lundi 23 février 2015

SANOFI : quatre millions à l'arrivée !

4 millions d’euros !
Tel est le cadeau de bienvenue offert par Serge Weinberg, président de SANOFI, à Olivier Brandicourt qui doit devenir, le 2 avril prochain, le directeur-général de son groupe.
Hier, les parachutes dorés servaient à amortir le choc au sol d'un patron suite à largage en haute altitude souvent consécutif à un douloureux constat d’incompétence.
Aujourd’hui, celui-là sert à rendre moelleuse l’aire d’atterrissage d’un homme qui, à l’importance de la prime d’arrivée, doit probablement être considéré comme providentiel.
Avant-hier, en un temps où le « modèle social français » était encore considéré comme l’un des plus vertueux du monde, les patrons avaient la décence de respecter un écart de salaire raisonnable entre leurs ouvriers, employés, techniciens, cadres, et eux-mêmes.
Demain, au train où vont les privilèges, sera rétabli l’esclavage imposé par des maîtres qui s’attribueront tous les fruits du travail de leurs troupes serviles rendues obéissantes par la menace constante d’un licenciement dont, à la demande du MEDEF, avec la complicité du Ministre de l’Economie, et la bénédiction présidentielle, les règles sont en cours d’ « assouplissement ».
Mais comment oublier que la fortune de SANOFI, si elle est le résultat d’une gestion financière « moderne », est aussi celui d’une équipe qualifiée de « patrons voyous » par le maire de Toulouse Pierre Cohen, accusée d’acheter la grande presse -ainsi que le révélait Le Canard enchaîné le 30 avril 2008- à coups de luxueux « voyages d’études », invitations à des tables prestigieuses, cadeaux somptuaires destinés à celles et ceux qui oseraient avoir l’idée saugrenue de remettre en question l’efficacité de tel ou tel médicament, ou de dénoncer les risques d’usage de certains autres produits par le groupe.
Comment oublier aussi que cette fortune se bâtit en grande partie, au quotidien, sur fonds publics, puisque sur le budget de la Sécurité sociale qui rembourse lesdits médicaments, Sécurité sociale alimentée elle-même par les cotisations de tous les assujettis ?
Comment donc ignorer que ces 4 millions de gâterie d’accueil attribués à Olivier Brandicourt sont pris, pour une très grande part, directement dans la poche des travailleuses et travailleurs de France qui cotisent à la Sécurité sociale ?
De dérive en dérive, de cas particulier en cas particulier de spoliation du peuple laborieux, le grand patronat finit par faire admettre comme presque « normale » une telle décision inique.
Hier, pour partir : Jean-Marie Messier (Vivendi), Daniel Bernard (Carrefour), ou Antoine Zacharias (Vinci)…
Aujourd’hui, pour arriver : Olivier Brandicourt (Sanofi)…
Demain, à l’arrivée, puis au départ : qui ?
Nul doute que nous sommes parvenus désormais à un niveau de captation de fortune sociale rarement atteint dans notre pays.
Nul doute que ne sommes qu’au début de ces malversations « légales » puisque les lois et règlements nouveaux, sous prétexte de faire de la France un pays dans le vent financier international, vont dans le sens d’une libéralisation renforcée. La « loi Macron », en faisant voler en éclats de nombreux repères (d’aucuns emploieraient ici le mot à la mode « marqueurs ») engage le pays dans cette voie. Privatiser les aéroports c’est ouvrir la perspective à de nouveaux parachutes dorés dont les montants seront révélés en leur temps ; condamner le service public (train) au profit du privé (autobus), laisser au patronat la libre appréciation des jours et du temps de travail (en arguant du volontariat), limiter le recours aux tribunaux prud’homaux sous prétexte de désengorger les services… (j’en passe et de pires !) c’est, au motif de permettre la création de nouveaux emplois, aller vers cette société de l’exploitation de tous par quelques-uns, vers ce monde injuste et antirépublicain que nos anciens ont eu tellement de mal à installer, puis à faire évoluer (ils ont payé le prix fort pour y parvenir !), retourner à cette époque redoutable qui ne connaissait qu’une seule règle… la loi de la jungle !
Qu’un régime dit « de gauche » ait accouché d’une telle vilenie issue tout droit de la conception ultralibérale anglo-saxonne a déjà de quoi surprendre.
Mais qu’elle soit présentée comme le seul remède possible à l’impéritie politique française de plusieurs dizaines d’années, toutes couleurs partisanes confondues, est à considérer comme une tromperie intellectuelle et morale.
Il se dit que, adolescent, le ministre Emmanuel Macron se rêvait comédien.
A défaut du Cours Florent, il a suivi la formation (!?!) de beau-parleur de l’ENA.
Après son passage millionnaire chez les dirigeants de la banque Rothschild, peut-être croit-il son rêve enfin concrétisé, et prend-il l’hémicycle du Palais Bourbon pour le théâtre des Bouffes du Nord, ou pour le Caveau de la République.
Mais la pièce qu’il est en train de jouer, écrite en collaboration par Pierre Gattaz et Manuel Valls, produite par François Hollande, avec Serge Weinberg, Olivier Brandicourt et quelques autres, n’a pas de quoi nous faire marrer. Dommage, car les occasions de se réjouir et de partager le rire sont rares en ce moment.
Quant aux troupes dites « de droite », mis à part quelques numéros de clowns tristes et hargneux, elles n’offrent rien aux citoyens qui leur permettrait de se détendre, et… d’espérer.
Le spectacle est si atterrant que le moment approche, semble-t-il, où le public/peuple exigera fermement de se faire rembourser.
Et ce ne sont pas de solennels dépôts de chrysanthèmes accompagnés de discours pluvieux devant quelque nouveau monument qui pourront l’en empêcher.
SANOFI… ça suffit !
Salut et Fraternité.

5 commentaires:

Patrick Coignus a dit…

Cher Gilles,
Heureux de te retrouver aux manettes de ton blog ! La grippe t'a t-elle enfin lâché la grappe ?
A ta lecture, je me suis dit une choses : il faut être sacrément maso pour lire ton blog... Il manque terriblement d'humour. Enfin si, si on parle d'humour noir. La réalité que tu y décris avec tant de vérité, et que malheureusement nous vivons tous dans la souffrance, semble être le chant du signe de notre république, qui n'a plus rien de démocratique depuis longtemps, car au final nous, citoyens, n'avons que le choix entre la peste et le choléra. Le point positif est que de plus en plus semblent en être convaincus.
Tu me parais encore croire qu'un jour proche le peuple présentera l'addition aux hideux qui se présentent comme nos élus, et qui ne sont que le bras armé de ceux qui veulent s'approprier tout et rêvent, comme tu le dis fort justement, du bon temps de l'esclavagisme.
Pour ma part, je crois que leur stratégie du choc a fonctionné à merveille, et je doute d'une quelconque capacité de révolution parmi nous les essorés.
Si tu pouvais me convaincre que j'ai tort... car au combien j'aimerais me tromper.
Bien à toi. Amicalement. Patrick (qui dévore La Clé aux Ames)

Anonyme a dit…

Que faut-il faire ? passer outre, se blinder, se résigner ou tout casser de cette société qui ne profite qu'à une minorité d'individus sans décence !
Je vous embrasse tous deux. J.C.

Gilles a dit…

Je t'ai répondu sur FB, mon cher Patrick. Notre échange m'a vivement intéressé. A bientôt, pour le prochain.
Quant à tout casser, mon cher J.C. Pas nécessaire, car cette société se casse toute seule sous nos yeux ! Ceux qui croient en profiter la démolissent chaque jour davantage. Ne voit-on pas aujourd'hui un important ministre de la "gauche-caviar" proposer d'avancer les vacances de Pâques pour permettre à quelques poignées de nantis d'aller encore mettre les dernières neiges sous leurs skis, au mépris de la santé et de la qualité de travail enfants/enseignants ? Courage, résistons ! Ces clowns de luxe n'auront pas notre peau. Salut et Fraternité.

Anonyme a dit…

Pour ma part je ne suis pas résignée, je ne le serai jamais ce n'est pas ma nature ! je suis sortie de mes gonds lorsque j'ai entendu cette info ....Mais toutes celles que l'on ignore !!! sans compter tout cet argent passé dans les paradis fiscaux !!( à nos portes )
Je suis dégoûtée par le comportement anti-Républicain e ce Mr (que j'hésite à mettre en majuscule!!) et lorsque dans le même temps les ouvriers demandent 120 euros/mois de plus pour vivre peine décemment !!!
les caisses complémentaires vides alors que d'autres ont des retraites en or et es retraites chapeaux ! !
Alors oui qu'attends le peuple ??
Je suis comme Patrick le 1er correspondant à vouloir croire que tu as raison! il le faut!

bien amicalement
KatyL

Patrick a dit…

J'ai mis dans mon commentaire du 23 février : "le chant du signe de notre république".
Je suis allé ce dimanche donner à manger à des cygnes bien informés (ils surveillent, car on ne parle que rarement d'eux dans des maximes ou formules), et ils n'ont pas manqué de me mettre une honte méritée. Sur d'autres blogs, ça passe, ici, cela pique les yeux.
Je vous prie de m'excuser, tous, et Gilles en premier.
Avec toutes mes amitiés.
Patrick