jeudi 18 septembre 2008

Versailles... ambassade états-unienne !

Belle mise en abîme que l’installation temporaire des œuvres d’un des artistes les plus populaires dans un des monuments les plus fréquentés du monde.
C’est la question de l’in situ qui est sous-jacente à cette proposition.
De nombreuses institutions culturelles ont tenté ces dernières années des confrontations entre le patrimoine historique et l’œuvre contemporaine. La radicalité de cette exposition nous semble différente tant par le lieu choisi que par la systématisation du parcours. Echo, dialectique, opposition, contrepoint… il ne nous appartient pas de trancher. Ce moment unique veut avant tout susciter la réflexion sur la contemporanéité de nos monuments et l’indispensable nécessité de la création de notre temps.
Telle est la présentation par ses commissaires de l’ « exposition » de l’ « artiste » Jeff Koons greffée sur le château de Versailles comme une bouture de ronce sur un platane.
Mise en abîme… in situ… sous jacente… confrontations… radicalité… systématisation du parcours… écho… dialectique… opposition… contrepoint… contemporanéité…
Ah, Molière… Où es-tu ? Comment aurais-tu mis en scène ces… hommes savants ?
Suffit-il d’un abîme de verbiage pseudo intellectuel, pur produit des salons parisiens contemporains, pour nous faire croire qu’il s’agit là, avec la présence de ce Jeff Koons dans les appartements royaux, d’un très grand moment de la vie artistique planétaire ?

Suffit-il de quelques mots prononcés par de prétendus initiés pour nous faire prendre les vessies pour des lanternes ?
Ne cherche-t-on pas plutôt à nous faire oublier que cet étalage de la décadence états-unienne est organisé par le président de Versailles Jean-Jacques Aillagon aux seules fins de servir les intérêts de son généreux protecteur et ami François Pinault ?
Il ne nous appartient pas de trancher… peut-être !
Mais, Versailles étant un établissement public, il nous appartient de… payer !
Et de… nous taire !
Alors… motus et bourse décousue, iconoclastes !

Image Louis XIV par Hyacinthe Rigaud musée du Louvre photo GL

4 commentaires:

Rénica a dit…

Payer et se taire oui ! C'est assez inadmissible qu'en France l'entrée soit payante et si chère dans les musées et expos ! Celà me met très en colère à chaque fois ! Je vous suggère cher Gilles de laisser à ceux qui le souhaitent le chateau de Versailles et le kitch...pour la pinacothèque et Georges Rouault, c'est superbe....mais c'est 9 euros ! grr....

micheline a dit…

oui,oui,oui
l'art interdit aux pauvres et aux non initiés..
qu'on se le dise!

béatrice a dit…

Il parait que c'est superbe!Georges Rouaul est rare! La pate de ce Maitre du vitrail ne m'était pas parue depuis les années 60.Je me trompe peut-etre !

diplodocus continental a dit…

Je viens de me rendre compte que Madame Aillagon était ,il y a 3O ans professeur de civilisation Mongole à l'Ecole des Hautes Etudes,elle me demandait mes photos sur les rites chamaniques de Corée...Je n'ai pas répondu meme si elle me les achetait...Je m'en veux .Le couple semble avoir da vraies ambitions .N'est-il pas sénateur après avoir été Ministre de la Culture?