dimanche 3 janvier 2010

DAKAR d'AMERIQUE !

Ils ont recommencé !
Avec le même acharnement qu’autrefois, la même folie, la même désinvolture devant la misère, voire la mort de l’autre !
Seule la cour de récréation de ces post-adolescents-sandwichs désoeuvrés a changé. Après les dunes et savane africaines, ce sont l’Argentine et le Chili qui ont le prestigieux privilège de recevoir les individus parmi les plus fondus de la planète : pampa, désert d’Atacama, montagnes et défilés de la Cordillère des Andes ont la chance de se voir traversés par le cortège le plus imbécile d’Européens (et de quelques ailleurs) les plus nantis couverts des marques les plus pollueuses de notre temps. Et de recevoir, en ce début d’année promise (paraît-il) au respect de l’environnement, le cadeau somptueux des plus beaux nuages d’oxyde de carbone, et les plus durables agressions que des humains prétendus modernes puissent offrir à la faune, à la flore, et à l’atmosphère de ces pays séduits par le pactole publicitaire.
Le Dakar d’Amérique 2010 est en route vers son plus remarquable record de mépris de la planète et de… la vie d’autrui !

La preuve : dès la première étape, il a fait éclater la tête et les viscères de la jeune femme Sonia Natalia Gallardo qui dort aujourd’hui à la morgue de Cordoba, pulvérisé les os d’un homme de vingt-quatre ans, envoyé à l’hôpital un enfant de neuf ans.
On nous dira, bien sûr, que toutes les mesures de sécurité sont prises, que le public est averti, que les cons-courants sont informés et formés, et que les accidents ne sont que « la faute à pas de chance » !
Il n’empêche : si cet infernal cortège des marchands du temple n’était pas passé par là, Sonia Natalia serait toujours vivante et ses deux compagnons de détresse seraient encore debout et en bonne santé, les animaux et insectes de la Pampa continueraient leur vie tranquille (au bénéfice vital d’une humanité qui a tendance à l’oublier !), les jeunes oiseaux ne seraient pas tués dans l’œuf par le vacarme des machines, les végétaux ne seraient pas arrachés de leur terre par les pneus crantés des 4x4 au museau de pare-buffle et des gros culs suiveurs, et la terre respirerait beaucoup, beaucoup, beaucoup mieux !
À l’heure des vélos en ville, des gesticulations de Copenhague, de la régurgitation par le Conseil Constitutionnel d’une indigeste taxe carbone, des appels lénifiants d’anciens pollueurs repentis (disent-ils !), des manipulations de conscience climatique… il serait sain de se souvenir que la survie de notre terre (à défaut de celle de notre espèce dont se contrefout l’univers) passe, avant la satisfaction de besoins artificiels et le désir de profit individuel, par le respect de notre environnement, le respect de l’autre, de tous les autres, et par le RESPECT DE LA VIE, de toutes les vies !
À bon entendeur… salut et FRATERNITÉ !

image quotidien La Voz del Interior - AFP

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Qu'il est bon de connaître quelqu'un qui analyse pertinemment les travers meurtriers de notre époque. Comment peut-on admettre de tuer en se faisant plaisir ? Amitiés. J.C.

micheline a dit…

avec votre permission...je diffuse sur mon blog
merci

vuparmwa a dit…

Renaud chante encore et toujours :
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

Le rallye mécanique
Des Mad Max de bazar
A r'commencé son cirque
Au soleil de janvier

Vont traverser l'Afrique
Avec le pieds dans l' phare
Dégueulasser les pistes
Et revenir bronzés

Ravis de cet obscène
Et pitoyable jeu
Belle aventure humaine
Selon les journaleux

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

Passe la caravane
Et les chiens n'aboient plus
Sous les roues des bécanes
Y a du sang répandu

C'lui des quelques sauvages
Qui ont voulu traverser
Les rues de leurs villages
Quand vous êtes passés

Comme des petits Romel
Tout de cuirs et d'acier
Crachant vos décibels
Aux enfants décimés

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

Combien d'années encore
Ces crétins bariolés
F'ront leur terrain de sport
D'un continent entier

Combien d'années enfin
Ces bœufs sponsorisés
Prendront l' sol africain
Pour une cour de récré

Dans leurs joutes odieuses
Les bonbons bien au chaud
Au fond de leurs délicieuses
Combinaisons fluos

http://www.dailymotion.com/video/x51d7l_renaud-500-connards-sur-la-ligne-de_music

Gilles a dit…

Merci, VUPARMWA, pour cette contribution (avec l'Ami Renaud) à une belle oeuvre de salubrité publique !
A bientôt.
Très cordialement.
Gilles Laporte

vince a dit…

bonjour Gilles!
tout d'abord je te présente toux mes vœux les plus sincères de bonne et heures année et de bonne santé à toi et à tous ceux que tu aime.

Encore une fois tu dis avec force et véracité ce que beaucoup hésitent à dire. cette courses et toutes les autres aussi sont des inepties à notre époque par ce que polluantes, dépensières, et inutiles en matière de technologie (essais, publicité)et relativement pauvre comme spectacle (elle se passe dans un quasi désert).

Il a fallu que quelques spectateurs aient pour une fois décidé de se rendre dans ce désert pour voir passer ce cataclysme(le seul pour lequel les hommes se passionnent et se déplacent).

On revient aux temps des jeux de l'arène : du pain et des jeux.
sauf que là les gens sont volontaires pour se faire tuer.

Dans ma profession j'ai souvent déploré ces fêlés du bord de la route qui se jette au devant des monstres d'acier pour faire la meilleure photo et se placent même dans leur axe en plein virage. Toujours en quête du sensationnel.
je me suis même fait presque insulté pour les avoir fait sortir de leur "place de choix".

Pauvre monde!!!!!

Amicalement.

Gilles a dit…

Merci, cher Vince, pour tes voeux chaleureux. Que cette année te soit belle, bonne et généreuse, et qu'elle comble également de ses bienfaits toutes celles et tous ceux que tu aimes.
Amitié.
Gilles