mercredi 28 janvier 2009

LAMENNAIS... grève !



Il était prêtre…
Il était aristocrate…
Il observait la société de son époque, début 19ème siècle !
Le relire, par les temps qui courent…


J’ai eu foi dans la race humaine. Ses destinées changeront lorsqu’elle voudra qu’elles changent, et elle le voudra sitôt qu’au sentiment de son mal se joindra la claire connoissance du remède qui peut le guérir.
(…)
Regarde, ô peuple, s’il n’est pas temps de justifier l’Auteur des êtres, en te créant un sort plus conforme à sa justice, à sa bonté.
Tu dis : J’ai froid ; et, pour réchauffer tes membres amaigris, on les étreint de triples liens de fer.
Tu dis : J’ai faim ; et on te répond : Mange les miettes balayées de nos salles de festin.
Tu dis : J’ai soif ; et l’on te répond : Bois tes larmes.
Tu succombes sous le labeur, et tes maîtres s’en réjouissent ; ils appellent tes fatigues et ton épuisement le frein nécessaire du travail.
Tu te plains de ne pouvoir cultiver ton esprit, développer ton intelligence ; et tes dominateurs disent : C’est bien ! il faut que le peuple soit abruti pour être gouvernable.
(…)
Tous les hommes naissent égaux, et par conséquent indépendants les uns des autres : nul, en venant au monde, n’apporte avec soi le droit de commander.

Félicité-Hubert de Lamennais (1782-1854) Le Livre du peuple Pagnerre Paris 1838 p. vj-vij-viij-73
Image : Félicité de Lamennais par Paulin Guérin 1826 musée château de Versailles

4 commentaires:

filledufeu a dit…

Au delà de tout parti politique il est bon de se rappeler la solidarité humaniste pour les ouvriers!

Rénica a dit…

Allez j'ose...l'habit ne fait pas le moine ... amitiés

diplodocus continental a dit…

Le texte est beau,le choix est beau.Qu'est qui arrive à la France que l'on est envie de pleurer pour elle...Elle a simplement de mauvais maitres...

Anonyme a dit…

En rédigeant mon livre "Polémiques Lorraines au XIX° siècle", j'ai eu la perception de la haine qu'avaient contre Lammenais, ceux que l'on appelait : "les bien-pensants" qui se retranchaient derrière les abérations d'une Eglise trop éloignée du peuple ne songeant qu'à soutenir les rois. Heureusement l'Eglise actuelle a dépassé cette mauvaise inclinaison. Jean Castelli