
mercredi 30 avril 2008
Il y a longtemps que je t'aime...

A coeur ouvert... lettre ouverte à Philippe Claudel.
Mon cher Philippe,
La semaine passée, par téléphone, je t’avais dit que j’irais voir ton film Il y a longtemps que je t’aime dès son arrivée dans notre petite ville de Mirecourt (berceau du Roger Viry-Babel -tu lui dois beaucoup, dis-tu- et de nos violons). C’est fait. Hier soir.
Des années que je n’avais pas vu un film aussi beau, aussi dur, et aussi puissant ! Tu m’as fait pleurer, oui, et je suis fier de le dire, pleurer ! De douleur et de bonheur à la fois !
En ces temps de brutes épaisses, tu vas chercher derrière l’apparente incarnation du mal, le grand, le pur et le généreux qui, avant tout, fonde le genre humain. Quel courage ! Tu refuses de hurler avec les loups contre les loups. Tous tes livres nous l’avaient déjà révélé, aussi bien -pour les plus récents- Les Âmes grises que Le Rapport de Brodeck. Tu les fréquentes sans cesse, ces loups, sur nos trottoirs et dans leur tanière, tu leur répètes sans cesse que leurs jugements ne sont qu'asservissements, que leurs crocs ne sont que des ornements naturels et/ou des outils nécessaires à la survie, qu’ils ne te font pas peur. Tu les rencontres pour leur répéter que, bien qu'ils mettent /soient mis au ban des vivants -tous les vivants !- au nom de / par une société archaïque, quoi qu’ils fassent, ils sont de ton monde, de notre monde, et qu’ils ont droit à l’amour ! Qu’ils ne te font pas peur ! Oui, mon cher Philippe, tu m’as fait pleurer, et… réfléchir ! Je suis sorti hier soir de la salle du Rio, à Mirecourt, labouré dans ma tête et dans mon cœur comme une prairie après le passage d’une harde de sangliers, mais éclairé ! Ton long voyage au centre de la détresse, à l’époque où tu enseignais dans nos prisons, ta difficile exploration des misères de l’âme humaine ont fait de toi un porteur de Lumière. Il y a longtemps que je t’aime révèle, rayonne, illumine ! Tout ça dans des images d’une simplicité somptueuse, niché au fond de dialogues d’une justesse rare, incarné par des comédiens oublieux de leur métier et vrais, profondément vrais !
Des années que je n’avais pas vu un film aussi beau, aussi dur, aussi puissant, aussi généreux !
Je ne suis pas prêt de l’oublier ! Jamais !
Tu es à l’autre bout du monde en ce moment. Et tu nous manques, ici, en Lorraine. Mais peu importe notre besoin de te garder chez nous, pour nous ! L’important est qu’ils profitent bien de ta présence, celles et ceux que tu rencontres, là-bas où tu es, et qu’ils apprennent à voir par… ton regard. L’important est que ce regard sur l’âme humaine, le tien, soit désormais partout où vivent les hommes. Car c’est un regard bon, générateur d’espoir.
Dans ce monde de brutes épaisses, nous sommes bien là, avec toi et grâce à ta création… au cœur de l’essentiel !
Merci, mon cher Philippe.
Je t’embrasse très fort.
Gilles
PS : Lumière pour Lumière : je t'offre celle de ce matin, un lever de soleil lorrain sur la forêt, face à mon bureau.
photo GL
mardi 29 avril 2008
Confession d'Adrien
Il est né à Chamagne (ce village des Vosges où, vers 1600, est né le beau peintre Claude Gellée dit le Lorrain, ce village encore où une certaine Ségolène Royal a vécu enfance et adolescence) le jeune Adrien qui, entré très tôt en apprentissage chez un imprimeur d’Épinal, découvre là, sur la rive droite de la Moselle, les secrets de fabrication des… fameuses images !
Mais, un jour, sa vie bascule.
Commence alors la longue marche de l’homme et… notre savoureuse impatience !
Pour notre plus grand plaisir.
Merci, chère Élise !
À déguster, absolument.
Confession d'Adrien le colporteur Elise Fischer
éd. Presses de la Cité coll. Terres de France
lundi 28 avril 2008
Gaz de France et... les Ch'tis !

Le film de Dany Boon Bienvenue chez les Ch’tis est en marche vers les 20 millions de spectateurs (tandis que celui de l’ami Philippe Claudel, dans un genre très différent Il y a longtemps que je t’aime… caracole vers le million et réussit une brillante carrière internationale) !
Beau résultat ! Réjouissons-nous sincèrement de la bonne santé du cinéma français.
Un tel succès n’a pas échappé à Jean-François Cirelli, ancien énarque et familier des cabinets ministériels (notamment celui de J-P Raffarin, Monsieur La France d’en haut), PDG de Gaz de France, qui vient de faire don à la Ville de Bergues de son local désaffecté devenu pour les besoins du film le bureau de poste des Ch’tis. Avec tambour, trompettes et communiqués de presse à répétition, il le fait savoir à la France entière et au monde, tentant de renforcer ainsi son image de mécène. Si le film avait fait flop, il aurait évidemment évité de se rappeler au bon souvenir des Français presque tous consommateurs de son gaz. Mais l’aubaine était trop belle ! D’un coup de baguette magique (une ponction infinitésimale dans le trésor de guerre de GdF-infinie misère comparée au parachute doré défiscalisé qu'il empochera à son départ), il cherche à s’attirer la sympathie des 20 millions de nos concitoyens qui ont aimé le film, soit presque un tiers de la population française ! Mieux que n’importe quelle campagne de publicité au coût beaucoup plus élevé. Son objectif : se refaire une virginité à bon marché en faisant oublier les hausses successives de son gaz. Souvenons-nous : total hausse 2005 : 19%... 1er janvier 2006 : 5,8%... 1er juillet 2007 : 5,8%... 1er décembre 2007 : 4%... 1er avril 2008 (poisson riche en arêtes !) : 5,5% ! Faire oublier aussi que, durant cette même période, les bénéfices de Gaz de France ont explosé (comme quelques conduites d’ailleurs !) Pour mémoire, ils étaient en 2005 de 1743 milliards (en hausse de 29%) et, pour le seul 1er trimestre 2008, le chiffre d’affaires est en hausse de 15% ! Impressionnant ! Ce contexte a permis à l’action de passer de 36 € (février dernier) à 42,8€ aujourd’hui, soit +6,28% depuis le 1er janvier !
On nous dit, en haut lieu, que cette politique industrielle est destinée à favoriser la fusion avec SUEZ, dirigée par Gérard Mestrallet, lui aussi énarque, lui aussi ancien des bauges ministérielles.
Foin des justifications amicales et confraternelles, au-delà de la partie de dominos qui passionne ces grands seigneurs (ne pas confondre avec serviteurs) de l’État, on peut constater que c’est l’éternel principe des vases communicants qui régit leur stratégie : ce qu’ils prennent directement dans la poche des usagers glisse directement dans celle des actionnaires ! Directement du porte-monnaie de la France d’en bas au compte en banque de la France d’en haut !
Avec la complicité bien involontaire des… Ch’tis !
Il ne faudrait pas que, désormais, la réussite artistique ne soit plus, pour nos patrons, qu'une occasion supplémentaire de manipulation du peuple par les élites politiques (leurs associées) aux seules fins de gouvernance. Fort heureusement, nous connaissons tous de vraies démarches de partenariat, de vrais engagements de mécènes, de vrais soutiens à la création, souvent anonymes ou, pour le moins, discrets ! Raison de plus pour ne pas tomber dans le piège tendu par le gazier national.
Sur notre front, il n’est pas écrit « La Poste » !
Ce cadeau de local désaffecté à la Ville de Bergues est la preuve que le généreux donateur prend tous les Ch’tis pour des blaireaux (pas sympa pour les vrais blaireaux !) et, avec eux, tous les Français (ses clients) qui, de bon coeur, ont aimé, aiment, et aimeront encore longtemps le film de Dany Boon !
Bienvenue chez les… Énarques !
Beau résultat ! Réjouissons-nous sincèrement de la bonne santé du cinéma français.
Un tel succès n’a pas échappé à Jean-François Cirelli, ancien énarque et familier des cabinets ministériels (notamment celui de J-P Raffarin, Monsieur La France d’en haut), PDG de Gaz de France, qui vient de faire don à la Ville de Bergues de son local désaffecté devenu pour les besoins du film le bureau de poste des Ch’tis. Avec tambour, trompettes et communiqués de presse à répétition, il le fait savoir à la France entière et au monde, tentant de renforcer ainsi son image de mécène. Si le film avait fait flop, il aurait évidemment évité de se rappeler au bon souvenir des Français presque tous consommateurs de son gaz. Mais l’aubaine était trop belle ! D’un coup de baguette magique (une ponction infinitésimale dans le trésor de guerre de GdF-infinie misère comparée au parachute doré défiscalisé qu'il empochera à son départ), il cherche à s’attirer la sympathie des 20 millions de nos concitoyens qui ont aimé le film, soit presque un tiers de la population française ! Mieux que n’importe quelle campagne de publicité au coût beaucoup plus élevé. Son objectif : se refaire une virginité à bon marché en faisant oublier les hausses successives de son gaz. Souvenons-nous : total hausse 2005 : 19%... 1er janvier 2006 : 5,8%... 1er juillet 2007 : 5,8%... 1er décembre 2007 : 4%... 1er avril 2008 (poisson riche en arêtes !) : 5,5% ! Faire oublier aussi que, durant cette même période, les bénéfices de Gaz de France ont explosé (comme quelques conduites d’ailleurs !) Pour mémoire, ils étaient en 2005 de 1743 milliards (en hausse de 29%) et, pour le seul 1er trimestre 2008, le chiffre d’affaires est en hausse de 15% ! Impressionnant ! Ce contexte a permis à l’action de passer de 36 € (février dernier) à 42,8€ aujourd’hui, soit +6,28% depuis le 1er janvier !
On nous dit, en haut lieu, que cette politique industrielle est destinée à favoriser la fusion avec SUEZ, dirigée par Gérard Mestrallet, lui aussi énarque, lui aussi ancien des bauges ministérielles.
Foin des justifications amicales et confraternelles, au-delà de la partie de dominos qui passionne ces grands seigneurs (ne pas confondre avec serviteurs) de l’État, on peut constater que c’est l’éternel principe des vases communicants qui régit leur stratégie : ce qu’ils prennent directement dans la poche des usagers glisse directement dans celle des actionnaires ! Directement du porte-monnaie de la France d’en bas au compte en banque de la France d’en haut !
Avec la complicité bien involontaire des… Ch’tis !
Il ne faudrait pas que, désormais, la réussite artistique ne soit plus, pour nos patrons, qu'une occasion supplémentaire de manipulation du peuple par les élites politiques (leurs associées) aux seules fins de gouvernance. Fort heureusement, nous connaissons tous de vraies démarches de partenariat, de vrais engagements de mécènes, de vrais soutiens à la création, souvent anonymes ou, pour le moins, discrets ! Raison de plus pour ne pas tomber dans le piège tendu par le gazier national.
Sur notre front, il n’est pas écrit « La Poste » !
Ce cadeau de local désaffecté à la Ville de Bergues est la preuve que le généreux donateur prend tous les Ch’tis pour des blaireaux (pas sympa pour les vrais blaireaux !) et, avec eux, tous les Français (ses clients) qui, de bon coeur, ont aimé, aiment, et aimeront encore longtemps le film de Dany Boon !
Bienvenue chez les… Énarques !
photo fotosearch
samedi 26 avril 2008
Printemps
À toutes celles et tous ceux qui, en ces premières heures du vrai printemps, sont ou se sentent en prison…
cette musique de l’âme de Verlaine :
Le ciel est, par-dessus le toit,
cette musique de l’âme de Verlaine :
Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu,
La vie est là, simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
- Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
Paul Verlaine a écrit ce texte en 1873 alors qu’il était emprisonné à Bruxelles pour avoir tiré au pistolet sur son ami Rimbaud. Il a été publié en 1881 dans le recueil Sagesse.
Paul Verlaine a écrit ce texte en 1873 alors qu’il était emprisonné à Bruxelles pour avoir tiré au pistolet sur son ami Rimbaud. Il a été publié en 1881 dans le recueil Sagesse.
photo GL - Mirabelliers en fleurs à Gripport (Lorraine) 26 04 08
vendredi 25 avril 2008
Au théâtre ce soir...

Pièce à succès, que celle jouée en direct, hier soir, par notre télévision redevance !
Du genre de celles qu’aiment par-dessus tout les directeurs de salles : bonne campagne de presse d’annonce, nombre d’acteurs réduits (une seule vedette et cinq faire-valoir), décor pompeux unique, éclairages et son rustiques, public sage et retenu mais présent, critiques nombreuses et bienveillantes… de quoi assurer le succès immédiat et la durée, donc de bons profits pour un investissement réduit. On peut prendre le pari que cette pièce restera à l’affiche à Paris au moins quatre années encore !
Quant au contenu : shaekespearien (« Beaucoup de bruit pour rien »), sacerdotal (« mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa / Ideo precor beàtam sanctam Carlam semper cansionem…), populaire condescendo-démagogique (« ces patrons qui dix ans après, ne savaient pas… hum ! »), généreux, ouvert, participatif presque… la preuve : demain, le Parlement pourra s’associer à la représentation, en formant peut-être les chœurs à la manière du succès antique d’Eschyle Les Perses ! Ne manquait, peut-être qu’un brin d’humour (Anne Roumanoff aurait pu apporter sa touche de vrai talent, mais son nom rappelait trop, peut-être, au premier rôle… l’époque soviétique !).
Seul regret : que cette pièce, faute de titre, ne puisse pas être clairement identifiée par les amateurs de bons spectacles. Indispensable pour assurer sa pérennité ! Il lui faut un titre !
Suggestion :
Reprendre le titre d’une comédie désopilante et émouvante à la fois, remarquablement interprétée au ciné par le regretté Jacques Villeret, et au théâtre de la Porte Saint-Martin par le truculent Dany Boon, titre qui convient parfaitement au thème, à l’ambiance, au ton de cette pièce unique…
Le Dîner de cons !
Qu'en dites-vous ?
Du genre de celles qu’aiment par-dessus tout les directeurs de salles : bonne campagne de presse d’annonce, nombre d’acteurs réduits (une seule vedette et cinq faire-valoir), décor pompeux unique, éclairages et son rustiques, public sage et retenu mais présent, critiques nombreuses et bienveillantes… de quoi assurer le succès immédiat et la durée, donc de bons profits pour un investissement réduit. On peut prendre le pari que cette pièce restera à l’affiche à Paris au moins quatre années encore !
Quant au contenu : shaekespearien (« Beaucoup de bruit pour rien »), sacerdotal (« mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa / Ideo precor beàtam sanctam Carlam semper cansionem…), populaire condescendo-démagogique (« ces patrons qui dix ans après, ne savaient pas… hum ! »), généreux, ouvert, participatif presque… la preuve : demain, le Parlement pourra s’associer à la représentation, en formant peut-être les chœurs à la manière du succès antique d’Eschyle Les Perses ! Ne manquait, peut-être qu’un brin d’humour (Anne Roumanoff aurait pu apporter sa touche de vrai talent, mais son nom rappelait trop, peut-être, au premier rôle… l’époque soviétique !).
Seul regret : que cette pièce, faute de titre, ne puisse pas être clairement identifiée par les amateurs de bons spectacles. Indispensable pour assurer sa pérennité ! Il lui faut un titre !
Suggestion :
Reprendre le titre d’une comédie désopilante et émouvante à la fois, remarquablement interprétée au ciné par le regretté Jacques Villeret, et au théâtre de la Porte Saint-Martin par le truculent Dany Boon, titre qui convient parfaitement au thème, à l’ambiance, au ton de cette pièce unique…
Le Dîner de cons !
Qu'en dites-vous ?
Bonne soirée.
photo fotosearch
mercredi 23 avril 2008
ETAT... la dérive
Grève, aujourd'hui, dans les ports pour protester contre la privatisation programmée des activités de manutention !
Après l’acheminement du courrier, les trains, les autoroutes, le téléphone, le gaz et l’électricité, les prisons, les écoles, la sécurité sociale, l’hôpital… voici donc le personnel portuaire mis en exploitation par des entreprises dont la préoccupation première n’est pas la juste répartition des profits !
Que l’État soit incompétent pour construire des voitures automobiles, concevoir et lancer des ponts, produire de l’énergie ou fabriquer et vendre de la barbe à papa sur les foires, on peut le comprendre (il en a trop souvent donné la preuve éclatante !), mais qu’il se sente aussi incompétent en matière de gestion sociale et d’aménagement du territoire a de quoi inquiéter ! Abandonner des pans entiers de service public à des patrons seulement animés par l’espoir de profit est dramatique. Dramatique pour les usagers de plus en plus isolés ! Dramatique pour les consommateurs de plus en plus matraqués ! Dramatique pour le pays de plus en plus abandonné à la friche et au désert, que ce désert soit physique (combien de régions s’atrophient faute d’irrigation suffisante en moyens essentiels de vie !) ou culturel.
L’exemple du fauchage de nos bords de routes est édifiant : confié à des particuliers gestionnaires de leur boutique (peu conscients de la nécessité de respect du patrimoine collectif), ce domaine public et rasé, tondu, raboté, haies abattues et arbres mutilés, au point d’en faire disparaître toute trace de vie animale ou végétale : plus de fleurs donc plus d’insectes (les abeilles, entre autres, payent un lourd tribu à cette politique Attila), plus d’herbe donc plus d’escargots ou autres animaux rampants, plus de refuges (la campagne environnante mise en coupe à nu par l’agriculture intensive -auteur elle-même et seule de sa propre politique, on vient de le voir avec les OGM !) donc plus d’espèces endémiques garantes de l’équilibre naturel ! Plus on fauche, rase, tond, arrache, abat, débroussaille et déchiquette sur des distances ou surfaces importantes, plus ces particuliers gagnent d’argent !
Dans un État correctement géré, les impôts devraient servir en priorité à donner à tous les citoyens (ses payeurs !) les services indispensables à une vie normale, que ces citoyens habitent sur (dans un hélicoptère sans doute !) Paris, Lyon ou Marseille, ou qu’ils aient choisi de vivre et travailler au pays, au fond de la province bourguignonne, bretonne, auvergnate, béarnaise ou lorraine ! Il s’agit là, semble-t-il, de la conformité fondamentale à la notion républicaine sacrée d’Égalité. Que chacun, où qu’il soit, puisse compter sur l’expédition de ses lettres ou le virement de sa pension, les soins, l’approvisionnement en énergie, l'animation culturelle, le service éducatif… participe du bien vivre ensemble et résulterait d’une conception honnête de la vie sociale, à des années lumière de la conception productiviste et financière qui semble donner le ton aujourd’hui.
Où donc passent les impôts (cette contribution à la vie collective d’une société), s’ils ne sont pas d’abord investis dans ces missions naturelles et prioritaires de l’État ? Dans les cadeaux à répétition aux déjà possédants… aux politiques ralliés à la voix de son maître (quel que soit ce maître !)… aux serviteurs serviles d’un appareil riche en perspectives d'évolution de carrière ? Dans les spectaculaires opérations de rapatriement d’organismes humanitaires et/ou otages (avec versement de rançon) ? Dans les prestigieuses missions diplomatiques de repentance en Chine et ailleurs (à quoi servent alors nos ambassadeurs et leur cour en poste permanent ?)…
Où passe-t-elle, cette contribution ?
La mondialisation (de l’économie et/ou de son fils naturel le terrorisme) n’explique (n’excuse) pas tout !
Au moment où la pression fiscale se renforce, le constat est terrifiant : faute de fidélité à l’esprit des fondateurs de notre démocratie et d’entretien juste du vivre ensemble, notre société souffre d’une maladie dont nul ne sait si elle est encore curable.
Quel jugement pourraient porter ceux (nos prédécesseurs) qui, parfois au prix de leur vie, nous ont confié le pays (la planète) et ses valeurs ? Quel avenir pour ceux, nos successeurs, qui attendent de nous que nous leur transmettions un patrimoine correctement entretenu ?
Reste à espérer que cette maladie sera guérie…
Elle le sera, pour les dockers et tous les autres dont nous sommes...
Après l’acheminement du courrier, les trains, les autoroutes, le téléphone, le gaz et l’électricité, les prisons, les écoles, la sécurité sociale, l’hôpital… voici donc le personnel portuaire mis en exploitation par des entreprises dont la préoccupation première n’est pas la juste répartition des profits !
Que l’État soit incompétent pour construire des voitures automobiles, concevoir et lancer des ponts, produire de l’énergie ou fabriquer et vendre de la barbe à papa sur les foires, on peut le comprendre (il en a trop souvent donné la preuve éclatante !), mais qu’il se sente aussi incompétent en matière de gestion sociale et d’aménagement du territoire a de quoi inquiéter ! Abandonner des pans entiers de service public à des patrons seulement animés par l’espoir de profit est dramatique. Dramatique pour les usagers de plus en plus isolés ! Dramatique pour les consommateurs de plus en plus matraqués ! Dramatique pour le pays de plus en plus abandonné à la friche et au désert, que ce désert soit physique (combien de régions s’atrophient faute d’irrigation suffisante en moyens essentiels de vie !) ou culturel.
L’exemple du fauchage de nos bords de routes est édifiant : confié à des particuliers gestionnaires de leur boutique (peu conscients de la nécessité de respect du patrimoine collectif), ce domaine public et rasé, tondu, raboté, haies abattues et arbres mutilés, au point d’en faire disparaître toute trace de vie animale ou végétale : plus de fleurs donc plus d’insectes (les abeilles, entre autres, payent un lourd tribu à cette politique Attila), plus d’herbe donc plus d’escargots ou autres animaux rampants, plus de refuges (la campagne environnante mise en coupe à nu par l’agriculture intensive -auteur elle-même et seule de sa propre politique, on vient de le voir avec les OGM !) donc plus d’espèces endémiques garantes de l’équilibre naturel ! Plus on fauche, rase, tond, arrache, abat, débroussaille et déchiquette sur des distances ou surfaces importantes, plus ces particuliers gagnent d’argent !
Dans un État correctement géré, les impôts devraient servir en priorité à donner à tous les citoyens (ses payeurs !) les services indispensables à une vie normale, que ces citoyens habitent sur (dans un hélicoptère sans doute !) Paris, Lyon ou Marseille, ou qu’ils aient choisi de vivre et travailler au pays, au fond de la province bourguignonne, bretonne, auvergnate, béarnaise ou lorraine ! Il s’agit là, semble-t-il, de la conformité fondamentale à la notion républicaine sacrée d’Égalité. Que chacun, où qu’il soit, puisse compter sur l’expédition de ses lettres ou le virement de sa pension, les soins, l’approvisionnement en énergie, l'animation culturelle, le service éducatif… participe du bien vivre ensemble et résulterait d’une conception honnête de la vie sociale, à des années lumière de la conception productiviste et financière qui semble donner le ton aujourd’hui.
Où donc passent les impôts (cette contribution à la vie collective d’une société), s’ils ne sont pas d’abord investis dans ces missions naturelles et prioritaires de l’État ? Dans les cadeaux à répétition aux déjà possédants… aux politiques ralliés à la voix de son maître (quel que soit ce maître !)… aux serviteurs serviles d’un appareil riche en perspectives d'évolution de carrière ? Dans les spectaculaires opérations de rapatriement d’organismes humanitaires et/ou otages (avec versement de rançon) ? Dans les prestigieuses missions diplomatiques de repentance en Chine et ailleurs (à quoi servent alors nos ambassadeurs et leur cour en poste permanent ?)…
Où passe-t-elle, cette contribution ?
La mondialisation (de l’économie et/ou de son fils naturel le terrorisme) n’explique (n’excuse) pas tout !
Au moment où la pression fiscale se renforce, le constat est terrifiant : faute de fidélité à l’esprit des fondateurs de notre démocratie et d’entretien juste du vivre ensemble, notre société souffre d’une maladie dont nul ne sait si elle est encore curable.
Quel jugement pourraient porter ceux (nos prédécesseurs) qui, parfois au prix de leur vie, nous ont confié le pays (la planète) et ses valeurs ? Quel avenir pour ceux, nos successeurs, qui attendent de nous que nous leur transmettions un patrimoine correctement entretenu ?
Reste à espérer que cette maladie sera guérie…
Elle le sera, pour les dockers et tous les autres dont nous sommes...
si (et seulement si !), fermement… nous le voulons !
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