samedi 17 janvier 2009

Hugo : La République

La grande République a des griffes fatales.
Gare à ceux qui voudraient, sans être les vrais mâles,
Sans être les époux réels et sérieux,
Faire accepter au fond des bois mystérieux
Leur virilité fausse à la rude femelle !
Pallas demanderait de quoi Davus se mêle ;
La géante serait peu tendre au myrmidon ;
S’il osait essayer un instant d’abandon,
L’ongle altier pourrait bien maltraiter cette nuque ;
Ce n’est pas sans danger parfois qu’une perruque,
Eût-elle un aspect fauve et d’âpres épaisseurs,
Prend des airs de crinière aux yeux des connaisseurs ;
Je ne conseille pas au sieur Scapiglione
De faire le lion auprès de la lionne.

Victor Hugo Les Années funestes Paris 16 Octobre 1871 éd. L’Intégrale/seuil 1972 p. 188
image : dessin de Victor HUGO plume et lavis encre de Chine

4 commentaires:

filledufeu a dit…

Voici la preuve de l' humour des poètes et voilà qui fait tomber un cliché!

Rénica a dit…

République ? vous avez dit république ? Elle n'est pas en grande forme en ce moment...

Gilles a dit…

Le poète est l'intermédiaire entre le divin et les hommes, a écrit ( en substance) l'ami Victor, l'amant Totor, Monsieur Hugo !
Visionnaire donc !
Inspirateur ? Peut-être !
Oui, notre temps (comme hier... comme demain ?) en a bien besoin !
Bonne journée, chères amies !
Gilles

diplodocus continental a dit…

Enfin ,avec vous ,je retrouve les accents de notre langue dont je suis si friande et que de moins en moins autour de nous elle est pratiquée.Il est vrai que ces derniers jours j'étais muette d'horreur à cause des bruits du canon dans de la chair humaine.Tout cela pratiqué sans nulle vergogne!