samedi 5 mars 2011

Eglise et République...

Honte et colère !
Comment pouvons-nous tolérer que, dans notre pays, la France, qui a fondé sa République sur la séparation des églises et de l’Etat, des visées électorales -et elles seules- rapprochent de nouveau le sabre et le goupillon ? Comment admettre que des dirigeants actuels réactivent une complicité perverse, condamnée par les fondateurs de notre démocratie laïque, entre des outils de pouvoir (qu’ils soient prétendument spirituels et/ou financiers) et le Pouvoir lui-même ? Comment accepter que soit considéré comme majeur -voire unique- un héritage chrétien soigneusement expurgé de tout l’obscurantisme que (reniant d’ailleurs les préceptes humanistes fondateurs de la chrétienté) Rome a imposé à l’Occident, à ses hommes et à ses femmes, des siècles durant ?
Certes nos anciens ont élevé d’admirables cathédrales, comme nos plus anciens levaient d’admirables pierres vers le ciel, comme nos contemporains banquiers et grands prêtres d’entreprises élèvent aujourd’hui d’admirables tours ! Mais doit-on pour autant confondre le monument, ses qualités esthétiques ou la prouesse technique de ses concepteurs, avec ce qu'en font ses utilisateurs ?
La cathédrale du Puy est très belle, comme Notre-Dame de Paris, comme le sont celles de Strasbourg, Amiens, Chartres, Beauvais, Metz… et nous avons le devoir de les protéger, de les entretenir, de les mettre en valeur. Car elles témoignent du génie humain.
Mais l’Inquisition est-elle belle ? Et la chasse aux sorcières de la prétendue Renaissance ? Et la nuit de la Saint-Barthélémy ? Et l’injonction mille fois martelée par le Père Dupanloup, évêque d’Orléans, au 19ème siècle « Les filles doivent être élevées sur les genoux de l’Église », les condamnant aux casseroles, au cul des enfants, et au service du seul seigneur et maître après Dieu : le mari ?
Il est urgent de ne pas confondre le militantisme politique des églises-institutions (toutes les églises !), la foi -fût-elle du charbonnier-, et les projets personnels ou partisans d’appropriation de quelque pouvoir que ce soit.
Quoi qu’en disent certains, le curé ne vaut pas l’instituteur de la République !
Chacun à sa place, et le Pays sera bien géré !
Nos élus d’hier n’étaient pas tous des imbéciles incultes, loin s’en faut. Ils ont même mis lesdites admirables cathédrales sous la protection de notre République ! C’est dire leur clairvoyance ! Leurs décisions validées par le peuple valent au moins autant que celles proposées par les manipulateurs de notre temps.
Aucun objectif de prise de pouvoir politique, aucun projet de maintien à ce pouvoir, ne peuvent justifier que soient rallumées les si cruelles guerres de religion.
Aucun homme n’est autorisé à se servir de Dieu, à des fins personnelles ou de stratégie partisane !
Le seul devoir de l’être humain est, s’il croit, de servir son Dieu -quel que soit son Dieu- en se répétant chaque jour qu’Il a créé tous les êtres égaux : patrons et salariés, femmes et hommes, élus et électeurs, croyants et incroyants… tous dignes du respect de tous et de chacun !
Si, rédigées par quelque sombre gratte-papier des palais nationaux, les lignes lues sur le parvis de la cathédrale du Puy sont l’expression de la philosophie politique actuelle de notre pays, alors…
Je suis en colère, et… j’ai honte !
Salut et Fraternité !
Image : couverture de Au PLaisir d'ENA Gilles Laporte 2001 éd. DGP Québec

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui mais, en période electorale tous les appâts sont bons. Surtout lorsque se profile une rude concurrente dont le parti se réclame de la plus intransigeante religiosité. Je vous embrasse tous les deux. J.C.

Gilles a dit…

Merci, l'Ami !
Nous vivons un retour vers le futur... d'avant-hier, celui des bûchers pour prétendus mécréants !
Fidèle amitié et bises.

micheline a dit…

Ces vérités qu'il serait bon de redire un peu plus souvent.
merci

Gilles a dit…

Alors, redisons-les, chère Micheline, haut et fort, afin que d'autres... entendent !
Amitié.
Gilles