lundi 8 février 2016

Ô (accent circonflexe)... Orthographe !

Aujourd’hui, comme toujours quand je mets en route ma plume (le matin, à Lumière montante), mes premières pensées sont pour mes parents, ouvriers de filature des Vosges. Ils m’ont transmis les valeurs essentielles qui sous-tendaient leur vie : amour du travail quotidien et bien fait, sens du service civique et de la citoyenneté, respect des conventions sociales (l'orthographe en est une) et des règles (dont celles de grammaire). Dans leurs traces, je me considère depuis toujours et pour toujours comme un ouvrier des Lettres.
Mes pensées matinales vont aussi à mes maîtresses et maîtres d’école qui, par leur talent de pédagogues et leur amour de la République ont contribué, à leur tour, à faire de moi ce que je suis.
J’aime me souvenir d’eux, solliciter encore et toujours leur énergie.
Madame Yvonne Jungen, tout d’abord, qui, dès mes premières années d’école primaire à Igney, m’a invité à partager sa passion de la langue, m’a fait goûter ses subtilités, sa profondeur, ses harmonies. Elle a si bien réussi que j’ai décroché le Prix de lecture au Cours élémentaire première année, et reçu ainsi mon premier livre (lire était considéré comme une occupation de fainéant dans ce milieu, à cette époque) : le Don quichotte de Cervantès, en édition illustrée pour enfant. J’ai lu, relu des dizaines, des centaines de fois ce livre en me répétant que j’aimerais, un jour, pouvoir écrire des histoires comme celle-là ! Dans sa classe, je suis tombé amoureux de notre langue (peut-être aussi de la maîtresse !)
J’ai eu la chance, ensuite, de rencontrer des professeurs remarquables. Joseph Martynciow, professeur de français au collège de Thaon-les-Vosges, arrivé de Pologne pour aimer passionnément notre langue et la faire maîtriser avec élégance et efficacité par ses élèves… Le philosophe Raymond Ruyer à la faculté de Nancy, Vosgien lui aussi, l’un des penseurs les plus prestigieux de notre temps, dont les nombreux écrits sont malheureusement oubliés aujourd’hui. Par l’intensité et la clarté de sa réflexion, ce maître à élargi à l’infini le champ de vision de plusieurs générations d’étudiants.
Qu’ils soient remerciés, avec les nombreux enseignants que je n’ai pas cités auxquels je dois beaucoup.
Souvent, lors de mes nombreuses interventions en milieu scolaire –rencontres pour moi très importantes car prolongement de mon acte d’écriture en direction de celles et ceux qui prendront notre relève- la question m’est posée : « Pourquoi écrivez-vous ? » Ma réponse est toujours : « Je n’écris pas pour distraire mes contemporains, pour les aider à s’endormir s’ils souffrent d’insomnie. Mes livres ne sont pas un substitut du Lexomil. Je n’ai pas, non plus, la prétention de délivrer un ou des messages. J’écris pour mettre en scène l’Histoire, témoigner et participer, par ma plume, à la marche en avant de notre société, pour apporter ma pierre à l’édifice social commun, pour, dans la délirante évolution de notre temps, contribuer à la survie de la prodigieuse et vitale aventure du livre.
Délirante évolution de notre temps…
Hier (1853), au retour d’une visite de centre de détention, Victor HUGO écrivait  ces vers :
Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l’école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d’une croix !
Il répétait sans cesse à la tribune de l’Assemblée nationale, et partout où il le pouvait : « Ouvrez une école, et vous fermerez une prison ! »
Que penser d’une époque, la nôtre (accent circonflexe sur le O) qui préfère construire des prisons (devenues entreprises privées, donc marché à développer !) à ouvrir des écoles ?
Que penser d’une époque qui sabote la langue en massacrant l’orthographe au prétexte de faciliter l’expression écrite aux jeunes illettrés régurgités chaque année, malgré le courage des enseignants, par un système scolaire à bout de souffle ?
Or la langue est le lien social premier. La maîtriser (accent circonflexe sur le premier I) est le premier acte d’un « Vivre ensemble » à construire chaque jour, mais devenu argument électoral imprécatoire tellement rabâché (accent circonflexe sur le 2ème A) qu’il finit par diviser plutôt que rapprocher.
Perdre la forme de ses mots, c’est très souvent en perdre le sens, c’est toujours perdre l’histoire de la langue, c’est être condamné à l’inculture !
J’ose espérer encore que l'abêtissement (accent circonflexe sur le premier E) des citoyens ordinaires (ceux qui ne forment pas les rang des "élites !") n'est pas le grand objectif de nos dirigeants depuis une trentaine d’années, toutes couleurs partisanes confondues.
J'ose espérer...
L’élu d’une démocratie digne de ce nom a le devoir d’élever la société dont il est issu, pas de s’abaisser avec elle. Dans le premier cas, il prouve qu’il la respecte ; dans le second, il prouve qu’il la méprise, qu’il ne se respecte pas lui-même !
Le pouvoir devrait s’exprimer et s’exercer d’abord par la maîtrise de la langue, ensuite seulement par la maîtrise des flux financiers. Bossuet, Hugo, Jaurès, de Gaulle l’ont bien démontré, si besoin était, qui guidaient l’évolution fondamentale de la société par le Verbe.
Priver le peuple de toutes les qualités de sa langue, de toutes ses richesses, de toutes ses harmonies, de toute son énergie, c’est lui interdire de participer à l’exercice du pouvoir, c’est vouloir exercer ce pouvoir sans lui, de manière exclusive et définitive, c’est avoir choisi un mode d’action politique plus proche de l’asservissement que de l’élévation. N’avoir plus voix au chapitre, pour le citoyen ordinaire, c’est n’avoir plus que le droit de se taire, et de marcher ou de crever. C’est ainsi qu’ont fonctionné et que fonctionnent toutes les dictatures dans le monde.
Ne nous y trompons pas : la réforme de l’orthographe n’est pas que la question de l’accent circonflexe ou du F de nénuphar, c’est aussi et surtout, celle du mode d’exercice du pouvoir dans une société qui se prétend démocratique, celle du respect et de la liberté fondamentale du peuple.
On peut noter, au passage, que Jean d’Ormesson s’est opposé à cette arme de destruction massive de la langue dès sa première apparition (1991) avec de très nombreux défenseurs de notre patrimoine linguistique, dont Bernard Pivot, Philippe Sollers, Frédéric Vitoux. Noter aussi que ce projet de réforme visait plutôt les néologismes qui, par nature, n’ont pas d’histoire, dont on peut donc choisir l’orthographe comme bon nous semble. Noter enfin que si ce projet n’a pas abouti, c’est parce qu’il a soulevé une vague d’indignation et d’opposition dans le pays dont même les syndicats enseignants étaient porteurs. On peut se demander pourquoi c’est aujourd’hui le ministère de l’Education nationale qui prend l’initiative d’un tel chambardement, comme s’il n’avait pas plus d’urgence sur la table (comme, par exemple, de ne pas produire 30% d’illettrés dans chaque contingent annuel d’élèves.) J’ose espérer que ce n’est pas seulement pour faire plaisir à quelques copains concepteurs des livres scolaires qui voient ainsi s’ouvrir des perspectives lucratives de rentrée. J’ai la faiblesse de penser qu’on ne lutte pas contre le chômage en tuant sa langue ! Mon esprit est sans doute tordu, mais j’associe cette « réforme » qui vise à supprimer toute référence à l’histoire des mots, à celle qui vise à retirer des programmes scolaires l’enseignement de périodes complètes de notre Histoire jugées subversives par les trafiquants gouvernants de tout poil. Tuer la mémoire, c’est décérébrer le peuple afin de mieux le manipuler !
En serions-nous là ?
Relisons, pour conclure, cet extrait de discours prononcé par le poète espagnol Federico Garcia Lorca lors de l’inauguration de la bibliothèque de son village natal Fuente Vaqueros en septembre 1936 :
Des livres ! Des livres ! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer: "Amour, amour", et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis. Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : " Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas! ". Il avait froid,  ne demandait pas le feu ; il avait une terrible soif, ne demandait pas d'eau… il demandait des livres, c'est-à-dire des horizons, c'est-à-dire des marches pour gravir la cime de l'esprit et du cœur ! Parce que l'agonie physique, - biologique, naturelle d'un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l’agonie de l’âme insatisfaite dure toute la vie !
"La devise de la République doit être : la Culture !".
La culture, parce que ce n'est qu'à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes auxquels se confronte aujourd'hui le peuple plein de foi mais privé de lumière.
N'oubliez pas que l'origine de tout est la lumière.
"Des livres, des livres" s'exclamait-il. Or les livres sont faits de... mots chargés d'histoire, liés entre eux par des règles.
L'oublier serait prendre le risque redoutable, toujours et partout, avec son âme d'y perdre son... latin !
 Salut et Fraternité !

mardi 2 février 2016

Le doux miel d'acacia

           

Vouloir changer de peau, aller vers l’autre enfin,
Rechercher sous l’aspect un horizon nouveau,
En avant, calme et droit, chevalier sans vaisseau,
Vouloir changer de peau, prendre un autre chemin…

Venir troubler le temple, altérer ses travaux,
En frappeur incongru tenaillé par la faim,
Perturber l’Occident et l’Orient humain,
Pour approcher le feu qui réchauffe plus haut...

Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats !
On se ment du Midi jusqu’au Septentrion !
On voudrait croire enfin qu’Achille et son talon
Pour l’être paresseux valent pardon déjà.

On veut se raconter une histoire insolente,
De l’homme qui rêvait de conquérir le ciel,
Qu’un Architecte accueille à la planche de fiel…
Du nadir au zénith, il n’est que marche lente.

Vouloir changer de peau, aller vers l’éternel,
Oublier les métaux, et les voix qui les hantent
Pour le frappeur osé, celui qui le présente,
C’est courir l’évasion, pour être au naturel.

C’est de l’homme nouveau poursuivre l’éternel,
Éteindre la ténèbre, et scruter au-delà,
Tenter d’apercevoir le rayon du trépas,
Sans l’ombre de la fin et son conflit cruel.


Car frapper à la porte, attendre sur son pas,
Espérer du Midi gagner Septentrion,
Puis d’Occident vers l’Orient lever le front,
C’est goûter à la Source un doux miel d’acacia !

© Gilles Laporte 09 05 09 

  



 photos Pixabay.com

samedi 9 janvier 2016

Tolérance... Voltaire.


En ces temps convulsifs, voici un texte de Voltaire... 
à méditer !

Le droit naturel est celui que la nature indique à tous les hommes. Vous avez élevé votre enfant, il vous doit du respect comme à son père, de la reconnaissance comme à son bienfaiteur. Vous avez droit aux productions de la terre que vous avez cultivée par vos mains. Vous avez donné et reçu une promesse, elle doit être tenue.
Le droit humain ne peut être fondé en aucun cas sur ce droit de nature ; et le grand principe, le principe universel de l’un et de l’autre, est, dans toute la terre : « Ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît. » Or on ne voit pas comment, suivant ce principe, un homme pourrait dire à un autre : « Crois ce que je crois, et ce que tu ne peux croire, ou tu périras. » C’est ce qu’on dit en Portugal, en Espagne, à Goa. On se contente à présent, dans quelques autres pays, de dire : « Crois, ou je t’abhorre ; crois, ou je te ferai tout le mal que je pourrai ; monstre, tu n’as pas ma religion, tu n’as donc point de religion : il faut que tu sois en horreur à tes voisins, à ta ville, à ta province. »
S’il était de droit humain de se conduire ainsi, il faudrait donc que le Japonais détestât le Chinois, qui aurait en exécration le Siamois ; celui-ci poursuivrait les Gangarides, qui tomberaient sur les habitants de l’Indus ; un Mongol arracherait le cœur au premier Malabare qu’il trouverait ; le Malabare pourrait égorger le Persan, qui pourrait massacrer le Turc : et tous ensemble se jetteraient sur les chrétiens, qui se sont si longtemps dévorés les uns les autres.
Le droit de l’intolérance est donc absurde et barbare : c’est le droit des tigres, et il est bien horrible, car les tigres se déchirent pour manger, et nous nous sommes déchirés pour des paragraphes.
Voltaire Traité sur l’intolérance  1763  
Le Monde de la philosophie Flammarion 2008 ch.VI  p.355-6

jeudi 31 décembre 2015

Bonne année 2016

A toutes les femmes et tous les hommes qui passeront par cette page (à celles et ceux aussi qui n'y passeront pas !), aux Français de racine, de souche, de sang, de sueur, de cœur, de culture ou d'occasion, aux étrangers venus de tous les horizons (on est toujours l'"étranger" de quelqu'un !), aux citoyens du monde et à ceux de nulle part, aux prétendus grands et aux vrais humbles, aux croyants (quel(s) que soi(en)t leur(s) dieu(x), aux incroyants (quelles que soient leurs raisons), aux travailleurs de tous les pays (unissez-vous !), à ceux qui voudraient travailler, aux malades et aux bien portants, aux jeunes qu’on ignore (pas d’expérience) et aux vieux qu’on vire (trop d’expérience), aux démocrates, à ceux qui prétendent l'être, à ceux qui manipulent le climat et à ceux qui le subissent, à ceux qui déclenchent les guerres et à ceux qui en souffrent, aux électeurs (toujours piégés) et à ceux qui affirment être leurs représentants (souvent piégeurs), aux marchands, à leurs clients, aux grands prêtres et petits clercs de toutes les religions et à leurs ouailles (parfois libres, souvent captives), à ceux qui veulent se maintenir au pouvoir, à ceux qui se lèvent pour les en chasser, à ceux qui se damnent pour y accéder, aux menteurs (les mêmes), aux mentis, à ceux qui volent et à ceux qui sont volés, aux riches et aux pauvres, aux savants experts (de plus en plus nombreux) et aux "incultes" citoyens (leur nombre croît au même rythme que celui des "experts"), aux nationalistes, régionalistes, séparatistes, anarchistes, monarchistes, catéchistes, écologistes, déconomistes, violonistes, lampistes, utopistes, journalistes, pessimistes (les mêmes) et aux touristes, aux politologues, cancérologues, tabacologues, anthropologues, déconologues (expertise à créer d’urgence), aux gendarmes et à leurs gibiers, aux maîtres d’école et à leurs élèves, aux ministres et aux sinistres (les mêmes), aux facteurs inspecteurs du permis de conduire et à ceux qui portent encore des lettres, aux présidents et/ou chanceliers qui ouvrent leurs frontières aux migrants et à ceux qui les ferment (les mêmes), aux terroristes et aux terrorisés, aux marchands d’armes et aux donneurs de leçons pacifistes (les mêmes), aux parle-ment-taire(s) et aux taiseux (qui feraient mieux de parler), aux internautes, cosmonautes, aux Argonautes (d’eau douce), aux réfugiés de Calais et aux bourgeois anglais, aux pollueurs et pollués, aux amuseurs publics des chaînes et à leurs amusés enchaînés, aux otages et à leurs preneurs, aux ménages et à leurs peurs, aux enfants, aux sans-dents et aux dentistes, aux puissants et aux artistes, aux vrais et aux faux frères, aux amoureux du Beau et de la Terre, aux écriveurs, à leurs liseurs…
BELLE et BONNE ANNEE 2016 !
Que cette année dégage un horizon trop encombré de pulsions primitives, de désirs de conquête et d’asservissement de l’autre.
Que, partout dans le monde, elle invite au respect mutuel, qu’elle ouvre les esprits et les cœurs, et nous révèle enfin le sens des mots gravés par nos Anciens au fronton des temples de notre République : LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE.
Elle pourra le faire si nous l’y aidons.
C'est de notre conscience citoyenne que naîtra d'elle le renouveau de l'humanité. 
Notre responsabilité est engagée. 
Ne laissons à personne le pouvoir de parler pour nous, d'agir pour nous, de vivre pour nous.
Bonne année... au travail !

dimanche 15 novembre 2015

Violence


La violence engendre la violence.
Toujours !
Lente progression de la folie qui ne s’arrête que faute de combattants.
L’Histoire nous le révèle, mais nous ne savons plus la lire parce que les tenants des pouvoirs économique et financier, accessoirement politique -leur vassal-, nous écartent désormais de l’apprentissage de la lecture jugée par eux trop subversive.
Or l’ignorance et l’inculture livrent l’homme à ses passions et pulsions les plus primitives de même nature que celles qui arment les bandits du commerce international, à des croyances qu’il prétend d’ordre divin, en réalité profanes et criminelles.
La conception archaïque de la société humaine selon laquelle quelques uns, très rares, ont reçu mission de dominer tous les autres, leur imposer leurs dogmes de production et consommation, leur infliger leur loi unique et universelle, a produit la terrifiante situation dans laquelle se trouve notre monde aujourd’hui.
La violence engendre la violence.
Toujours !
La destruction de nos sources de vie (pourrir les eaux, tuer les abeilles, empoisonner la terre, infecter l’air, ruiner les forêts…) se prolonge mécaniquement de la destruction de la vie elle-même, à coup de pesticides cancérigènes, de gaz létaux ou de rafales de kalachnikov.
Quel que soit son mode d’expression, la violence est partout de même origine, de même nature, et produit partout les mêmes effets.
Lutter contre le terrorisme armé d’où qu’il vienne (d’un Etat, de réseaux de trafiquants ou de factions sectaires dites « intégristes ») suppose de lutter avec la même détermination et la même vigueur contre tous les terrorismes, y compris celui qui hante les coulisses des institutions officielles en col blanc et cravate.
Ne nous y trompons pas : ces terrorismes s’alimentent les uns les autres.
La tragédie que nous vivons aujourd’hui, les morts que nos pleurons, les blessés que les médecins tentent de retenir sur la rive des vivants, l’insupportable détresse de leurs familles, sont l’horrible conséquence d’un laxisme collectif qui, par paresse ou manipulation politicienne, nous a fait perdre de vue les valeurs essentielles qui devraient être le socle d'une société fraternelle, nous fait ignorer les repères seuls capables de nourrir le respect de chacun par tous et de tous par chacun.
Cette tragédie est le fruit de la société de consommation qui nous emprisonne et nous asservit chaque jour davantage, certes. Elle est surtout la conséquence de la société de compétition universelle dite « libérale » dans laquelle chacun devient le concurrent de l’autre, son rival, son ennemi à terrasser, voire à abattre, qu’il soit chauffeur de taxi mis en péril par un automobiliste sans licence, inspecteur du permis de conduire menacé par un postier, ou adepte d’une quelconque religion persuadé de détenir seul toute la Vérité.
Sous prétexte de modernisation sociale, amolli par les coups de boutoir anglo-saxons, notre Occident s’est soumis avec complaisance à la loi la plus inique dont des siècles de lente -souvent douloureuse- progression humaniste avaient atténué les effets : la loi de la jungle !
Il en paie maintenant le prix.
Seule une conscience citoyenne authentiquement enracinée dans notre devise républicaine, nourrie d’un amour inconditionnel de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, pourra nous sauver.
Il est encore temps de ressusciter la République.
Mais, souvenons-nous que : 
La violence engendre la violence.
Toujours !
Salut et Fraternité.

mardi 1 septembre 2015

Je suis heureux de vous présenter mon nouveau roman :


Boulevard des Pyrénées
Entre science et conscience… l’amour !
À l’occasion d’un salon du livre, un écrivain dont le couple bat de l’aile croise une femme à la beauté mystérieuse. Au cours des trois jours du salon, elle apparaît, disparaît sans aucune explication. Au moment où l’écrivain attend son train du retour, elle surgit sur le quai de la gare, lui propose une visite au musée des Beaux-Arts. Troublé, il accepte, décide de rester à Pau où il garde sa chambre d’hôtel. Ils prennent l’habitude de se retrouver sur le boulevard des Pyrénées, véritable balcon de ville ouvert sur le spectacle grandiose toujours changeant de la haute montagne. La main courante de la balustrade porte des repères d’identification des sommets -Montagnes du Lac bleu, Pic de Bassia, Balaïtous…- qui deviennent autant de stations d’une passion naissante. Pris dans les mailles de la fascination amoureuse, l’écrivain se sent à la fois heureux et furieux. Plus il se révèle à cette femme dont il ne connaît même pas le prénom, plus elle semble chaque jour différente. Un jour, elle s’offre à lui avec fougue ; un autre jour, elle s’abandonne sans enthousiasme. Un jour, cette spécialiste du cerveau et de l’intelligence artificielle -elle travaille dans une équipe internationale de recherche informatique- se fait le chantre de la science ; un autre, elle se montre humaniste, attentive aux élans du cœur, loue les mérites de la conscience. Un jour, le puissant ylang-ylang la parfume ; le lendemain, une délicate fragrance vanillée. Qui est vraiment cette femme ? Il découvrira enfin qu’il a été le jouet d’une curieuse manipulation !

Dans la belle ville de Pau, sur le prestigieux boulevard des Pyrénées, sous couvert de relation intellectuelle et amoureuse, ce roman très contemporain, écrit à la première personne, explore l’espace où séjourne l’esprit, les inquiétants pouvoirs de la science et des techniques, et célèbre le féminin.

Boulevard des Pyrénées… un chassé-croisé troublant, amoureux et sensuel.

Boulevard des Pyrénées sortie 15/09/2015 240 p. 22,50 € 
daniellenees@genese-edition.eu 


lundi 24 août 2015

ANSCHLUSS

Par sa cruelle répétition, l’Histoire nous aura pourtant prévenus.
Nous ne pourrons pas dire dans quelques semaines, quelques mois au plus, que nous ne savions pas !
Le troisième Anschluss est en cours.
Souvenons-nous du premier Anschluss, de mars 1938, quand l’Allemagne nazie avait décidé, pour créer sa grande Mitteleuropa d’annexer tous les pays de langue germanique d’Europe centrale. Sous la pression, le chancelier autrichien Schussnig avait organisé un grand référendum pour demander à son peuple s’il souhaitait un rapprochement avec l’Allemagne. Redoutant son résultat négatif, Hitler avait ordonné l’invasion de l’Autriche. Violant tous les principes démocratiques, l’armée nazie avait pulvérisé la souveraineté de ce pays dont les habitants, qui n’avaient plus le choix, avaient ratifié leur ruine à près de 100% des électeurs, les rares opposants/résistants ayant été au préalable envoyés dans les camps de concentration nazis. La France avait mollement  fait savoir qu’elle pourrait ne pas être entièrement d’accord… l’Angleterre de même. Quant aux Etats-Unis, leur silence assourdissant avait valu acceptation, voire complicité, qui avaient conforté Hitler dans ses désirs fous d’hégémonie : « Deutschland über alles ».
Résultat : après l’Autriche, l’Allemagne s’intéressa à la Pologne… La Seconde Guerre mondiale était devenue inévitable !
Le second Anschluss se poursuit, piloté par l’Union européenne aux ordres désormais de l’Allemagne, elle-même aux ordres des Etats-Unis : celui de l’Ukraine, pays cœur historique de la Russie. Partant d’un accord de rapprochement négocié avec une fraction d’activistes politiques ukrainiens, entre 2007 et 2012, l’Union Européenne considérait comme acquis d’indéfectibles liens entre Bruxelles et Kiev. Mais, en décembre 2013, le président Viktor Ianoukovitch refusa de signer l’acte définitif d’association qui visait aussi l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et la Biélorussie. C’est ce refus qui provoqua les manifestations de la place de l’Indépendance. Thierry Repentin, ministre français chargé des Affaires européennes, déclarait alors : « Il faut accompagner l’Ukraine vers un autre avenir… », la faire « rentrer dans un grand forum démocratique ». Tandis que, après la promesse de prêt d’un milliard d’Euros accordé par l’Union à l’Ukraine, Maja Kocijanc, porte-parole de Catherine Ahston, haute représentante de l’Union pour les Affaires européennes, affirmait : « C’est un signe de solidarité, pour montrer notre soutien », et que Peter Stano, porte-parole du Commissaire européen chargé de l’élargissement et de la politique de voisinage ( !?!) concluait : « On veut montrer à la Russie qu’on soutient toujours l’Ukraine ». Quant au fameux FMI (Fonds Monétaire International) piloté par Washington, il promettait aux Ukrainiens un prêt de 15 milliards de dollars en échange d’un plan d’austérité, d’une hausse du prix du gaz, de l’augmentation de l’âge de la retraite et de la privatisation des mines publiques. Résultat : des milliers de morts, une grande partie d’Europe centrale déstabilisée, une nouvelle « guerre froide » en gestation, des embargos imbéciles décidés par les Etats-Unis appliqués à l’aveugle par la France qui accentue ainsi sa ruine (chantiers navals, éleveurs, producteurs de fruits et légumes, industriels et artisans…), l’opprobre jeté sur un pays européen maillon essentiel de la chaîne européenne seule capable de rééquilibrer le monde et d’éteindre les incendies religieux qui ravagent l’Orient. Et ce n’est pas fini !
Le troisième Anschluss démarre sous nos yeux : celui de la Grèce par les mêmes redoutables associés que sont une certaine et prétendue « Union européenne » aux ordres de l’Allemagne, les banques privées et dites « publiques », et le FMI, l’incontournable bras armé de Washington. Résultat : la souveraineté d’un pays bafouée par des donneurs de leçons de morale politique, un peuple grec laminé, la démocratie assassinée (née dans ce pays voilà 2500 ans !), des responsables politiques manipulés avec la malveillante complicité d’une France daladière aussi molle qu’en 1938, et le silence  d’une Angleterre chamberlaine aussi assourdissant qu’au retour de Munich… Autre résultat  de nature à réjouir Berlin : la plupart des grandes fortunes grecques se sont mises à l'abri dans des banques… allemandes, et une vingtaine d’aéroports internationaux grecs sont en cours de rachat par des sociétés… allemandes !
A qui profite le crime social ?
Pendant ce temps, le premier ministre français va assister aux frais du contribuable, avec son amie la chancelière Merkel, à une partie de balle au pied espagnole en… Allemagne, tandis que son ministre des Finances vend les aéroports français à la Chine (comme le Pirée, port d’Athènes !), et remplace les trains de nos régions par des lignes d’autobus acquises -ou en cours d’acquisition- par des entreprises de transport en grande partie… allemandes.
Si le problème n’était pas si grave, nous pourrions conclure cette présentation de notre situation d’un immense éclat de rire accompagné d’un sonore : « Cherchez l’erreur ! »
Mais dans la situation actuelle de conflit économique -et armé : (Ukraine)- déclaré par les spéculateurs financiers anglo-saxons et l’OTAN  à l’Europe de Schumann, Monet, de Gaulle et Adenauer, fermer les yeux serait criminel.
L’Histoire se répète, avec les mêmes acteurs, des acteurs sans foi ni loi qui profiteront de la colère des peuples rendus incontrôlables par les souffrances qu’ils leur imposent pour prendre le pouvoir en Europe.
En ce moment : Ukraine… Grèce…
Dans combien de temps… la France ?
Cultivons notre vigilance citoyenne et agissons alors que nous le pouvons encore, afin que le troisième Anschluss ne produise pas… la Troisième Guerre mondiale !
Salut et Fraternité.                                                                            
      24 08 2015 ( jour de saint Barthélémy !)