jeudi 2 avril 2015
En prison...
Jeudi, 26 mars
2015.
9h30.
Les mains dans
les poches, sur le plateau du Haut-du-Lièvre, j’arpente le parc auto débordant
de la prison (baptisée pudiquement « Centre pénitentiaire ») de Nancy
battu par une bise glaciale et cinglante. J’ai eu du mal à me garer.
L’affluence y est celle d’un supermarché le samedi après-midi. C’est dire le
succès de l’établissement !
J’attends
Marie-Odile, de la
Médiathèque-Manufacture , et ses beaux complices en passion du
livre et humanité. Ensemble, ils ont créé et animent un Club de lecture à
destination des « clients » de cet « hôtel » un peu
particulier.
Ils arrivent,
m’introduisent dans l’espace accueil, au milieu des familles et proches pressés
et fébriles en route vers le parloir.
Comme pour un
embarquement d’aéroport, des femmes et hommes en uniforme m’invitent à déposer
au guichet ma carte d’identité et mon téléphone portable, puis à me présenter
au portique de détection des métaux. Impression de partir en voyage. Mais quel
voyage ! Je me dépouille de mes
ornements métalliques heureusement rares, ma montre, les confie à la machine
dans un panier, passe sous le joug… ça sonne ! On m’invite à retirer ma
ceinture (au risque de me faire perdre mon pantalon, puis de me faire
incarcérer pour exhibitionnisme !)… ça sonne ! Me déchausse, dépose
mes souliers dans le panier… ça sonne ! Nous nous demandons ce que je peux
encore bien retirer, sauf à me retrouver à poil, fais mes poches, du haut, du
bas, propose de déposer dans le panier mon bridge et ma couronne (si peu royale !)…
on m’en dispense… je refais une tentative… miracle : ça passe !
Dans
l’enceinte maintenant, je me rechausse, me rhabille, emboîte le
pas à mes guides du Club lecture et surveillants, franchis des portes
verrouillées, traverse des cours balayées par la bise malgré les hautes
clôtures et le filet tendu au-dessus de nos têtes, franchis d’autres portes,
emprunte des couloirs. Au passage, on me montre une peinture exécutée par un
détenu, belle et forte œuvre peinte avec les tripes et le cœur. J’aime !
Dans la salle
enfin atteinte, ils et elles sont là, une quinzaine de personnes, détenues,
détenus et personnel. Ils ont réglé les derniers détails en m’attendant
(alignement des chaises, place du « conférencier » et de la caméra…)
La rencontre a
été préparée, mes livres lus… un détenu a même confié à des proches des
recherches me concernant sur internet. C’est lui, un grand gaillard, costaud,
au sourire rayonnant, des papiers plein les mains, qui ouvre le bal des
questions. Il m’en posera des dizaines, toutes plus pertinentes les unes que
les autres : d’où je viens, ma naissance, ma famille d’origine, mes
études, mes méthodes d’écriture, mes livres… souvent très émouvantes.
Surprise : il en sait presque plus sur moi que… moi-même ! Les autres
écoutent, osent de temps en temps une question complémentaire, comme cette
jeune femme, au premier rang, au regard intense, suspendue aux paroles de mon
examinateur et aux miennes, qui interviendra discrètement à plusieurs reprises,
comme gênée de le faire, pour des remarques d’une belle qualité poétique,
philosophique et spirituelle.
A son côté,
une autre femme, plus âgée, silencieuse, les mains nouées sur ses cuisses, me
fixe intensément sans un mot. Son regard sur moi, deux heures durant, me
fouille, me donne l’impression qu’elle cherche à comprendre ce que je suis, ce
que je dis, ce qu’elle… fait là ! On me confiera, à la fin de la
rencontre, qu’elle est étrangère, qu’elle ne maîtrise pas notre langue.
Peut-être n’a-t-elle pas tout compris. Mais je sais, à la brûlure de son regard
sur moi, qu’elle a tout senti !
Midi
approchait quand les surveillants nous ont fit signe de conclure.
Nous avions
passé deux heures comme… deux minutes !
Deux heures de
partage dans ce lieu impersonnel, au cœur de la prison, deux heures de presque
intimité, deux heures de fraternité enracinée dans une étrange communion
scellée par l’amour des mots et de la belle langue, l’échange des regards, des
mots, des connaissances, et la fusion des émotions.
Je ne sais
pas, ne saurai jamais pourquoi elles/ils sont là, celles et ceux qui ont vécu
avec moi cette matinée hors du temps et des espaces de jugement, quelle faute
ou quel crime elles/ils ont commis, depuis combien de temps elles/ils sont là,
pour combien de temps encore, mais je sais qu’ils m’ont offert un moment
d’intense réflexion et de belle humanité dont je ne suis pas sorti, dont je
souhaite ne jamais sortir.
Au guichet,
j’ai récupéré ma carte d’identité, mon téléphone portable. Puis j’ai remis le
nez dehors. Curieusement, le vent ne m’y parla pas davantage de liberté qu’à
l’intérieur. Il était le même, toujours aussi irrespirable, sec et
tranchant !
Dans ma
voiture, sur la route du retour, je me suis surpris à répéter en boucle, à
haute voix, ces vers de Victor Hugo dédiés à Louise Michel :
Et ceux qui, comme moi, se sentent incapable
De tout ce qui n’est pas héroïsme et vertu
Qui savent que si l’on te disait :
« D’où viens-tu ? »
Tu répondrais : « Je viens de la
nuit d’où l’on souffre ;
Oui, je viens du devoir dont vous faites un
gouffre… »
Allez savoir
pourquoi !
Salut et Fraternité.
mardi 17 mars 2015
La ferme ! Et... vote !
Il était une fois une grande ferme au passé
prestigieux, dont le modèle de fonctionnement avait été copié dans de nombreux
pays, tant son rayonnement et la qualité de ses productions avaient été
reconnus et appréciés.
Des candidats à la nouvelle gestion ayant été recrutés
dans le troupeau, l’étable, l’écurie et les clapiers, il fallut passer au vote.
Mais le malaise était grand car ni ces candidats, ni ceux qui devaient choisir
parmi eux ces futurs responsables ne savaient ce qu’ils seraient dans la
nouvelle organisation, ni ce qu’ils auraient à y faire, comment ils y
vivraient, ce qu’ils mangeraient, où ils dormiraient, à quel abattoir ils
seraient destinés ! Rares étaient ceux qui se sentaient concernés par
cette consultation ou qui acceptaient de devenir complices de ce qu’ils
percevaient comme une curieuse manipulation.
Un jour, les anciens propriétaires s’étant retirés
après avoir fait valoir leur droit au repos, arriva dans son confortable corps
de logis un nouvel exploitant qui se mit à… exploiter.
Cet homme-là, célibataire en apparence, était
accompagné d’une foule de ses anciens copains d’école qui tous prétendaient
savoir : planter les choux à la mode… à la mode, s’occuper du troupeau de
veaux, castrer les cochons récalcitrants, récolter le blé -tout le blé, surtout
le blé !-, cultiver avec amour les plus grosses légumes du potager.
Logés dans les dépendances spacieuses et bien
chauffées, tous ces admirables spécialistes entreprirent d’abord de vivre sur
les réserves constituées à une époque fort ancienne puis, au terme d’un très
long temps de réflexion, de réformer les manières de voir le quotidien de la
ferme. L’initiative aurait pu être porteuse d’espoir si tous avaient pu voir.
Mais, dans l’école dont ils étaient issus, à force de regarder le soleil dont
ils se croyaient les enfants légitimes, ils étaient devenus aveugles « à
l’insu de leur plein gré » !
De projet de réforme qui agitait dangereusement le
troupeau de veaux, en projet de réforme qui rendait les cochons agressifs et
couvrait de pustules les grosses légumes au seul effet de l’annonce, ils
s’aperçurent que seule une modification fondamentale des plans d’exploitation
et d’assolement pourrait leur garantir la survie à la tête de la ferme modèle.
Sans toucher à la récolte de blé qu’ils jugeaient
essentielle, ils décidèrent donc de transformer les petits potagers en grands
champs, l’écurie en étable, et les réduits en clapiers ! Mais les
grondements étaient tels autour d’eux qu’ils jugèrent nécessaire de faire comme
s’ils demandaient leur avis aux veaux, vaches, cochons, couvée. Un vote serait
organisé. Ils avaient appris à l’école qu’il fallait toujours faire croire aux
animaux et végétaux que, si les choses ne se faisaient pas dans leur intérêt,
elles se faisaient toujours parce que leur qualité déclinait : ils en
étaient la cause ! L’avis des grosses légumes leur ayant été favorable, à
défaut d’avoir entendu celui des autres pourtant directement concernés, ils
avaient donc lancé l’affaire.
Des candidats à la nouvelle gestion ayant été recrutés
dans le troupeau, l’étable, l’écurie et les clapiers, il fallut passer au vote.
Mais le malaise était grand car ni ces candidats, ni ceux qui devaient choisir
parmi eux ces futurs responsables ne savaient ce qu’ils seraient dans la
nouvelle organisation, ni ce qu’ils auraient à y faire, comment ils y
vivraient, ce qu’ils mangeraient, où ils dormiraient, à quel abattoir ils
seraient destinés ! Rares étaient ceux qui se sentaient concernés par
cette consultation ou qui acceptaient de devenir complices de ce qu’ils
percevaient comme une curieuse manipulation.
Alors, devant la mollesse de la réaction et la perspective
d’une méchante déroute, les copains d’école du nouveau propriétaire sortirent
de leurs dépendances, coururent porter la bonne parole dans les champs, les
écuries, les potagers, les réduits, les clapiers… Les plus en vue d’entre eux,
aiguisés par l’attrait d’un nouveau pouvoir, se précipitèrent sur des tribunes
improvisées, tracteurs, charrettes, moissonneuses-batteuses pour y haranguer la
foule, et s’y écharper violemment au sujet du partage du… blé nouveau. Dans les heures ultimes de la
campagne, on vit même deux de leurs prétendants chefs se battre comme des
humains chiffonniers au milieu de la cour, parmi les poules amusées et les coqs
indifférents, sous le regard ironique du molosse à l’attache en train de
dévorer le contenu de sa gamelle à l’ombre du tas de fumier, tandis que,
confiant en son équipe, dans le logis principal, le propriétaire s’entretenait
avec des comédiennes de… la pluie et du beau temps.
Qu’est-il advenu ensuite ?
Nul n’a le droit d’imposer de fin à une histoire.
Pas même son auteur.
Surtout pas celle-là !
A chacun de se la raconter, voire de l’écrire, s’il le
souhaite, pour lui, et/ou pour les autres.
N’en déplaise au cercle étroit de copains de la
fameuse Ecole Nationale d’Aveuglement, pour être visible par tous, l’avenir
doit rester l’horizon de voies ouvertes au large.
Au diable donc les impasses !
Mais, en attendant…
Pauvre France !
Salut et Fraternité.lundi 2 mars 2015
Je sais que tu m'attends - Sabine REMY
Sabine REMY vient de confier à son blog réputé "Les Lectures de Sabine" son avis sur mon roman "Je sais que tu m'attends". Le voici :
"Présentation de l'éditeur (Genèse Edition) :
Alex et Laura
vivent un amour sans nuage jusqu'au jour ou les vents jaloux envoient l'Alfa
Roméo d'Alex se fracasser contre un arbre, sur la route de Saint-Brieuc.
Le neurochirurgien Sébastien Lemire est formel : la médecine ne peut plus rien pour Alex ; en revanche, Alex peut sauver des vies. Pour cela, Laura n'a qu'à signer une autorisation de prélèvement d'organes .
La jeune femme refuse, horrifiée.
Décidé à la faire changer d'avis , Lemire recourt à la raison , aux menaces, à la séduction...
Bientôt, la vie de Laura n'est plus rythmée que par ses visites au chevet de son compagnon et ses rencontres avec le neurochirurgien . Au fil des semaines affaiblie par la douleur et son combat, Laura tombe dans le piège amoureux que lui tend Lemire. Mais qui manipule qui ?
Et la détermination du praticien à débrancher Alex n'a t-elle vraiment que des motivations médicales ?
Dans une Bretagne lumineuse , l'écriture sensible et délicate de Gilles Laporte nous entraîne dans les sombres méandres d'une manipulation amoureuse et pose avec finesse la question du don d'organes .
Mon avis :
Que dire de plus que ce livre est vraiment très bien écrit, magnifique plume poétique, une histoire dramatique avec une petite pointe d'érotisme dans certains passages.
L'histoire se passe en Bretagne avec ses décors bien décrits, des belles citations, la littérature est aussi bien présente dans l’histoire.
Laura se rend au chevet d'Alex tous les jours, son amie Isabelle veut l'aider mais à sa manière très possessive et jalouse elle va lui mener la vie dure. Ensuite c'est le médecin Sébastien qui va la séduire mais pour quelle raison fait-il ça ?
Alex qui est dans un coma profond (mort cérébrale). Elle ne croit pas tout ce qu'on lui dit et garde espoir pour sa guérison, elle sent qu'il est là, encore en vie. Une histoire très touchante, aussi pleine de passion et d'amour profond.
Vivant ou pas, ils veulent le débrancher mais une terrible manipulation cache un terrible secret.
Jusqu'à la fin j'ai été bluffé par l'intrigue de cette histoire et j'ai été énervé par certains personnages qui profitent de la faiblesse de Laura, sa vengeance sera foudroyante.
Je vous conseille à tous de lire ce très beau roman que je trouve fantastique.
Est-ce qu'on peut croire aux miracles ?"
Le neurochirurgien Sébastien Lemire est formel : la médecine ne peut plus rien pour Alex ; en revanche, Alex peut sauver des vies. Pour cela, Laura n'a qu'à signer une autorisation de prélèvement d'organes .
La jeune femme refuse, horrifiée.
Décidé à la faire changer d'avis , Lemire recourt à la raison , aux menaces, à la séduction...
Bientôt, la vie de Laura n'est plus rythmée que par ses visites au chevet de son compagnon et ses rencontres avec le neurochirurgien . Au fil des semaines affaiblie par la douleur et son combat, Laura tombe dans le piège amoureux que lui tend Lemire. Mais qui manipule qui ?
Et la détermination du praticien à débrancher Alex n'a t-elle vraiment que des motivations médicales ?
Dans une Bretagne lumineuse , l'écriture sensible et délicate de Gilles Laporte nous entraîne dans les sombres méandres d'une manipulation amoureuse et pose avec finesse la question du don d'organes .
Mon avis :
Que dire de plus que ce livre est vraiment très bien écrit, magnifique plume poétique, une histoire dramatique avec une petite pointe d'érotisme dans certains passages.
L'histoire se passe en Bretagne avec ses décors bien décrits, des belles citations, la littérature est aussi bien présente dans l’histoire.
Laura se rend au chevet d'Alex tous les jours, son amie Isabelle veut l'aider mais à sa manière très possessive et jalouse elle va lui mener la vie dure. Ensuite c'est le médecin Sébastien qui va la séduire mais pour quelle raison fait-il ça ?
Alex qui est dans un coma profond (mort cérébrale). Elle ne croit pas tout ce qu'on lui dit et garde espoir pour sa guérison, elle sent qu'il est là, encore en vie. Une histoire très touchante, aussi pleine de passion et d'amour profond.
Vivant ou pas, ils veulent le débrancher mais une terrible manipulation cache un terrible secret.
Jusqu'à la fin j'ai été bluffé par l'intrigue de cette histoire et j'ai été énervé par certains personnages qui profitent de la faiblesse de Laura, sa vengeance sera foudroyante.
Je vous conseille à tous de lire ce très beau roman que je trouve fantastique.
Est-ce qu'on peut croire aux miracles ?"
Ecrire est un travail quotidien solitaire.
Il est bon de se sentir moins seul, compris et soutenu.
Merci Sabine, du fond du coeur.
mercredi 25 février 2015
Rencontre-dédicaces BAN-de-LAVELINE
Samedi 28 février 2015
15h00
Bibliothèque, 14 rue du stade
Rencontre avec
Gilles LAPORTE
écrivain de passions
C’est
l’occasion de faire plus ample connaissance avec cet écrivain lorrain, romancier, biographe, scénariste, conférencier,
auteur attachant et sympathique, passionné par l'histoire, notamment des 19ème et 20ème siècles.
Auteur de
nombreux romans :
Les dernières violettes de La Mothe - Les Anneaux de la Fiancée - Frédéric le
roman de Chopin - Julie-Victoire, première bachelière de France - Le loup de Métendal - La
fontaine de Gérémoy - Cantate de cristal - Des Fleurs à l’encre violette - La Clé aux âmes - Je sais que tu m’attends…
Dans ses
livres et échanges avec ses lectrices et lecteurs, Gilles Laporte aborde de
nombreux sujets légués par les anciens régimes, et invite à la réflexion sur
des situations très contemporaines. L’évolution de la condition féminine dans
notre société est de ceux-là. Tous ses romans rendent hommage à la Femme , et tous ses
personnages sont traversés, modelés par l’Histoire, celle d’hier, celle aussi
qui s’écrit aujourd’hui autour de nous.
Issu d’une
famille vosgienne d’ouvriers du textile, il est très attaché à ses racines, met
toujours en scène les humbles de notre pays, ouvriers et paysans. Il se
présente toujours comme un « Ouvrier des Lettres. »
Et
l’école… parce qu’il lui doit tout, il en parle dans presque tous ses livres.
Il témoigne sans cesse de ce qui a été réalisé par cette école de la République , et
revendique pour elle une meilleure place, une meilleure reconnaissance pour une
plus grande efficacité dans notre monde contemporain.
Qui ne se
souvient pas de son (sa) premier (ère) instituteur (trice) ?
Toujours heureux de partager un moment avec
les lectrices et lecteurs, il se fera un plaisir de dédicacer ses livres, à l’encre
violette, à l’issue de la rencontre.
lundi 23 février 2015
SANOFI : quatre millions à l'arrivée !
4 millions
d’euros !
Tel est le
cadeau de bienvenue offert par Serge Weinberg, président de SANOFI, à Olivier
Brandicourt qui doit devenir, le 2 avril prochain, le directeur-général de son
groupe.
Hier, les
parachutes dorés servaient à amortir le choc au sol d'un patron suite à largage en haute altitude souvent consécutif à un douloureux constat d’incompétence.
Aujourd’hui,
celui-là sert à rendre moelleuse l’aire d’atterrissage d’un homme qui, à
l’importance de la prime d’arrivée, doit probablement être considéré comme providentiel.
Avant-hier, en
un temps où le « modèle social français » était encore considéré
comme l’un des plus vertueux du monde, les patrons avaient la décence de
respecter un écart de salaire raisonnable entre leurs ouvriers, employés,
techniciens, cadres, et eux-mêmes.
Demain, au
train où vont les privilèges, sera rétabli l’esclavage imposé par des maîtres
qui s’attribueront tous les fruits du travail de leurs troupes serviles rendues
obéissantes par la menace constante d’un licenciement dont, à la demande du
MEDEF, avec la complicité du Ministre de l’Economie, et la bénédiction
présidentielle, les règles sont en cours d’ « assouplissement ».
Mais comment
oublier que la fortune de SANOFI, si elle est le résultat d’une gestion
financière « moderne », est aussi celui d’une équipe qualifiée de
« patrons voyous » par le maire de Toulouse Pierre Cohen, accusée
d’acheter la grande presse -ainsi que le révélait Le Canard enchaîné le 30
avril 2008- à coups de luxueux « voyages d’études », invitations à
des tables prestigieuses, cadeaux somptuaires destinés à celles et ceux qui
oseraient avoir l’idée saugrenue de remettre en question l’efficacité de tel ou
tel médicament, ou de dénoncer les risques d’usage de certains autres produits
par le groupe.
Comment
oublier aussi que cette fortune se bâtit en grande partie, au quotidien, sur
fonds publics, puisque sur le budget de la Sécurité sociale qui rembourse lesdits
médicaments, Sécurité sociale alimentée elle-même par les cotisations de tous
les assujettis ?
Comment donc
ignorer que ces 4 millions de gâterie d’accueil attribués à Olivier Brandicourt
sont pris, pour une très grande part, directement dans la poche des
travailleuses et travailleurs de France qui cotisent à la Sécurité sociale ?
De dérive en
dérive, de cas particulier en cas particulier de spoliation du peuple
laborieux, le grand patronat finit par faire admettre comme presque
« normale » une telle décision inique.
Hier, pour
partir : Jean-Marie Messier (Vivendi), Daniel Bernard (Carrefour), ou
Antoine Zacharias (Vinci)…
Aujourd’hui,
pour arriver : Olivier Brandicourt (Sanofi)…
Demain, à
l’arrivée, puis au départ : qui ?
Nul doute que
nous sommes parvenus désormais à un niveau de captation de fortune sociale rarement
atteint dans notre pays.
Nul doute que
ne sommes qu’au début de ces malversations « légales » puisque les
lois et règlements nouveaux, sous prétexte de faire de la France un pays dans le vent
financier international, vont dans le sens d’une libéralisation renforcée.
La « loi Macron », en faisant voler en éclats de nombreux
repères (d’aucuns emploieraient ici le mot à la mode « marqueurs »)
engage le pays dans cette voie. Privatiser les aéroports c’est ouvrir la
perspective à de nouveaux parachutes dorés dont les montants seront révélés en
leur temps ; condamner le service public (train) au profit du privé
(autobus), laisser au patronat la libre appréciation des jours et du temps de
travail (en arguant du volontariat), limiter le recours aux tribunaux
prud’homaux sous prétexte de désengorger les services… (j’en passe et de
pires !) c’est, au motif de permettre la création de nouveaux emplois,
aller vers cette société de l’exploitation de tous par quelques-uns, vers ce
monde injuste et antirépublicain que nos anciens ont eu tellement de mal à
installer, puis à faire évoluer (ils ont payé le prix fort pour y
parvenir !), retourner à cette époque redoutable qui ne connaissait qu’une
seule règle… la loi de la jungle !
Qu’un régime
dit « de gauche » ait accouché d’une telle vilenie issue tout droit
de la conception ultralibérale anglo-saxonne a déjà de quoi surprendre.
Mais qu’elle
soit présentée comme le seul remède possible à l’impéritie politique française
de plusieurs dizaines d’années, toutes couleurs partisanes confondues, est à
considérer comme une tromperie intellectuelle et morale.
Il se dit que,
adolescent, le ministre Emmanuel Macron se rêvait comédien.
A défaut du
Cours Florent, il a suivi la formation (!?!) de beau-parleur de l’ENA.
Après son
passage millionnaire chez les dirigeants de la banque Rothschild, peut-être croit-il son rêve enfin concrétisé,
et prend-il l’hémicycle du Palais Bourbon pour le théâtre des Bouffes du Nord, ou pour le Caveau de la République.
Mais la pièce
qu’il est en train de jouer, écrite en collaboration par Pierre Gattaz et
Manuel Valls, produite par François Hollande, avec Serge Weinberg, Olivier
Brandicourt et quelques autres, n’a pas de quoi nous faire marrer. Dommage, car
les occasions de se réjouir et de partager le rire sont rares en ce moment.
Quant aux
troupes dites « de droite », mis à part quelques numéros de clowns tristes
et hargneux, elles n’offrent rien aux citoyens qui leur permettrait de se
détendre, et… d’espérer.
Le spectacle
est si atterrant que le moment approche, semble-t-il, où le public/peuple
exigera fermement de se faire rembourser.
Et ce ne sont
pas de solennels dépôts de chrysanthèmes accompagnés de discours pluvieux
devant quelque nouveau monument qui pourront l’en empêcher.
SANOFI… ça
suffit !
Salut et
Fraternité.
jeudi 8 janvier 2015
Charlie Hebdo...
Rien à dire.
Trop de peine !
Alors... pour vous, chers Cabu, Wolinsky, Charb, Tignous, Honoré, artistes-citoyens visionnaires que j'aimais -vous m'avez fait pleurer de rire ! mais depuis hier, mes larmes...-, oncle Bernard dont j'appréciais l'acuité visuelle, Elsa brillante analyste d'Intérieur, Franck et Ahmed hommes de service républicain, Frédéric l'ouvrier, Michel l'Auvergnat en visite d'amitié, Mustapha gommeur de fautes... avec ma reconnaissance, voici l'hommage de... mon crayon :
Vive Charlie !
Salut et Fraternité.
mercredi 31 décembre 2014
Voeux républicains 2015
France,
décembre 2014 : on meurt de faim dans les cités, pas… dans les palais
nationaux !
France, décembre 2014 : on meurt de froid dans la rue, pas... dans les ministères !
France, décembre 2014 : on meurt par défaut de soins dans les campagnes, pas… dans les beaux arrondissements de la capitale !
France, décembre 2014 : on meurt par défaut de soins dans les campagnes, pas… dans les beaux arrondissements de la capitale !
France,
décembre 2014 : les télévisions nous écœurent chaque jour de foie gras, de
caviar et de truffes… tandis que les soixante-sept mille bénévoles des Restos du Cœur peinent encore à trouver
des boîtes de sardines et de petits pois pour un million d’affamés issus des
sept millions de malheureux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté !
Dans quelques
heures, celles et ceux qui le peuvent sauteront au cou de leurs proches pour
leur souhaiter une bonne année 2015.
Même le
président « normal » de notre République malade sacrifiera à la
tradition de la cérémonie des vœux. Avec des mots laborieusement choisis par
des « serviteurs de l’État », il tentera d’endormir son peuple en lui
chantant une berceuse lénifiante truffée de « je » monarchistes et de
« e » incertains, tandis que son premier ministre annoncera d’une
voix trop ferme pour être de « con-passion » (c’est déjà fait !) une nouvelle année
(voire trois !) de sacrifices à ses
« cons-patriotes ».
Le premier distribue
les bonbons… le second les coups de bâton !
Comme en
Lorraine, autrefois, quand passait dans les maisons le bon saint Nicolas aux jouets,
suivi du père Fouettard aux verges !
Mais, en ce
temps-là, l’un et l’autre avaient pour public… les enfants.
Serions-nous
aujourd’hui assez infantilisés par les manipulateurs de marionnettes d’État
pour que les deux plus hauts dirigeants de notre pays usent, pour nous tenter
de nous séduire en nous préparant au pire, de cette stratégie d’hier destinée
aux galopins cachés sous des mimiques d’enfants sages ?
Leur inquiétant
pas de deux confirme une confortable entente de la « France du haut »
sur le dos déjà cassé de la « France du bas ».
Au moins, sur
cette stratégie, ils sont d’accord !
Alors, soyons
d’accord, nous aussi, pour leur présenter ainsi qu’à leurs équipes de la
promotion Voltaire et de quelques autres chapelles… les vœux que voici :
Que cette
année 2015 vous soit une année de plus grande humilité, et de paroles plus
vraies, donc plus rares, de plus grand respect de celles et ceux qui vous ont
élus ou nommés, de plus grande conscience citoyenne, de plus grande conformité
dans les comportements et l’action avec les valeurs de notre République tellement
chères à nos anciens martyres de vos guerres que les valses de gerbes ou échos
de discours devant des monuments -même sous une pluie battante- ne suffisent
pas à honorer !
Que cette
année 2015 vous permette de découvrir vos concitoyens, leur réalité de vie
quotidienne -de survie trop souvent-, par une proximité réelle plutôt qu’en
vous déguisant pour venir les renifler quelques heures durant, ainsi que l’ont
fait récemment plusieurs parlementaires pour des clowneries télévisées !
Que cette
année 2015 vous offre le temps de relire (lire ?) Victor Hugo, ce poème
surtout qui invite à ouvrir une école plutôt qu’une prison (dans une politique
carcérale devenue marché puisque confiée aujourd’hui au privé) :
Chaque enfant qu’on enseigne est un homme
qu’on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont
au bagne
Ne sont jamais allés à l’école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d’une
croix !
Que cette
année 2015 vous ouvre les yeux sur la vraie nature du grand patronat qui
vous incite chaque jour davantage à prendre l’argent dans la poche du
contribuable de base pour le glisser directement dans celles déjà bien garnies
des actionnaires. On peut « aimer l’entreprise » et, justement parce
qu’on l’aime, l’inviter à agir dans un cadre réglementaire républicain, à
réinvestir en France plutôt qu’à engraisser les paradis fiscaux dont l’un, très
proche, vient de donner à l’Union européenne, avec votre assentiment, son…
président !
Que cette
année 2015 vous aide à tourner vos regards vers l’Est plutôt que vers ces pays
de l’Ouest qui se sont outrageusement baptisés « communauté
internationale », ne respectent aucune règle d’humanité, qui exécutent
dans la rue leur population noire, dans les écoles leurs enfants, qui vivent
armés jusqu’aux dents (parce que le commerce des armes domestiques est aussi un
commerce !), qui obésifient le monde, pratiquent l’emprisonnement sans
jugement et la torture, qui, sous la menace de drones meurtriers veulent
soumettre l’humanité à leur loi exclusive et vous entraînent (nous entraînent)
dans des guerres redoutables à l’usage de leurs seuls intérêts. L’Europe se
construit à l’Est, pas à l’Ouest, surtout pas sous la dictée de Washington qui
sait acheter ses complices même dans nos rangs ! Nous citoyens de France
et d’Europe méritons un meilleur modèle que celui-là !
Que cette
année 2015 vous inspire des comportements et décisions capables de nous rendre
fiers de vous, donc de notre pays ! Comment être fiers de notre qualité de
Françaises et de Français si nous ne pouvons pas l’être de vous qui, grâce à la
confiance que nous vous avons offerte par l’élection, incarnez ce pays que nous
aimons ? La fierté se mérite. Vous ne devez jamais oublier que, sans cette
fierté nécessaire, il nous est impossible de nous investir à fond dans la
réussite collective tellement absente aujourd’hui !
Que cette année
2015 vous fasse perdre de vue, douze mois durant, l’élection de 2017, cet
objectif imbécile qui vous empêche d’apercevoir l’horizon vers lequel nous
devrions marcher ensemble. Rivés à cette échéance, vos yeux (comme ceux de vos
serviteurs qui ajoutent leur cécité à la vôtre) sont devenus incapables de
discerner les perspectives ouvertes qui, pourtant, existent. Un ancien
Président a déjà lancé sa machine de guerre afin d’anéantir l’actuel qui
s’agrippe à ses accoudoirs dorés pour résister à l’assaut. Quel qu’il soit, le gagnant de cet
affrontement partisan sur fond d’idéologies virtuelles, sera en réalité le
perdant qui entraînera notre pays exsangue dans une chute plus vertigineuse
encore !
Que cette
année 2015 vous fasse prendre enfin conscience que, si vous jouez avec votre
destin personnel (votre droit le plus élémentaire) votre position, de quelque
obédience politique que vous soyez, votre rayonnement, votre maîtrise des
rouages des pouvoirs, votre isolement dans une bulle en apesanteur chaque jour
renforcé par vos cabinets, risque de transformer ce jeu personnel en une
tragédie nationale, une victoire de la misère dont, cette fois, notre France
aura du mal à se relever !
Que cette
année 2015 vous suggère de relire et faire relire à vos équipes de collaboratrices
et collaborateurs la belle devise de notre République LIBERTE – EGALITE –
FRATERNITE, de la répéter et faire répéter chaque matin dans tous les
ministères, dans les salons du Parlement, dans les bureaux des Institutions,
partout où elle semble avoir perdu de sa force, à voix haute, à la manière d’un
mantra.
Alors,
peut-être, sous les cendres des égoïsmes partisans, se réveillera… le
CIVISME !
Belle et
bonne année 2015.
Salut et
Fraternité.
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