mercredi 22 avril 2015

Arts et Lettres Assemblée nationale 8 avril 2015

Ce jour-là, 8 avril 2015, à 16h15, en l'hôtel de la Questure de l'Assemblée nationale, la Ministre de la Culture et de la Communication, Madame Fleur Pellerin, épinglait sur ma poitrine les insignes de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres. 
EMOTION...  partagée avec le député des Vosges Christian Franqueville  ordonnateur de la cérémonie, André Henri, ancien ministre, mes éditeurs, auteurs amis, et quelques proches Vosgiens/Lorrains de Paris.
Voici l'éloge prononcé par la Ministre :

Cher Gilles Laporte,
 Vous aimez, dites-vous, « mettre vos pas dans ceux de vos héros, raconter leur histoire, partager leur vie et leur passion par … le cœur, par l’émotion ! ». Ces héros, ce sont ceux de votre pays vosgien natal, ces hommes et ces femmes qui ont écrit notre histoire et dont vous avez fait votre première matière romanesque.
Né dans une famille d’ouvriers de filature, vous êtes, ainsi que vous aimez à le dire, « de cette foule des humbles que les puissants de tous les régimes se plaisent à épuiser». L’arme de votre révolte ? Votre plume, alerte et acérée, qui porte haut l’histoire et le destin de nos semblables, devenus sources d’inspiration pour des générations de lecteurs.
Dans ce genre historique où vous excellez, vous racontez la chute, puis la destruction, de la ville de La Mothe, en Lorraine, pendant la guerre de Trente Ans. Après avoir consacré de remarquables biographiques aux grands de ce monde, dont Chopin, vous vous attachez à l’incroyable destin des femmes du peuple : Julie-Victoire, première bachelière de France, qui s’est battue pour la défense des droits des femmes, mais aussi Aurore Mongel, championne de natation originaire d’Epinal ou encore cette Lorraine qui voulait devenir institutrice, au tournant du XIXe et du XXe siècles, sans que sa condition sociale le lui permette, et qui sera éclusière sur le canal de l’Est.  
Attaché à une région dont vous savez si bien rendre la beauté et l’histoire, vous avez mis votre talent au service des destins extraordinaires et des vies humbles, des bonheurs et des tourmentes de tout le peuple vosgien. Parce que vous racontez comme personne ces histoires dans lesquelles chacun peut se reconnaître et qui font vivre la mémoire de toute une région, parce que  vous incarnez la force et la vitalité de la littérature de nos territoires, la République des Arts et des Lettres vous adresse toute sa reconnaissance.

Cher Gilles Laporte, au nom de la République française, nous vous faisons Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.


Ma réponse :

Madame la Ministre
Monsieur le Député, cher Christian,
Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

Mes premières pensées, en ce jour, en ce lieu, sont pour mes parents, ouvriers de filature des Vosges, disparus depuis quelques années, qui auraient été très émus de partager avec moi, avec nous, ce moment émouvant.
Ils m’ont transmis les valeurs essentielles qui sous-tendaient leur vie : amour du travail quotidien et bien fait, sens du service civique et de la citoyenneté. Dans leurs traces, je me considère depuis toujours et pour toujours comme un ouvrier des Lettres.

Mes pensées vont aussi à mes maîtresses et maîtres d’école qui, par leur talent de pédagogues et leur amour de la République ont contribué, à leur tour, à faire de moi ce que je suis.
Madame Yvonne Jungen, tout d’abord, qui, dès mes premières années d’école primaire à Igney, m’a invité à partager sa passion de la langue, m’a fait goûter ses subtilités, sa profondeur, ses harmonies. Elle a si bien réussi que j’ai décroché le Prix de lecture au Cours élémentaire première année, et reçu ainsi mon premier livre (lire était considéré comme une occupation de fainéant dans ce milieu, à cette époque) : le Don Quichotte de Cervantès, en édition illustrée pour enfant. J’ai lu, relu des dizaines, des centaines de fois ce livre en me répétant que j’aimerais, un jour, pouvoir écrire des histoires comme celle-là ! Dans sa classe, je suis tombé amoureux de notre langue (peut-être aussi de la maîtresse !)
Puis j’ai eu la chance de rencontrer des professeurs remarquables, dont Joseph Martynciow, professeur de français au collège de Thaon-les-Vosges, arrivé de Pologne pour aimer passionnément notre langue et la faire maîtriser avec élégance et efficacité par ses élèves.
Le philosophe Raymond Ruyer à la faculté de Nancy, Vosgien lui aussi, l’un des penseurs les plus prestigieux de notre temps, dont les nombreux écrits sont malheureusement oubliés aujourd’hui. Par l’intensité et la clarté de sa réflexion, ce maître à élargi à l’infini le champ de vision de plusieurs générations d’étudiants.
Que tous soient remerciés, en ce jour, en ce lieu prestigieux, y compris les nombreux enseignants auxquels je dois beaucoup, que je n’ai pas cités.

Je tiens aussi à rendre hommage à mes éditeurs, à la grande et belle famille des Presses de la Cité en particulier, représentée ici par sa Directrice générale Anne-Laure Aymeric, sa Directrice littéraire Clarisse Enaudeau, et l’attachée de presse Laetitia Matuzik ; retenu en province par des obsèques, notre Président-directeur-général Jean Arcache, est avec nous par la pensée, tout comme Sophie Lajeunesse Directrice éditoriale et l’équipe éditoriale tout entière, dont Carole Collin, Sophie Thiébaut et Isabelle Dupré. Merci à toutes et à tous. Le travail avec vous est un bonheur toujours renouvelé.
Sans mariage heureux auteur-éditeur, le livre n’existe pas !

Que les femmes qui m’accompagnent au quotidien dans mon aventure de vie et littéraire soient également honorées en ce jour et en ce lieu, toutes les femmes, d’ici et de partout. Elles sont les personnages principaux de tous mes livres parce que, depuis trop longtemps, les grandes oubliées -pour ne pas dire méprisées- de l’évolution sociale. Toutes les inégalités, toutes les exclusions me sont insupportables, celle-là en particulier, celle-là d’abord. Comment se prétendre défenseurs de la belle devise républicaine gravée au fronton de tous nos bâtiments officiels LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE si nous acceptons -pire pratiquons !- la discrimination basée sur la seule différence organique ou de racines ?  Dans mes livres, la femme côtoie l’ouvrier, le paysan, le petit, le sans-grade, l’humble, ces gens du peuple qui sont l’essence même de notre société, parce qu’elle en est l’origine et l’espoir.

Souvent, lors de mes nombreuses interventions en milieu scolaire –rencontres pour moi très importantes car prolongement de mon acte d’écriture en direction de celles et ceux qui prendront notre relève- la question m’est posée : « Pourquoi écrivez-vous ? » Ma réponse est toujours : « Je n’écris pas pour distraire mes contemporains, pour les aider à s’endormir s’ils souffrent d’insomnie. Mes livres ne sont pas un substitut du Lexomil. Je n’ai pas, non plus, la prétention de délivrer un ou des messages. J’écris pour mettre en scène l’Histoire, témoigner et participer, par ma plume, à la marche en avant de notre société, pour apporter ma pierre à l’édifice social commun, pour, dans la délirante évolution de notre temps, contribuer à la survie de la prodigieuse et vitale aventure du livre.

Permettez-moi, pour conclure, de vous offrir cet extrait de discours prononcé par le poète espagnol Federico Garcia Lorca lors de l’inauguration de la bibliothèque de son village natal Fuente Vaqueros en septembre 1936 :
Des livres ! Des livres ! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer: "Amour, amour", et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis. Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : " Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas! ". Il avait froid,  ne demandait pas le feu ; il avait une terrible soif, ne demandait pas d'eau… il demandait des livres, c'est-à-dire des horizons, c'est-à-dire des marches pour gravir la cime de l'esprit et du cœur ! Parce que l'agonie physique, - biologique, naturelle d'un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l’agonie de l’âme insatisfaite dure toute la vie !
"La devise de la République doit être : la Culture !".
La culture, parce que ce n'est qu'à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes auxquels se confronte aujourd'hui le peuple plein de foi mais privé de lumière.
N'oubliez pas que l'origine de tout est la lumière

Permettez-moi de saluer aussi, et remercier, Monsieur Christian Poncelet, ancien ministre, ancien président du Sénat, ancien président du Conseil général des Vosges, initiateur de la démarche qui nous rassemble aujourd’hui.

Merci, Madame la Ministre,
Merci, Monsieur le Député Christian Franqueville, mon cher Ami,
Merci à vous toutes et vous tous.
La Ministre attentive... 
   Avec Ch. Franqueville -député,et A. Henri - ancien ministre
 
     Avec l'état-major des Presses de la Cité : A-L Aymeric Directrice générale, C. Enaudeau Directrice littéraire, L. Matusik attachée de presse
                                                                    
Avec Bernard Visse, mon successeur à la présidence Erckmann-Chatrian, et Jean-Paul Rothiot, historien et ami, mon "jumeau" décoré du jour.
MERCI, du fond du coeur.
Et merci à vous toutes et vous tous, amies et amis, qui m'avez adressé des mots chaleureux que je n'oublierai jamais.
Salut et Fraternité !

jeudi 2 avril 2015

En prison...

Jeudi, 26 mars 2015.
9h30.
Les mains dans les poches, sur le plateau du Haut-du-Lièvre, j’arpente le parc auto débordant de la prison (baptisée pudiquement « Centre pénitentiaire ») de Nancy battu par une bise glaciale et cinglante. J’ai eu du mal à me garer. L’affluence y est celle d’un supermarché le samedi après-midi. C’est dire le succès de l’établissement !
J’attends Marie-Odile, de la Médiathèque-Manufacture, et ses beaux complices en passion du livre et humanité. Ensemble, ils ont créé et animent un Club de lecture à destination des « clients » de cet « hôtel » un peu particulier.
Ils arrivent, m’introduisent dans l’espace accueil, au milieu des familles et proches pressés et fébriles en route vers le parloir.
Comme pour un embarquement d’aéroport, des femmes et hommes en uniforme m’invitent à déposer au guichet ma carte d’identité et mon téléphone portable, puis à me présenter au portique de détection des métaux. Impression de partir en voyage. Mais quel voyage ! Je me dépouille de  mes ornements métalliques heureusement rares, ma montre, les confie à la machine dans un panier, passe sous le joug… ça sonne ! On m’invite à retirer ma ceinture (au risque de me faire perdre mon pantalon, puis de me faire incarcérer pour exhibitionnisme !)… ça sonne ! Me déchausse, dépose mes souliers dans le panier… ça sonne ! Nous nous demandons ce que je peux encore bien retirer, sauf à me retrouver à poil, fais mes poches, du haut, du bas, propose de déposer dans le panier mon bridge et ma couronne (si peu royale !)… on m’en dispense… je refais une tentative… miracle : ça passe !
Dans l’enceinte maintenant, je me rechausse, me rhabille, emboîte le pas à mes guides du Club lecture et surveillants, franchis des portes verrouillées, traverse des cours balayées par la bise malgré les hautes clôtures et le filet tendu au-dessus de nos têtes, franchis d’autres portes, emprunte des couloirs. Au passage, on me montre une peinture exécutée par un détenu, belle et forte œuvre peinte avec les tripes et le cœur. J’aime !
Dans la salle enfin atteinte, ils et elles sont là, une quinzaine de personnes, détenues, détenus et personnel. Ils ont réglé les derniers détails en m’attendant (alignement des chaises, place du « conférencier » et de la caméra…)
La rencontre a été préparée, mes livres lus… un détenu a même confié à des proches des recherches me concernant sur internet. C’est lui, un grand gaillard, costaud, au sourire rayonnant, des papiers plein les mains, qui ouvre le bal des questions. Il m’en posera des dizaines, toutes plus pertinentes les unes que les autres : d’où je viens, ma naissance, ma famille d’origine, mes études, mes méthodes d’écriture, mes livres… souvent très émouvantes. Surprise : il en sait presque plus sur moi que… moi-même ! Les autres écoutent, osent de temps en temps une question complémentaire, comme cette jeune femme, au premier rang, au regard intense, suspendue aux paroles de mon examinateur et aux miennes, qui interviendra discrètement à plusieurs reprises, comme gênée de le faire, pour des remarques d’une belle qualité poétique, philosophique et spirituelle.  
A son côté, une autre femme, plus âgée, silencieuse, les mains nouées sur ses cuisses, me fixe intensément sans un mot. Son regard sur moi, deux heures durant, me fouille, me donne l’impression qu’elle cherche à comprendre ce que je suis, ce que je dis, ce qu’elle… fait là ! On me confiera, à la fin de la rencontre, qu’elle est étrangère, qu’elle ne maîtrise pas notre langue. Peut-être n’a-t-elle pas tout compris. Mais je sais, à la brûlure de son regard sur moi, qu’elle a tout senti !
Midi approchait quand les surveillants nous ont fit signe de conclure.
Nous avions passé deux heures comme… deux minutes !
Deux heures de partage dans ce lieu impersonnel, au cœur de la prison, deux heures de presque intimité, deux heures de fraternité enracinée dans une étrange communion scellée par l’amour des mots et de la belle langue, l’échange des regards, des mots, des connaissances, et la fusion des émotions.
Je ne sais pas, ne saurai jamais pourquoi elles/ils sont là, celles et ceux qui ont vécu avec moi cette matinée hors du temps et des espaces de jugement, quelle faute ou quel crime elles/ils ont commis, depuis combien de temps elles/ils sont là, pour combien de temps encore, mais je sais qu’ils m’ont offert un moment d’intense réflexion et de belle humanité dont je ne suis pas sorti, dont je souhaite ne jamais sortir.  
Au guichet, j’ai récupéré ma carte d’identité, mon téléphone portable. Puis j’ai remis le nez dehors. Curieusement, le vent ne m’y parla pas davantage de liberté qu’à l’intérieur. Il était le même, toujours aussi irrespirable, sec et tranchant !
Dans ma voiture, sur la route du retour, je me suis surpris à répéter en boucle, à haute voix, ces vers de Victor Hugo dédiés à Louise Michel :

Et ceux qui, comme moi, se sentent incapable
De tout ce qui n’est pas héroïsme et vertu
Qui savent que si l’on te disait : « D’où viens-tu ? »
Tu répondrais : « Je viens de la nuit d’où l’on souffre ;
Oui, je viens du devoir dont vous faites un gouffre… »

Allez savoir pourquoi !
Salut et Fraternité.

mardi 17 mars 2015

La ferme ! Et... vote !

Il était une fois une grande ferme au passé prestigieux, dont le modèle de fonctionnement avait été copié dans de nombreux pays, tant son rayonnement et la qualité de ses productions avaient été reconnus et appréciés.
Un jour, les anciens propriétaires s’étant retirés après avoir fait valoir leur droit au repos, arriva dans son confortable corps de logis un nouvel exploitant qui se mit à… exploiter.
Cet homme-là, célibataire en apparence, était accompagné d’une foule de ses anciens copains d’école qui tous prétendaient savoir : planter les choux à la mode… à la mode, s’occuper du troupeau de veaux, castrer les cochons récalcitrants, récolter le blé -tout le blé, surtout le blé !-, cultiver avec amour les plus grosses légumes du potager.
Logés dans les dépendances spacieuses et bien chauffées, tous ces admirables spécialistes entreprirent d’abord de vivre sur les réserves constituées à une époque fort ancienne puis, au terme d’un très long temps de réflexion, de réformer les manières de voir le quotidien de la ferme. L’initiative aurait pu être porteuse d’espoir si tous avaient pu voir. Mais, dans l’école dont ils étaient issus, à force de regarder le soleil dont ils se croyaient les enfants légitimes, ils étaient devenus aveugles « à l’insu de leur plein gré » !
De projet de réforme qui agitait dangereusement le troupeau de veaux, en projet de réforme qui rendait les cochons agressifs et couvrait de pustules les grosses légumes au seul effet de l’annonce, ils s’aperçurent que seule une modification fondamentale des plans d’exploitation et d’assolement pourrait leur garantir la survie à la tête de la ferme modèle.
Sans toucher à la récolte de blé qu’ils jugeaient essentielle, ils décidèrent donc de transformer les petits potagers en grands champs, l’écurie en étable, et les réduits en clapiers ! Mais les grondements étaient tels autour d’eux qu’ils jugèrent nécessaire de faire comme s’ils demandaient leur avis aux veaux, vaches, cochons, couvée. Un vote serait organisé. Ils avaient appris à l’école qu’il fallait toujours faire croire aux animaux et végétaux que, si les choses ne se faisaient pas dans leur intérêt, elles se faisaient toujours parce que leur qualité déclinait : ils en étaient la cause ! L’avis des grosses légumes leur ayant été favorable, à défaut d’avoir entendu celui des autres pourtant directement concernés, ils avaient donc lancé l’affaire.
Des candidats à la nouvelle gestion ayant été recrutés dans le troupeau, l’étable, l’écurie et les clapiers, il fallut passer au vote. Mais le malaise était grand car ni ces candidats, ni ceux qui devaient choisir parmi eux ces futurs responsables ne savaient ce qu’ils seraient dans la nouvelle organisation, ni ce qu’ils auraient à y faire, comment ils y vivraient, ce qu’ils mangeraient, où ils dormiraient, à quel abattoir ils seraient destinés ! Rares étaient ceux qui se sentaient concernés par cette consultation ou qui acceptaient de devenir complices de ce qu’ils percevaient comme une curieuse manipulation.
Alors, devant la mollesse de la réaction et la perspective d’une méchante déroute, les copains d’école du nouveau propriétaire sortirent de leurs dépendances, coururent porter la bonne parole dans les champs, les écuries, les potagers, les réduits, les clapiers… Les plus en vue d’entre eux, aiguisés par l’attrait d’un nouveau pouvoir, se précipitèrent sur des tribunes improvisées, tracteurs, charrettes, moissonneuses-batteuses pour y haranguer la foule, et s’y écharper violemment au sujet du partage du…  blé nouveau. Dans les heures ultimes de la campagne, on vit même deux de leurs prétendants chefs se battre comme des humains chiffonniers au milieu de la cour, parmi les poules amusées et les coqs indifférents, sous le regard ironique du molosse à l’attache en train de dévorer le contenu de sa gamelle à l’ombre du tas de fumier, tandis que, confiant en son équipe, dans le logis principal, le propriétaire s’entretenait avec des comédiennes de… la pluie et du beau temps.

Qu’est-il advenu ensuite ?
Nul n’a le droit d’imposer de fin à une histoire.
Pas même son auteur.
Surtout pas celle-là !
A chacun de se la raconter, voire de l’écrire, s’il le souhaite, pour lui, et/ou pour les autres.
N’en déplaise au cercle étroit de copains de la fameuse Ecole Nationale d’Aveuglement, pour être visible par tous, l’avenir doit rester l’horizon de voies ouvertes au large.
Au diable donc les impasses !
Mais, en attendant…
Pauvre France !
Salut et Fraternité.

lundi 2 mars 2015

Je sais que tu m'attends - Sabine REMY

      

      Sabine REMY vient de confier à son blog réputé "Les Lectures de Sabine" son avis sur mon roman "Je sais que tu m'attends". Le voici :     
      "Présentation de l'éditeur (Genèse Edition) :
      Alex et Laura vivent un amour sans nuage jusqu'au jour ou les vents jaloux envoient l'Alfa Roméo d'Alex se fracasser contre un arbre, sur la route de Saint-Brieuc.
 Le neurochirurgien Sébastien Lemire est formel : la médecine ne peut plus rien pour Alex ; en revanche, Alex peut sauver des vies. Pour cela, Laura n'a qu'à signer une autorisation de prélèvement d'organes . 
La jeune femme refuse, horrifiée.
 Décidé à la faire changer d'avis , Lemire recourt à la raison , aux menaces, à la séduction...
Bientôt, la vie de Laura n'est plus rythmée que par ses visites au chevet de son compagnon et ses rencontres avec le neurochirurgien . Au fil des semaines affaiblie par la douleur et son combat, Laura tombe dans le piège amoureux que lui tend Lemire. Mais qui manipule qui ?
Et la détermination du praticien à débrancher Alex n'a t-elle vraiment que des motivations médicales ?
Dans une Bretagne lumineuse , l'écriture sensible et délicate de Gilles Laporte nous entraîne dans les sombres méandres d'une manipulation amoureuse et pose avec finesse la question du don d'organes .
Mon avis :
Que dire de plus que ce livre est vraiment très bien écrit, magnifique plume poétique, une histoire dramatique avec une petite pointe d'érotisme dans certains passages.
L'histoire se passe en Bretagne avec ses décors bien décrits, des belles citations, la littérature est aussi bien présente  dans l’histoire. 
Laura  se rend au chevet d'Alex tous les jours, son amie Isabelle veut l'aider mais à sa manière très possessive et jalouse elle va lui mener la vie dure. Ensuite c'est le médecin Sébastien qui va la séduire mais pour quelle raison fait-il ça ?
  Alex qui est dans un coma profond (mort cérébrale). Elle ne croit pas tout ce qu'on lui dit et garde espoir pour sa guérison, elle sent qu'il est là, encore en vie. Une histoire très touchante, aussi pleine de passion et d'amour profond.
Vivant ou pas, ils veulent le débrancher mais une terrible manipulation cache un terrible secret.
Jusqu'à la fin j'ai été bluffé par l'intrigue de cette histoire et j'ai été énervé par certains personnages qui profitent de la faiblesse de Laura, sa vengeance sera foudroyante.
Je vous conseille à tous de lire ce très beau roman que je trouve fantastique.
Est-ce qu'on peut croire aux miracles ?
"
      Ecrire est un travail quotidien solitaire.
      Il est bon de se sentir moins seul, compris et soutenu.
      Merci Sabine, du fond du coeur.

mercredi 25 février 2015

Rencontre-dédicaces BAN-de-LAVELINE

BAN-de-LAVELINE
Samedi 28 février 2015
15h00
Bibliothèque, 14 rue du stade
  Rencontre avec
Gilles LAPORTE
 écrivain de passions

C’est l’occasion de faire plus ample connaissance avec cet écrivain lorrain, romancier, biographe, scénariste, conférencier, auteur attachant et sympathique, passionné par l'histoire, notamment des 19ème et 20ème siècles.
 Auteur de nombreux romans : 
Les dernières violettes de La Mothe - Les Anneaux de la Fiancée - Frédéric le roman de Chopin - Julie-Victoire, première bachelière de France - Le loup de Métendal - La fontaine de Gérémoy - Cantate de cristal -  Des Fleurs à l’encre violette - La Clé aux âmes -  Je sais que tu m’attends…
Dans ses livres et échanges avec ses lectrices et lecteurs, Gilles Laporte aborde de nombreux sujets légués par les anciens régimes, et invite à la réflexion sur des situations très contemporaines. L’évolution de la condition féminine dans notre société est de ceux-là. Tous ses romans rendent hommage à la Femme, et tous ses personnages sont traversés, modelés par l’Histoire, celle d’hier, celle aussi qui s’écrit aujourd’hui autour de nous.
Issu d’une famille vosgienne d’ouvriers du textile, il est très attaché à ses racines, met toujours en scène les humbles de notre pays, ouvriers et paysans. Il se présente toujours comme un « Ouvrier des Lettres. »
Et l’école… parce qu’il lui doit tout, il en parle dans presque tous ses livres. Il témoigne sans cesse de ce qui a été réalisé par cette école de la République, et revendique pour elle une meilleure place, une meilleure reconnaissance pour une plus grande efficacité dans notre monde contemporain.
Qui ne se souvient pas de son (sa) premier (ère) instituteur (trice) ?
Toujours heureux de partager un moment avec les lectrices et lecteurs, il se fera un plaisir de dédicacer ses livres, à l’encre violette, à l’issue de la rencontre.

lundi 23 février 2015

SANOFI : quatre millions à l'arrivée !

4 millions d’euros !
Tel est le cadeau de bienvenue offert par Serge Weinberg, président de SANOFI, à Olivier Brandicourt qui doit devenir, le 2 avril prochain, le directeur-général de son groupe.
Hier, les parachutes dorés servaient à amortir le choc au sol d'un patron suite à largage en haute altitude souvent consécutif à un douloureux constat d’incompétence.
Aujourd’hui, celui-là sert à rendre moelleuse l’aire d’atterrissage d’un homme qui, à l’importance de la prime d’arrivée, doit probablement être considéré comme providentiel.
Avant-hier, en un temps où le « modèle social français » était encore considéré comme l’un des plus vertueux du monde, les patrons avaient la décence de respecter un écart de salaire raisonnable entre leurs ouvriers, employés, techniciens, cadres, et eux-mêmes.
Demain, au train où vont les privilèges, sera rétabli l’esclavage imposé par des maîtres qui s’attribueront tous les fruits du travail de leurs troupes serviles rendues obéissantes par la menace constante d’un licenciement dont, à la demande du MEDEF, avec la complicité du Ministre de l’Economie, et la bénédiction présidentielle, les règles sont en cours d’ « assouplissement ».
Mais comment oublier que la fortune de SANOFI, si elle est le résultat d’une gestion financière « moderne », est aussi celui d’une équipe qualifiée de « patrons voyous » par le maire de Toulouse Pierre Cohen, accusée d’acheter la grande presse -ainsi que le révélait Le Canard enchaîné le 30 avril 2008- à coups de luxueux « voyages d’études », invitations à des tables prestigieuses, cadeaux somptuaires destinés à celles et ceux qui oseraient avoir l’idée saugrenue de remettre en question l’efficacité de tel ou tel médicament, ou de dénoncer les risques d’usage de certains autres produits par le groupe.
Comment oublier aussi que cette fortune se bâtit en grande partie, au quotidien, sur fonds publics, puisque sur le budget de la Sécurité sociale qui rembourse lesdits médicaments, Sécurité sociale alimentée elle-même par les cotisations de tous les assujettis ?
Comment donc ignorer que ces 4 millions de gâterie d’accueil attribués à Olivier Brandicourt sont pris, pour une très grande part, directement dans la poche des travailleuses et travailleurs de France qui cotisent à la Sécurité sociale ?
De dérive en dérive, de cas particulier en cas particulier de spoliation du peuple laborieux, le grand patronat finit par faire admettre comme presque « normale » une telle décision inique.
Hier, pour partir : Jean-Marie Messier (Vivendi), Daniel Bernard (Carrefour), ou Antoine Zacharias (Vinci)…
Aujourd’hui, pour arriver : Olivier Brandicourt (Sanofi)…
Demain, à l’arrivée, puis au départ : qui ?
Nul doute que nous sommes parvenus désormais à un niveau de captation de fortune sociale rarement atteint dans notre pays.
Nul doute que ne sommes qu’au début de ces malversations « légales » puisque les lois et règlements nouveaux, sous prétexte de faire de la France un pays dans le vent financier international, vont dans le sens d’une libéralisation renforcée. La « loi Macron », en faisant voler en éclats de nombreux repères (d’aucuns emploieraient ici le mot à la mode « marqueurs ») engage le pays dans cette voie. Privatiser les aéroports c’est ouvrir la perspective à de nouveaux parachutes dorés dont les montants seront révélés en leur temps ; condamner le service public (train) au profit du privé (autobus), laisser au patronat la libre appréciation des jours et du temps de travail (en arguant du volontariat), limiter le recours aux tribunaux prud’homaux sous prétexte de désengorger les services… (j’en passe et de pires !) c’est, au motif de permettre la création de nouveaux emplois, aller vers cette société de l’exploitation de tous par quelques-uns, vers ce monde injuste et antirépublicain que nos anciens ont eu tellement de mal à installer, puis à faire évoluer (ils ont payé le prix fort pour y parvenir !), retourner à cette époque redoutable qui ne connaissait qu’une seule règle… la loi de la jungle !
Qu’un régime dit « de gauche » ait accouché d’une telle vilenie issue tout droit de la conception ultralibérale anglo-saxonne a déjà de quoi surprendre.
Mais qu’elle soit présentée comme le seul remède possible à l’impéritie politique française de plusieurs dizaines d’années, toutes couleurs partisanes confondues, est à considérer comme une tromperie intellectuelle et morale.
Il se dit que, adolescent, le ministre Emmanuel Macron se rêvait comédien.
A défaut du Cours Florent, il a suivi la formation (!?!) de beau-parleur de l’ENA.
Après son passage millionnaire chez les dirigeants de la banque Rothschild, peut-être croit-il son rêve enfin concrétisé, et prend-il l’hémicycle du Palais Bourbon pour le théâtre des Bouffes du Nord, ou pour le Caveau de la République.
Mais la pièce qu’il est en train de jouer, écrite en collaboration par Pierre Gattaz et Manuel Valls, produite par François Hollande, avec Serge Weinberg, Olivier Brandicourt et quelques autres, n’a pas de quoi nous faire marrer. Dommage, car les occasions de se réjouir et de partager le rire sont rares en ce moment.
Quant aux troupes dites « de droite », mis à part quelques numéros de clowns tristes et hargneux, elles n’offrent rien aux citoyens qui leur permettrait de se détendre, et… d’espérer.
Le spectacle est si atterrant que le moment approche, semble-t-il, où le public/peuple exigera fermement de se faire rembourser.
Et ce ne sont pas de solennels dépôts de chrysanthèmes accompagnés de discours pluvieux devant quelque nouveau monument qui pourront l’en empêcher.
SANOFI… ça suffit !
Salut et Fraternité.

jeudi 8 janvier 2015

Charlie Hebdo...

Rien à dire.
Trop de peine !
Alors... pour vous, chers Cabu, Wolinsky, Charb, Tignous, Honoré, artistes-citoyens visionnaires que j'aimais -vous m'avez fait pleurer de rire ! mais depuis hier, mes larmes...-, oncle Bernard dont j'appréciais l'acuité visuelle, Elsa brillante analyste d'Intérieur,  Franck et Ahmed hommes de service républicain, Frédéric l'ouvrier, Michel l'Auvergnat en visite d'amitié, Mustapha gommeur de fautes... avec ma reconnaissance, voici l'hommage de... mon crayon :

Vive Charlie !
Salut et Fraternité.