samedi 17 juin 2017
Le mystère de... la tour de Londres.
Combien de morts ? Des
dizaines… des centaines ? Combien de terreurs dans les flammes, de
souffrances, de cris de détresse, d’ultimes prières, de derniers mots d’amour
adressés à de chers absents dans les volutes noirs de fumée qui s’échappaient d’une
carcasse de ferraille tordue, de verre explosé par la chaleur, et de matières
synthétiques embrasées. Combien d’enfants jetés dans le vide avec l’espoir fou
de les sauver, combien de fenêtres enjambées sur l’abîme pour échapper à cet enfer
sur terre, d’appels téléphoniques de parents, d’amis, d’amants restés sans
réponse, combien de déchirements et de larmes, hier, aujourd’hui, demain, pour
toujours chez celles et ceux qui survivent désormais dans un autre, mais aussi
redoutable enfer ?
Combien de riches, de
spéculateurs de la City, d’aristocrates et de bourgeois, de courtisans, de
lords, de dames de compagnie, de grands veneurs, de princes et de princesses,
de grands financiers internationaux, de maîtres d’armes, de hauts
fonctionnaires royaux… parmi les victimes de cet incendie ?
Cette tour accumulait sur sa vingtaine
d’étages des « logements sociaux », concentrait dans ses cellules des
familles d’humbles, de petits, de sans-grades, des ouvriers, des chômeurs, des
tâcherons, des condamnés de la grande
vague ultra-libérale chère à ce pays, des oubliés des équipements et procédures
de sécurité, des femmes et des hommes dont d’aucuns voulaient ignorer jusqu’à…
l’existence.
A Londres, comme à Paris, comme
dans bien d’autres capitales de pays clonés par les « savants fous »
de l’économie de marché, ce sont toujours les mêmes qui grillent dans de
spectaculaires incendies dont les banquiers de Hollywood feront… des films !
Et la visite prétendue émouvante
de « sa gracieuse Majesté » ne changera rien à la réalité !
Cherchez -cherchons- l’erreur !
Et agissons ensemble pour la corriger.
mardi 30 mai 2017
BACCARAT... la casse !
Les spéculateurs états-uniens fricopsychopathes et dollaridolâtres auront-ils le dernier mot à Baccarat, et continueront-ils à massacrer sous nos yeux ce que nos parents, grands-parents, nos aïeux courageux et amoureux du Beau nous ont légué ?
La question est aujourd'hui urgemment posée.
Car, sous prétexte de modernité économique -en réalité réinvention de la loi de la jungle protohistorique-, ces malades mentaux qui mettent la planète en coupe réglée sont à l’œuvre, chez nous, en Lorraine (dont je rappelle au passage qu'elle est une région de... France - pas une colonie !)
Et ils agissent avec la complicité de tous les ultralibéraux du monde qui, eux, sont unis !
(Humanistes de tous les pays... unissons-nous !)
Pour y avoir tourné mon film "Les Verres du tsar" (1980 - dramatique TV-FR3,
avec Henri Calef) et m'être inspiré de l'histoire de cette prestigieuse
manufacture pour mon roman historique "Cantate de cristal" (2012 - Presses de
la Cité), je connais bien Baccarat.
Je connais son exigence de qualité,
la passion de ses ouvrières et ouvriers, l'humanisme de ses patrons
d'autrefois, l'importance de ses produits exceptionnels pour l'image de
la Lorraine et de la France dans le monde...
J'ai vu la Lumière dans les yeux de tous ses personnels, du travail à chaud au travail à froid, du banc de verrier à l'atelier de taille et de gravure, du soufflage à la canne de la paraison à 1300 degrés au montage des pampilles de splendides lustres, des bureaux administratifs au service expéditions en passant par le laboratoire de recherche ; j'ai vu l'Amour du travail bien fait et la passion du partage de ce Beau si essentiel à la vie ; j'ai vu l'enthousiasme et la volonté de faire encore et toujours plus parfait ; j'ai vu la solidarité ouvrière et l'unité d'une communauté d'hommes et de femmes embarqués depuis 1745 dans une fabuleuse aventure humaine, sociale et... spirituelle.
Car il y a l'Esprit dans ce travail de magicien, d'alchimiste capable de transmuter le sable et le plomb en... Lumière !
Mais je sais aussi que, comme bien des fleurons de notre patrimoine qui servent à
gonfler le bas de laine de spéculateurs ultra-libéraux anglo-saxons, cette
superbe manufacture est en cours de dépeçage par une firme criminelle
états-unienne.
Tout le monde savait que la belle aventure humaine, artistique,
économique et sociale finirait mal entre les pattes de ces prédateurs
qui ont déjà détruit une bonne partie du savoir-faire et de l'esprit de
cette maison. Les élus me répondaient toujours quand je leur en parlais
: "Nous ne pouvons rien à cela... c'est du domaine privé !"
Or, quand
il est de valeur patrimoniale essentielle, économique et sociale de première
grandeur, quand il est le fruit du travail admirable d'une dizaine de
générations de femmes et d'hommes de chez nous, quand il est la preuve irréfutable d'une culture locale exceptionnelle et le résultat d'un savoir-être et d'un savoir-faire multiséculaire, le "privé" doit être
impérativement considéré comme du "public". Il l'est en réalité. Ce monument n'appartient pas de fait à celles et ceux qui s'en croient propriétaires. Il appartient à celles et ceux qui l'ont construit, nourri de leur sang et de leur sueur, enrichi de leur énergie, qui lui ont donné son rayonnement universel. Il n'est pas un bien ordinaire, encore moins vulgaire, qui se vend, s'achète, se brade. Il n'est pas une marque d'hôtels de grand luxe réservés aux nantis de ce monde de pauvres de plus en plus pauvres, et de riches de plus en plus arrogants. Il est un temple de l'humanité que tous et chacun doivent respecter, quels qu'ils soient, d'où qu'ils viennent.
Sa réquisition, son affectation au patrimoine vivant national, n'est pas un coup de force révolutionnaire dans le monde de la finance ; elles ne sont que la récompense du travail acharné des ouvrières, ouvriers,
agents de maîtrise et cadres près de trois siècles durant, et la juste
sanction appliquée à celles et ceux qui, à des milliers de kilomètres du
site, et à des années-lumière de la notion de qualité exprimés dans nos
ateliers, ne voient que le dollar comme objectif imbécile à leur vie.
Devons-nous attendre la mort de Baccarat entre les griffes et sous les crocs de fauves états-uniens ou chinois ? La transition politique française actuelle ne pourrait-elle pas s'illustrer de belle manière dans notre Histoire contemporaine en permettant d'agir fermement pour que cessent de tels comportements de "trumperie" internationale ? La manufacture de Baccarat peut et doit être sauvée par nous, Français, qui avons reçu d'elle un inestimable rayonnement international. Nous ne devons pas être condamnés à regarder se perpétrer l'assassinat en versant, pour quelques-uns, des larmes de crocodile, pour nous des larmes de... cristal ! Honte à ceux qui laisseront faire.
Devons-nous attendre la mort de Baccarat entre les griffes et sous les crocs de fauves états-uniens ou chinois ? La transition politique française actuelle ne pourrait-elle pas s'illustrer de belle manière dans notre Histoire contemporaine en permettant d'agir fermement pour que cessent de tels comportements de "trumperie" internationale ? La manufacture de Baccarat peut et doit être sauvée par nous, Français, qui avons reçu d'elle un inestimable rayonnement international. Nous ne devons pas être condamnés à regarder se perpétrer l'assassinat en versant, pour quelques-uns, des larmes de crocodile, pour nous des larmes de... cristal ! Honte à ceux qui laisseront faire.
Salut et Fraternité.
Souvenons-nous que, en 2011, Baccarat était la manufacture française la plus dotée en Meilleurs Ouvriers de France (MOF - titre prestigieux unique au monde), ces femmes et ces hommes porteurs de nos trois couleurs. Ils étaient, cette année-là, à leur poste, au nombre de... 22 !
Et n'oublions pas qu'il faut 25 ans d'apprentissage pour former un bon verrier/cristallier (alors qu'il suffit de quelques minutes pour faire d'un spéculateur, un... voleur !)
Souvenons-nous que, en 2011, Baccarat était la manufacture française la plus dotée en Meilleurs Ouvriers de France (MOF - titre prestigieux unique au monde), ces femmes et ces hommes porteurs de nos trois couleurs. Ils étaient, cette année-là, à leur poste, au nombre de... 22 !
Et n'oublions pas qu'il faut 25 ans d'apprentissage pour former un bon verrier/cristallier (alors qu'il suffit de quelques minutes pour faire d'un spéculateur, un... voleur !)
mardi 25 avril 2017
Présidentielle 1er tour
Une fois de
plus, un président de la République sortant a fait comme s’il ne comprenait
rien à l’état actuel de la France.
Pourtant, la
simple lecture d’une carte des résultats électoraux du premier tour de
l’élection que nous venons de vivre suffit à découvrir aujourd’hui la
silhouette écartelée de notre pays : face à une France de l’Ouest « en
marche », une France de l’Est « en colère ».
Comme, il n’y a
pas si longtemps encore, un Paris-Auteuil-Neuilly bourgeo-aristocratique cher à
Thiers, confronté au Paris-Bastille-Batignolles prolétaire cher aux Fédérés de
la Commune.
Il n’est pas
nécessaire d’être sorti de la botte de l’ENA pour se rendre compte que la
France en rose (ouest) n’est autre que celle de l’aménagement du territoire,
tandis que celle en bleu (est) est celle du déménagement du territoire.
Voici deux
exemples éloquents : avec l’accord du pouvoir central, Nantes soigne à
Notre-Dame-des-Landes son projet d’aéroport international gigantesque dont les
pistes plongent dans l’Atlantique, et la SNCF met en service son nouveau TGV
Paris-Bordeaux destiné aux vacanciers parisiens en partance pour la côte
d’Aquitaine… tandis que, aux portes de l’Europe, Metz et Nancy doivent se
contenter d’un aérodrome régional a dimension lilliputienne, et que la SNCF ferme
la ligne de chemin de fer qui desservait Mirecourt, capitale de la lutherie, et
deux stations thermales de renommée mondiale : Vittel et Contrexéville.
Cherchez
l’erreur !
De tels exemples
prouvent, si besoin était, que le choix institutionnel est évident.
D’un côté, une
façade maritime riche de son littoral, de ses côtes à plages, ports de
plaisance, casinos, et de son tourisme parisien enraciné tant à Deauville, qu’à
Belle-Île-en-Mer, Royan ou Arcachon… de l’autre des régions frontalières
austères rabotées par toutes les guerres, disputées par l’Histoire, semées de
ruines, de cimetières militaires et de friches industrielles.
D’un côté, une
« élite » conquérante et dominatrice qui a fait de la politique son
métier et/ou sa rente (Juppé, Chirac, Hollande, Raffarin, Ayrault, Le Drian,
Sarkozy, Balkany…), conteurs d’étranges fables, au regard sans cesse tourné
vers un ouest lointain dont Washington est la capitale… de l’autre des citoyens silencieux et
résistants aux occupations, ouverts sur l’Europe des peuples qu’ils fréquentent
depuis la nuit des temps, dont ils partagent les valeurs économiques et
sociales, culturelles et spirituelles.
D’un côté, de
prétendus républicains attachés à leurs privilèges, disposés à collaborer avec
l’Union européenne à condition qu’elle soit française, atlantiste et inféodée
aux Etats-Unis via la nouvelle autorité de l’Allemagne… de l’autre des
populations attachées à la Croix de Lorraine chère au général de Gaulle, des
citoyens ordinaires qui, sur décision du Premier Consul Bonaparte impressionné
par leur courage et leur conscience civique, ont donné à la belle place royale
de Paris le nom de leur pays « Place des Vosges », et à l’Europe son
père : Robert Schuman.
D’un côté les dominants, de l’autre les soumis.
Et que dire de
la couverture de la France d’Est par les « hauts fonctionnaires » ?
Quel énarque
sorti en haut rang de sa couveuse artificielle préférera la sous-préfecture de
Sarreguemines à celle de Biarritz, celle de Sedan à celle des Sables- d’Olonne,
la préfecture de Belfort à celle de La Rochelle ? Les derniers de
promotion -qui ne sont pas les moins ambitieux- n’ont pas le choix. Il leur
reste les rebuts d’affectations, et arrivent dans ce grand orient de France
avec la ferme intention d’y rester le moins longtemps possible, déterminés à
l’excès de zèle paralysant, condition d’une éventuelle promotion, promesse de
jours meilleurs sous un soleil plus chaud.
Et que dire de
la couverture de cette France d’Est par les médias qui n’y promènent leurs
plumes, micros et caméras que pour des crimes, des catastrophes subies ou
annoncées, comme si le beau, le grand, l’authentique, le bien vivre ne se
trouvaient que de l’autre côté ?
Telles sont les
deux essences d’une France contemporaine déchirée.
Tel est
l’affrontement actuel exprimé par le vote de dimanche dernier, encore pacifique
et citoyen, mais… pour combien de temps ?
Car… combien de
temps encore les sacrifiés de l’Est supporteront-ils de s’entendre donner des
leçons de fidélité à la République par des Présidents et leurs complices qui la
trahissent au quotidien en n’accordant pas à tous les territoires la même
attention, et à toutes les populations le même intérêt ?
Ce qu’ont
exprimé les gens du Nord, de l’Est, du Sud-Est, de Dunkerque à Marseille, en
passant par Epinal, Nevers et Valence, c’est une colère légitime, une révolte
naissante provoquée par le développement des zones blanches, l’abandon grave des
services publics, la nouvelle désertification rurale, les inégalités de
traitement en matière de soins médicaux, les privilèges éducatifs urbains, la
désindustrialisation violente, la détresse paysanne, le vide culturel que ne
compensent pas les ostentatoires centre Pompidou de Metz ou du Louvre Lens. Ce
qu’ils dénoncent, c’est le mépris affiché par les dirigeants de droite (où
est-elle ?) comme de gauche (existe-t-elle encore ?) qu’ils
ressentent chaque jour davantage comme une insulte. Ajouter à ce ressenti
l’invitation présidentielle à « voter républicain » dans quelques
jours, c’est ajouter à ce mépris ressenti et à ces insultes une dose d’insupportable
manipulation en direction de ceux que ces « élites » prennent pour de
dociles imbéciles.
Nos
professionnels de la politique, résidents des palais nationaux, assistés du
Trésor public qui les loge, les chauffe, les nourrit, les promène (parfois les
habille, les coiffe et leur cire les chaussures) doivent savoir que les gens du
Nord, de l’Est, du Sud-Est qui n’ont pas voté pour eux et leurs représentants
appointés ne sont pas des fachos, des anti-républicains, des anti-européens,
des empêcheurs de « vivre ensemble ». Ceux qui ont recueilli leurs
suffrages doivent savoir, eux-aussi, que ces électeurs ne sont pas exclusivement
des leurs, qu’ils ne se réjouissent pas des perspectives de repli sur soi et/ou
d’affrontements idéologiques, d’exclusion de celles et ceux qui, venus
d’ailleurs, paraissent différents alors qu’ils sont des femmes et des hommes en
tous points semblables à eux-mêmes, qu’ils admettent la monnaie fédérale à
condition qu’elle serve d’autres intérêts que ceux des spéculateurs.
Souvenons-nous : le rejet a toujours fait le nid du pire ! Et les outrances
sont de partout, hélas ! Ces gens du Nord, de l’Est, du Sud-Est n’en
veulent pas. A l’opposé de ce qu’imaginent les déçus ou les réjouis du premier
tour : ces gens sont des citoyens qui enragent de voir la République
assassinée par ceux qui prétendent la représenter, qui assènent des leçons
indignées en son nom.
Tous ces
comédiens de la scène politique devraient se souvenir aujourd’hui que cette
grande fracture de notre pays est leur résultat de plusieurs décennies de
gouvernance clientéliste, communautariste, de classe, de préférence régionale
et de déficience économique et sociale, de mépris de la justice, de sabotage de
l’école, de soumission à des groupes de pression trop souvent peu honorables, de
manipulation imprudente de la notion de laïcité, d’ignorance de la fraternité.
N’étaient les
enclaves de la nouvelle banlieue parisienne que sont la région lyonnaise et les
Alpes de Megève, c’est presque toute la France située au nord et à l’est d’une
ligne reliant Rouen à Perpignan qui n’en peut plus d’être reconnue comme
existante seulement en période électorale, qui n’en peut plus d’être ignorée
bien que payante, qui exprime sa colère dignement encore, en parfait respect
des valeurs de notre République, et en toute responsabilité citoyenne.
Dans ces régions
sacrifiées, on veut pouvoir aller à Vittel autrement qu’à pied ou à cheval, communiquer
du Mont Aigoual au Ventoux autrement que par des signaux de fumée, se rendre chez
le médecin autrement que virtuellement par le truchement de l’ordinateur, à
l’école sans traîner des heures durant, chaque jour, dans des autocars
improbables, chez l’opticien sans redouter le montant de la facture, à la poste,
chez le boulanger, à la gare, à la mairie, au musée, au cinéma et au théâtre, à
l’usine, à l’atelier, au bureau… en toute liberté et en sécurité. Les richesses
produites par leurs travailleurs le permettraient si elles n’étaient pas
prélevées à la source par des actionnaires toujours plus avides, ponctionnées
dès leur naissance par des fonds de pension et d’investissement étrangers qui
en sucent tout le sang avant d’en jeter le cadavre, ou produites par des
paysans que des intermédiaires spéculateurs poussent au suicide.
Qui,
aujourd’hui, peut me dire ce qu’il adviendra de Baccarat ou d’Alsthom dans les
cinq années à venir, ce qu’il adviendra surtout de leurs ouvrières et ouvriers,
ce qu’il adviendra demain de nos éleveurs, maraîchers, céréaliers, de nos
artisans, de nos créateurs, de nos artistes… qui ?
Durant les jours
cruciaux à venir, les orateurs officiels ou officieux, professionnels
politiques de tous les horizons, « politologues », « experts » de toutes les sciences
prédictives ou… addictives, auront beau changer de mots, de ton et de regard,
ils ne pourront pas arracher de notre livre d’histoire contemporain les pages
qui témoignent de leur responsabilité dans la situation dramatique que connaît désormais
notre pays.
Ils ont,
eux-mêmes, tendu le piège qui les emprisonne aujourd’hui et nous condamne à
jouer la tragique comédie d’un choix électoral impossible.
Trouverons-nous,
ensemble, sans eux, les clés pour en sortir ?
Il suffit de
regarder la carte des résultats…
Salut et
Fraternité.
Lecture de la carte du ministère de l'Intérieur :
rose Macron - bleu foncé Le Pen - bleu clair Fillon - ocre Mélanchon
jeudi 2 février 2017
Livre numérique... livre papier ?
Livre numérique... livre papier ?
Dès le premier regard, son charme m’emprisonne !
Qu’il soit grand ou petit, de couleur ou blafard,
De glace lumineuse ou de satin sans fard,
Il empoigne mon cœur et mon corps. J’en frissonne !
Alors, j’ose la main. Alors, énigmatique,
Il s’ouvre à la caresse, il se livre, il se donne,
M’invite à oublier le temps et ma mignonne,
Me découvre son âme et sa ligne érotique…
Oserai-je vous dire d’où il vient, ce qu’il est ?
Aimer, c’est partager ! Alors, aveu magique,
-Vous le répéterez à l’humain sympathique !-
Je peux vous murmurer son nom : « livre papier ».
Un jour d’égarement, j’ai voulu le tromper,
Avec un… numérique, écran à tripoter !
Mais j’en suis revenu, la rétine en rognonne.
Alors, il m’a repris sans un mot de reproche,
S’est ouvert à Verlaine, à son ciel, à sa cloche,
A l’amour Liberté ! Je sais qu’il me pardonne.
©Gilles Laporte 2017 SACEM
dimanche 8 janvier 2017
Campagne électorale 2017
Au bruit de leurs sabots, ils sont partis en guerre
Suivis de godillots écharpés des couleurs
D’un drapeau lessivé par des flots de misère.
Ils se chauffent la voix ; ils mâchonnent des fleurs
Qu’ils offrent en marchant.
Des gens leur prêtent plume et nom qu’ils asservissent,
D’autres cirent leurs pompes à l’étape du jour,
Tandis que des valets rompus à leur service
Tentent de transmuter leurs rots en mots d’amour
Qu’ils mâchent en bêlant.
Ils signent des livrets qu’ils n’ont jamais écrits,
Clament des airs martiaux qu’ils n’ont pas composés,
Haranguent les cohues qu’ils ont pourtant meurtries,
Leur promettent l’Eden qu’ils ont déjà ruiné…
Et vont en souriant.
Leur désir les précède et les suit pas à pas :
Le maroquin, le siège, un perchoir, une estrade.
Leur langage est de bois, leur onction de prélat ;
Ils bénissent leurs ouailles sur un air de ballade,
Se voient déjà régnant.
Un rien leur fait honneur, un moins que rien les gave.
On les flatte, on les brosse… ils aiment, se rengorgent.
Dans leurs cités on meurt de froid. Pour eux, le grave
Est d’abord et surtout le destin qu’ils se forgent
Sur le feu des mendiants.
On dit qu’il en fallait, qu’il en faut, en faudra
De ces guerriers nourris loin des lignes du front.
On veut nous faire croire que, pour nous, les beaux draps
Sont promis si un jour nous leur faisons l’affront
De vivre en les chassant.
On dit dans les gazettes et sur l’onde servile
Que l’espoir est en eux, qu’ils sont notre avenir.
Dans les palais dorés, loin des campagnes "viles"
On promet le bonheur avec eux, et le pire
Sans eux. "Gloire aux sortants !"
Au bruit de leurs sabots, ils sont partis en guerre
Suivis de godillots écharpés des couleurs :
Bleu de ciel, blanc de neige, rouge du sang des pères.
Ils se prétendent seuls à brandir la valeur
Héritée sans talent.
Peuple, allons, debout ! C’est assis qu’ils nous voient.
Dressons-nous d’un seul corps, et précédons leurs pas.
C’est à nous, citoyens, de leur ouvrir la voie
Du devoir, du respect, et… d’un juste trépas
S’ils trompent en mentant !
Salut et Fraternité.
image : Delacroix La Liberté guidant le peuple - 1830
dimanche 13 novembre 2016
Malek CHEBEL... le velours de ta voix.
Cher Malek,
Nous ne sous saluerons plus sous
les chapiteaux peuplés de libraires, de lecteurs et d’auteurs, quelque part en
France.
Notre rencontre date de plusieurs
années, au salon du livre de Nice.
Le libraire nous avait installés
côte à côte.
Ton rayonnement m’impressionnait,
et ton calme, et ton sourire généreux.
Tu as tourné vers moi ton regard
bienveillant.
Tu m’as salué.
Alors, je me suis approché de
toi, et nous avons parlé.
Nous nous sommes retrouvés
souvent, toujours au milieu des livres et de leurs amoureux.
La dernière fois que nos mains se
sont jointes, voilà quelques petits mois, tu as accepté d’être l’invité futur
de l’un des dîners littéraires que j’anime chaque mois à Vittel.
Mais j’avais lu des traces de
fatigue sur ton visage.
Tu ne viendras pas.
Je garderai de toi le souvenir
d’un Homme rare qui connaissait bien le sens des mots Fraternité et Fidélité.
Toi, le lecteur, l’analyste
assidu du Coran,
Toi qui nous as révélé dans ce
Texte sacré toutes les invitations à partager l’Amour,
Toi qui as rendue évidente la
puissance de Paix d’un Islam authentique,
Toi qui as mis en pleine Lumière
le Féminin, essence même de toute vraie spiritualité…
Tu viens de quitter la scène au
moment même où notre monde a le plus grand besoin de ta présence.
Ta pensée vive va nous manquer.
Mais tu nous laisses des dizaines
d’études et de livres, fruits d’une vie de travail tout entière offerte à
l’humanité sans réserve d’énergie aucune.
A nous de continuer maintenant
dans les voies que tu as ouvertes, de respect de tous par chacun, et de chacun
par tous.
Merci, mon cher Malek.
Je n’oublierai jamais le velours
de ta voix.
Bon Chemin !
Salut et Fraternité.
samedi 5 novembre 2016
SNCF... Marre sur toute la ligne !
SNCF… Marre sur toute la ligne !
Sous la présidence de Guillaume
Pepy, au prétexte qu’elles ne sont pas suffisamment utilisées, la SNCF vient d’annoncer la
fermeture de deux lignes ferroviaires du nord-est : Nancy/Merrey et
Saint-Dié-des-Vosges/Strasbourg. Les trains seront remplacés par des autocars,
peut-être même par des diligences (comme, à la Poste, les facteurs remplacés
par des pigeons voyageurs !)
Il est bien évident que, quand on
est né dans une famille de la haute bourgeoisie de Neuilly-sur-Seine, quand on
a fait ses études dans des écoles privées fréquentées seulement par des filles
et fils à papa proches déjà des lieux de pouvoir, quand on a pour expérience de
vie sociale celle très riche que procure l’ENA, quand on a pour connaissance du
pays, de ses profondeurs et de ses populations celle qu’offre la traversée des
campagnes à 320 kilomètres/heure à bord de TGV (gratuits pour lui !), on
peut se dire que supprimer des lignes de chemin de fer du fin fond du pays n’a
aucune conséquence sur sa vie quotidienne !
Mais quand on bosse à cinquante
kilomètres de chez soi, quand on vit à Mirecourt ou à Saales, quand on n’a pas
les moyens de se faire transporter au frais de l’Etat dans de confortables
limousines, quand on est élu et que l’on travaille à la mise en valeur
économique des campagnes de France, quand on est entrepreneur et que l’on veut
créer une activité ou une nouvelle unité de production, on se rend compte que
le train est indispensable, comme tous les autres services publics.
Et quand on a la curiosité (ou le
courage) de repérer sur une ligne ferroviaire des lieux aussi extraordinaires
que Mirecourt (déjà cité-hier encore capitale de la lutherie), Vittel et
Contrexéville (centre thermaux qu’il est inutile de présenter, sauf aux natifs
et résidents de Neuilly qui n’ont pour horizon que le bois de Boulogne et les
palais présidentiels parisiens), on peut se dire qu’il faut y réfléchir à deux
fois avant de prendre une décision lourde de conséquences de tranchage du
cordon ombilical.
Hier, c’était la suppression des arrêts
en gare de Neufchâteau et l’obligation faite à ses habitants et à ceux de la
région de seulement regarder passer les trains en ruminant…
Aujourd’hui, c’est plus
radicalement encore, l’obligation de transformer l’ancienne voie ferrée en…
piste cyclable pour d’improbables touristes, voire en route d’exode comparable
à celui vécu en d’autres temps dans notre pays !
Les Vosgiens, les Lorrains, les
Alsaciens, les Français dits « ruraux » (par distinction avec les
prétendus « urbains ») en ont marre !
MARRE d’être considérés comme des
sous-citoyens dans un pays républicain dont la devise officielle est toujours,
jusqu’à preuve du contraire : « Liberté – Egalité –
Ftarernité » !
MARRE de constater chaque jour
davantage qu’une poignée d’individus qui émargent à 450 000 euros d’émoluments
par an, sans compter les avantages en nature attachés à leur fonction, prennent
des décisions qui les privent de ce qui leur est essentiel et vital : le
SERVICE PUBLIC !
MARRE de ce retour aux privilèges
de quelques-uns développés au détriment de tous les autres condamnés à se
satisfaire des miettes d’un gâteau pourtant produit par tous.
MARRE de constater que des
dirigeants prétendus « grands » d’entreprises nationales ne font pas
le travail (royalement rétribué) confié à eux par les citoyens (qui les paient),
laissent se dégrader les équipements publics au point de n’avoir plus d’autre
solution (disent-ils) que de les… fermer !
Dans n’importe quelle entreprise
privée, on parlerait, à juste titre, d’incompétence.
Or, cette incompétence est
contagieuse !
Aujourd’hui, ces gens qui n’ont
pas fait leur boulot décident de remplacer les trains par des autocars parce
que -disent-ils, reconnaissant implicitement leur incurie- les voies ferrées
souffrent d’un manque d’entretien chronique.
Demain les routes (déjà très
malades à cause de l’étranglement des finances locales par l’Etat !) ne
supporteront plus la circulation sans risques de ces autocars de remplacement.
Alors, les clones de ces « grands
serviteurs de l’Etat » supprimeront ces autocars et fermeront ces routes.
Alors, dans nos campagnes des
Vosges, de Lorraine, d’Alsace, de France, nous irons à vélo (à condition
d’avoir encore les moyens d’en acquérir, puisque les entrepreneurs ayant quitté
ces lieux de mort sociale, il n’y aura plus de travail dans ces déserts, donc pas
de salaires), ou à cheval nourri à l’avoine de Monsanto !
Autrefois, Vittel, station
thermale de notoriété mondiale, était accessible par avion. La piste de
l’aérodrome sacrifié aboutissait presque au seuil de ses hôtels bondés.
Aujourd’hui, Vittel souffre d’un
train cacochyme qui la jette au bout du monde connu.
Demain, accessible uniquement par
des chemins montants, sablonneux, malaisés (merci La
Fontaine ), cette belle station thermale finira de mourir avec
sa sœur Contrexéville au milieu des vestiges de leur splendeur passée, leurs
populations avec elles.
MARRE de ces assassinats de régions à
répétition !
MARRE, Monsieur Pepy !
Même si, loin de vos palais, nous
pouvons passer pour des citoyens de seconde zone, souvenez-vous que…
NOUS, gens des campagnes de
France, NE SOMMES PAS DES
SOUS-CITOYENS !
Le souvenir de Brétigny-sur-Orge
vous fait peur ?
Alors mettez-vous au boulot pour
éviter de nouvelles catastrophes en assurant aux Français le service public
auquel ils ont droit.
Nous vous en saurons gré.
A bon entendeur…
Salut et Fraternité !
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