, dans la poussière, cette honteuse défaite cachée pendant des millénaires.Cela reprend mot pour mot ce que mon ami Gilles (les liens épistolaires se tissent) vient d'écrire: "Manipuler officiellement l'Histoire, interdire l'accès à ses pages qui les gênent(...)"
Le point pour terminer: tout homme qui se juche au-dessus des autres pour les conduire peut paraître géant, mais quand il prend une débarque, on le voit comme il est, comme un nain (pensée de Victor Hugo).

Gilles a dit…

Ta as raison, ma chère Jalhouse : agftreueifv... la politique !!! Mais devons-nous pour autant ne pas montrer que nous aussi nous pensons à ceux... qui la font prétendument pour nous ? Je t'embrasse.
Justement, parce que ce monde est "souvent fourbe et tortueux", cher Alexis, nous devons (me semble-t-il)tenter toujours de le rappeler au respect des valeurs qu'il a tendance à "oublier" trop souvent !
C'est vrai, cher Karl, partout "ils" manipulent l'histoire et depuis toujours ! Serions-nous suffisamment imbéciles pour leur laisser croire que... nous les croyons ? Je ne le pense pas !
Merci pour votre contribution à notre réflexion.
A bientôt.
Amitié.
Gilles

micheline a dit…

C'est bien ça.Rien à ajouter, mais sans doute à diffuser .
qui en a le temps et le talent?

Karl Chaboum a dit…

Je prends le temps de t'écrire un mot, Micheline,

Un ami m'a fait découvrir Gilles Laporte à qui j'ai écrit pour le remercier du doux ballottement de Soleil noir, qui lui a pris le temps de me répondre en découvrant ma "fenêtre sur le monde" que j'ai ouverte il y a deux mois malgré le froid droit comme un poteau dans le vent. Et je prendre le temps de m'introduire à vous que j'ai découverte sur laporteplume. Ce temps qu'on n'a pas le temps d'utiliser... où auquel on ne donne pas les priorités qui ont le plus de valeur.

Dans les temps reculés,on avait le temps; on n'avait pas de centre d'achat, ni voiture à faire réparer. Sans reculer à cette époque, serait-on capable de creuser droit des sillons tenant solidement de nos deux mains une rude charrue ? En aurions-nous le temps ?

http://karlchaboum.blogspot.com/ est monde que je prends le temps de bâtir... pour des gens comme Micheline qui en valent la peine.

Karl Chaboum