Mon avis, à moi, Folie, est que plus on est fou, plus on est heureux, pourvu qu'on s'en tienne au genre de folie qui est mon domaine, domaine bien vaste à la vérité, puisqu'il n'y a sans doute pas, dans l'espèce humaine, un seul individu sage à toute heure et dépourvu de toute espèce de folie. Il n'existe ici qu'une différence : l'homme qui prend une citrouille pour une femme est traité de fou, parce qu'une telle erreur est commise par peu de gens : mais celui dont la femme a de nombreux amants et qui, plein d'orgueil, croit et déclare qu'elle surpasse la fidélité de Pénélope, celui-là personne ne l'appellera fou, parce que cet état d'esprit est commun à beaucoup de maris.
jeudi 12 décembre 2013
ERASME : Eloge de la folie...
Erasme de Rotterdam écrivait, en 1508 :
Mon avis, à moi, Folie, est que plus on est fou, plus on est heureux, pourvu qu'on s'en tienne au genre de folie qui est mon domaine, domaine bien vaste à la vérité, puisqu'il n'y a sans doute pas, dans l'espèce humaine, un seul individu sage à toute heure et dépourvu de toute espèce de folie. Il n'existe ici qu'une différence : l'homme qui prend une citrouille pour une femme est traité de fou, parce qu'une telle erreur est commise par peu de gens : mais celui dont la femme a de nombreux amants et qui, plein d'orgueil, croit et déclare qu'elle surpasse la fidélité de Pénélope, celui-là personne ne l'appellera fou, parce que cet état d'esprit est commun à beaucoup de maris.
Mon avis, à moi, Folie, est que plus on est fou, plus on est heureux, pourvu qu'on s'en tienne au genre de folie qui est mon domaine, domaine bien vaste à la vérité, puisqu'il n'y a sans doute pas, dans l'espèce humaine, un seul individu sage à toute heure et dépourvu de toute espèce de folie. Il n'existe ici qu'une différence : l'homme qui prend une citrouille pour une femme est traité de fou, parce qu'une telle erreur est commise par peu de gens : mais celui dont la femme a de nombreux amants et qui, plein d'orgueil, croit et déclare qu'elle surpasse la fidélité de Pénélope, celui-là personne ne l'appellera fou, parce que cet état d'esprit est commun à beaucoup de maris.
Rangeons parmi ces illusionnés les chasseurs forcenés, dont l'âme n'est vraiment heureuse qu'aux sons affreux du cor et dans l'aboiement des chiens. Je gage que l'excrément des chiens pour eux sent la cannelle. Et quelle ivresse à dépecer la bête ! Dépecer taureaux et béliers, c'est affaire au manant ; au gentilhomme de tailler dans la bête fauve. le voici, tête nue, à genoux, avec le coutelas spécial qu'aucun autre ne peut remplacer ; il fait certains gestes, dans un certain ordre, pour découper certains membres suivant le rite. Autour de lui, la foule, bouche bée, admire toujours comme un spectacle nouveau ce qu'elle a déjà vu plus de mille fois, et l'heureux mortel admis à goûter l'animal n'en tire pas mince honneur. A force de poursuivre les bêtes fauves et de s'en nourrir, les chasseurs finissent par leur ressembler ; ils n'en croient pas moins mener la vie des rois.
Erasme 1469-1536 Eloge de la folie Le Monde de la philosophie/Flammarion XXXIX p.64-65
mercredi 27 novembre 2013
PSA-Varin Crime contre la société
Le
groupe PSA, constitué des marques Citroën et Peugeot, toujours propriété de la
famille Peugeot, est en grandes difficultés depuis plusieurs années. Aux
restructurations de chaînes d’assemblage succèdent les mesures d’économies
touchant gravement le personnel de fabrication, d’exécution comme
d’encadrement, et les rumeurs de plans sociaux manipulés par la direction afin
de préparer tous et chacun à des mesures plus sévères encore sans doute déjà
programmées.
Depuis
quatre ans à la tête de ce groupe emblématique de l’industrie automobile
française, un homme : Philippe Varin. Ancien polytechnicien, président du
directoire de PSA, c’est lui qui négocie actuellement une augmentation de
capital de 4 milliards dans laquelle sont impliqués sont partenaire chinois
Dongfeng et… l’Etat, -donc le contribuable !- français. Les craintes quant
à l’avenir de ce groupe sont fondées puisque, pour maintenir la tête des
actionnaires hors de l’eau, et la survie industrielle, son directoire orienté
par Philippe Varin a déjà considérablement réduit les dépenses d’investissement
durant le troisième trimestre 2013. Or il n’est pas nécessaire d’avoir chaussé
le bicorne noir et porté l’épée pour savoir qu’une entreprise qui n’investit
pas, ou pas assez, se condamne à une mort lente, parfois brutale !
Venu
de la sidérurgie, cet homme qui a commencé sa carrière chez Péchiney s’est
rendu visible dans le monde spéculo-industriel en vendant Corus Steel, au prix
fort, au terme d’enchères qui avaient défrayé la chronique, au groupe indien prédateur
Tata. L’opération financière avait été saluée. Mais, dans le contexte ardu de
la mondialisation assis sur une concurrence effrénée capable d’aller jusqu’au
meurtre social pour réussir ses coups, elle était loin des préoccupations
ordinaires de production d’une entreprise industrielle.
Aujourd’hui, forcée de constater qu’elle a fait le mauvais
choix en embauchant un homme de ferraille plutôt que d’automobile, la famille
Peugeot décide de revoir sa copie, d’indiquer la sortie à Philippe Varin, et de
confier les rênes de l’entreprise moribonde, dès 2014, à un nouvel expert issu
tout droit des couloirs de son rival principal Renault. La manœuvre ressemble
fort à une panique de généraux de plomb sur un front enfoncé de toutes parts.
Cette situation prouve, une fois de plus, mais toujours aux
dépens du peuple laborieux, que croire au génie des seuls rejetons de
prétendues grandes écoles mène plus souvent à la défaite qu’à la
victoire !
Monsieur Philippe Varin va donc quitter ses fonctions à la
tête du groupe PSA après avoir échoué, selon les spécialistes, et entraîné dans
son échec des milliers de salariés, généré des détresses profondes, multiplié
les promesses de misère dont il semble ne pas se sentir l’auteur. Pour preuve
de son innocence insolemment affirmée par lui, il va se retirer des affaires
avec une retraite chapeau d’un montant de 21 millions d’euros versée en rente
annuelle, somme intégralement financée par l’entreprise et, semble-t-il,
totalement exonérée de charges sociales. Chapeau… l’artiste !
A
croire que la famille Peugeot est prête à tout pour envoyer au diable ce grand
patron trop encombrant. Prête à tout, surtout à faire passer directement de la
poche déjà bien vide du contribuable (vous et moi) à la poche déjà bien pleine
de Philippe Varin la participation financière attendue de l’Etat au
redressement de l’entreprise !
Nul
doute qu’avec un tel pactole, le héros de cette entourloupe pourra se retirer
loin des lieux où se développeront les résultats de son court règne à la tête
de PSA, à des années-obscurité des tragédies créées par ses décisions. Il ne
verra rien des vies brisées, des familles condamnées à la survie, des enfants
envoyés dans des zones de non-droit plutôt qu’à l’école, des dépressions
nerveuses, de la violence née de l’inactivité forcée, des trafics de tout poil,
des suicides… Hors de sa vue les misères d’un peuple inodore, incolore et sans
saveur puisque… ignoré !
Avec
cette affligeante affaire, la société a une fois de plus sous les yeux la
démonstration que la rente de situation n’est attachée qu’à la fonction obtenue
par cooptation (synonyme de copinage), certainement pas à la compétence, ni au
talent, encore moins à la volonté de travailler ensemble pour gagner ensemble.
Une fois de plus, la « France du bas » (si élégamment qualifiée ainsi
par un ancien premier ministre) constate les étonnantes aptitudes à la cécité,
à l’amnésie, à l’insensibilité de la « France du haut », toutes
infirmités présentées par ceux-là mêmes qui en sont atteints comme des qualités
indispensables à leur rayonnement.
Fort
heureusement, tous les crimes tombent sous le coup de lois nationales ou
internationales. Outre ceux, évidents, qui constituent une infraction pénale,
passibles des tribunaux ordinaires d’un pays, ceux commis par des groupes, institutions
ou Etats sont, depuis l’accord de Londres du 8 mai 1945, jugés, leurs auteurs
condamnés par des juridictions internationales dont la Cour pénale
internationale. Ils ont été justement baptisés « Crimes contre
l’humanité ». C’est le cas de l’assassinat, de l’extermination, de la
réduction en esclavage, de la déportation, des persécutions pour des motifs
politiques, raciaux ou religieux. La qualification de « Crime contre
l’humanité » exige le constat d’une volonté, d’une intention affirmée
d’une discrimination chez son (ses) auteur(s). Ainsi en est-il, par exemple, de
l’antisémitisme.
Or,
échappent à ces règles et lois nationales et internationales les délits de
maîtres de l’économie dont les comportements aboutissent pourtant à de
véritables drames sociaux. Où sont les responsables de la catastrophe de
Bophal, en Inde, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de victimes ?
Que devient le maharaja de Florange, à la tête du groupe Arcelor-Mittal ?
Que font aujourd’hui les manipulateurs de Good Year ? La liste pourrait
être longue ; elle grandit chaque jour nouveau qu’ouvre le calendrier.
Pourtant,
ces comportements sont eux aussi volontaires et froidement décidés, résultats
d’une intention affirmée : faire le plus vite possible (ici quatre
ans !) sur le dos de tous, personnels de l’entreprise et citoyens
contribuables, le maximum de profits à distribuer à quelques-uns, quels que
soient ce que les militaires appellent les « dégâts
collatéraux » ! Et ces stratégies de développement financier, cet
oubli programmé de celles et ceux qui, sur le chantier ou à leurs machines,
sont à l’origine même des grandes fortunes, aboutissent aux résultats
comparables à ceux obtenus par les fous d’un dieu quel qu’il soit, les
frénétiques d’une culture exclusive, les obsédés d’une frontière née seulement
dans leur délire. Elles aboutissent aux mêmes résultats : ruines
individuelles, destruction du tissu social, stérilisation des meilleurs
talents, abrutissement de la jeunesse (qui durerait jusqu’à quarante
ans !) et mépris de la vieillesse (qui commencerait à quarante
ans !), maladies provoquées par la déchéance et la cohabitation
quotidienne avec la honte, par l’épuisement, ou (répétons-le parce que notre
pays en détient de tristes records) la mort « choisie »
(souvenons-nous de France Télécom).
C’est
toute la société qui est victime de prédateurs sans foi ni loi, souvent pressés
d’aller planquer leur butin dans des paradis fiscaux, qui est exploitée, mise
en coupe réglée, saignée à blanc, rognée jusqu’à l’os, qui voit ses enfants
sacrifiés, sa culture offerte au mieux payant, ses forces vives manipulées,
détournées, retournées contre elle-même par ceux-là, en vertu d’un principe
indigne qu’ils appliquent sans sourciller : « Après moi… le
déluge ! »
A
l’heure où les Restos du cœur redoutent de dépasser le million d’assistés
durant la nouvelle saison froide, où les pouvoirs publics appellent avec raison
à la solidarité nationale, où les élus de la Nation sont pris à la gorge par
une dette publique incompressible qui rend le pays ingouvernable, où des
légions de bénévoles manquent de moyens pour tenter de limiter les dégâts
provoqués par quelques fanatiques du libéralisme économique, où explose le
nombre des détresses et des suicides, nous pouvons légitimement nous demander
pourquoi ces délinquants en col blanc, ces navigateurs internationaux de la
finance, ces spécialistes de la spoliation des humbles, présentés par le monde
anglo-saxon notamment comme des modèles de réussite, ne tombent pas sous le
coup des lois.
L’évidence
est là : ils jouent entre eux dans une cour de non-droit. Aucun texte
réglementaire ne leur interdit de commettre ces actes délictueux.
Mais,
ce constat est à mettre à l’actif de l’affaire PSA-Varin : le tragique de
notre temps nous indique que nous touchons au terme de ces jeux criminels.
Il
est urgent, maintenant, aujourd’hui, ce soir, de doter notre humanité d’un
arsenal juridique qui permettra, sinon de mettre hors d’état de nuire les
délinquants économiques et financiers et les prédateurs internationaux, au
moins de les contraindre à recouvrer la vue, l’ouïe, le cœur et, avec le sens
de l’honneur, les voies du respect de l’autre.
Il
est urgent de créer la notion de « CRIME CONTRE LA SOCIETE » !
Que
ces gens-là et leurs complices, les généreux donateurs de retraite chapeau et
leurs bénéficiaires, sur plainte de leurs victimes ou de l’Etat, soient jugés
par des représentants des peuples, qu’ils aient à rendre des comptes, qu’ils
justifient l’emploi des royaux profits réalisés sur le dos de leurs sujets d’un
nouveau genre. Qui, par exemple, savait hier encore que
l’ « exemplaire Allemagne » n’a pas de salaire minimum
obligatoire, que nombre des ses entreprises paient leurs salariés deux ou trois
euros de l’heure, et que, si certains y roulent en berlines de grand luxe, des
millions d’autres n’ont pas de quoi s’y offrir un vélo ?
Comme,
autrefois, en matière de « Crimes contre l’humanité », L’Europe peut
devenir, aujourd’hui, l’inspiratrice d’une telle révolution pacifique.
Qu’il
devienne impossible de quitter un fauteuil doré, les poches pleines de 21
millions d’euros, après avoir laissé mettre à mal la société, par voie de
conséquence, ruiné celles et ceux qui, par leur travail quotidien, ont gagné
cet argent, serait maintenant la preuve de la réelle suppression de
l’esclavage, celle aussi de la vraie modernité humaine substituée à la
primitive loi de la jungle… une exigence absolue !
Plutôt
que la TVA sur les heures de poney dans les centres équestres, les instances
européennes ont là LE chantier d’avenir à ouvrir. Pourront-elles… oseront-elles
le faire ?
C’est
à nous, citoyens électeurs, de l’exiger !
Salut
et Fraternité.
mercredi 20 novembre 2013
Sous les étoiles de septembre...
Sous les
étoiles de septembre
Notre
cour à l’air d’une chambre
Et le
pressoir d’un lit ancien
Grisé
par l’odeur des vendanges
Je suis
pris d’un désir étrange
Né du
souvenir des païens
Refrain
Couchons
ce soir sur le pressoir
Et tous
les deux faisons cette folie
Couchons
ce soir sur le pressoir
Margot,
Margot ma jolie.
Refrain
Parmi
les grappes qui s’étalent
Comme
une jonchée de pétales
Ô ma
bacchante ! roulons-nous
J’aurai
l’étreinte rude et franche
Et les
tressauts de ta chair blanche
Ecraseront
les raisins doux.
Refrain
Sous les
baisers et les morsures
Nos
bouches et les grappes mûres
Mêleront
leur sang généreux
Et le
vin nouveau de l’automne
Ruissellera
jusqu’en la tonne
D’autant
plus qu’on s’aimera mieux
Refrain
Au petit
jour, dans la cour close
Nous
boirons la part de vin rose
Œuvrée
de nuit par notre amour
Et dans
ce cas tu peux m’en croire
Nous
aurons pleine tonne à boire
Lorsque
viendra le petit jour.
Gaston
COUTÉ poète pacifiste et libertaire (Beaugency 1880-Paris 1911)
Extrait
de Chansons à boire – Chanter les vins de
Loire éd. du Chasse-Marée/Collectif
Traditions Orales/Ethno Centre
lundi 11 novembre 2013
MACHIAVEL : L'art de la guerre.
Peut-être pourrions-nous, en ce jour de commémoration d'une tragique victoire, en hommage à nos Anciens, soldats citoyens que des "princes" avaient envoyés sur un front dont ils ne reviendraient pas, méditer ces lignes de Machiavel, extraites de L'Art de la guerre :
N'avez-vous pas chez vous un proverbe qui vient à l'appui de mon opinion ? "La guerre fait les voleurs, et la paix les fait pendre."
Lorsqu'en effet un individu qui vivait uniquement de la guerre a perdu ce moyen de subsister, s'il n'a pas assez de vertu pour pouvoir se courber, en homme d'honneur, sous le joug de la nécessité, il est forcé par le besoin à courir les grands chemins, et la justice à le faire pendre.
(...) Permettez-moi d'achever le développement de mes deux propositions : l'une, qu'un honnête homme ne peut embrasser, pour sa profession, le métier des armes : l'autre, qu'une république ou des royaumes sagement constitués ne l'ont jamais permis à leurs citoyens ou à leurs sujets. Je n'ai plus rien à dire sur la première de ces propositions ; il me reste à vous entretenir de la seconde.
(...) Tant que le république se maintient pure, jamais un citoyen puissant n'entreprit de se servir de la profession des armes pour maintenir pendant la paix son autorité, renverser toutes les lois, dépouiller les provinces, tyranniser sa patrie et tout soumettre à sa volonté. Jamais un citoyen des dernières classes du peuple n'osa violer son serment militaire, attacher sa fortune à celle des particuliers, braver l'autorité du Sénat, et concourir à des attentats contre la liberté, afin de pouvoir vivre en tout temps de son métier des armes. Les généraux, dans ces premiers temps, satisfaits des honneurs du triomphe, retournaient avec plaisir à la vie privée. Les simples soldats déposaient leurs armes avec plus de plaisir encore qu'ils ne les avaient prises et reprenaient leurs occupations accoutumées, sans avoir jamais conçu le projet de vivre du produit des armes et des dépouilles de la guerre.
(...) Un Etat bien constitué doit donc ordonner aux citoyens l'art de la guerre comme un exercice, un objet d'études pendant la paix ; et, pendant le guerre, comme un objet de nécessité et une occasion d'acquérir de la gloire, mais c'est au gouvernement seul, ainsi que le pratiqua celui de Rome, à l'exercer comme métier. Tout particulier qui a un autre but dans l'exercice de la guerre est un mauvais citoyen ; tout Etat qui se gouverne par d'autres principes est un Etat mal constitué.
Machiavel 1469-1527 L'art de la guerre Livre premier.
jeudi 4 juillet 2013
Génie en exil...
Tous les matins, le journal de France Culture ouvre ses fenêtres sur le monde.
Billet d’esprit de Philippe Meyer, chronique sérieuse de Brice Couturier, analyse politique fine d’Hubert Huertas, réactions parfois surprenantes des invités réguliers ou occasionnels… j’y trouve toujours un grand intérêt.
Mais, ce matin, c’est la consternation qui l’a emporté !
Marc Voinchet recevait un Russe, Sergueï Gouriev.
Ses analyses socio-économiques ont fait de cet homme, paraît-il, un dangereux contestataire indésirable dans les couloirs du Kremlin. Au point qu’il a dû venir se réfugier en France !
Ce prétendu génie en exil aurait raté le prix Nobel d’économie à plusieurs reprises, de peu, paraît-il encore !
Formé aux Etats-Unis (il y a même enseigné !), Gouriev prétend dénoncer la corruption dans son pays, les pratiques politico-financières d’une intelligentsia au-dessus de tous les contrôles, l’émergence d’une maffia d’un nouveau style dont les actions et profits ressemblent fort à l’ancienne, l’autoritarisme impérial d’un Poutine tout puissant, la fuite des capitaux qui appauvrit le pays… Mais, jusqu’à il y a quelques mois, ce nouveau héros du parler vrai n’était autre que… le conseil et la plume de… Medvedev alors président de Russie, dont chacun sait (leur jeu de chaises musicales en est la preuve !) qu’il est en accord total avec Poutine pour la confiscation de droits et libertés du peuple.
Que venait-il faire, ce matin, sur les ondes de cette radio française de qualité ?
Il venait y déballer des banalités affligeantes, mais exprimées en langue anglaise (ce qui leur conférait d’emblée une valeur évangélique !), cette langue qui permet, à coup sûr, de décrocher le moment venu le fameux prix créé par les inventeurs de la dynamite.
L’« exilé » en France Sergueï Gouriev s’exprimait chez nous dans cet idiome pour prouver sans doute au monde entier ses qualités de Monsieur Propre de la planète (un de plus… comme Obama prix Nobel de la Paix !!!), et de citoyen… du monde !
S’il ne maîtrise pas le français (ce que je peux comprendre, bien que les Russes cultivés tiennent à pratiquer notre langue aujourd'hui encore) pourquoi cet esprit universel n’a-t-il pas confié ses inestimables confessions aux auditeurs matinaux de France Culture dans sa langue maternelle, le russe, dont les harmonies valent au moins autant que les marmelades anglo-saxonnes ? Que nul ne me dise qu’il ne se trouvait aucun interprète russe-français à Paris capable de saisir puis de faire partager les subtilités des analyses de Sergueï Gouriev… je ne le croirais pas !
Alors, pourquoi ?
Peut-être l’a-t-il fait pour singer les prétendus grands communicants de notre temps qui se croient condamnés à rester petits s’ils viennent à rester fidèles à leurs racines.
Peut-être aussi l’a-t-il fait pour ajouter son accent slave à l’inoubliable langue des Bush afin d’accentuer ses mérites et souffrances d’exilé politique : « Voyez comme je dois me faire violence pour, loin de chez moi, continuer à tenter de rendre le monde plus intelligible, et l’humanité plus intelligente ! Un sacerdoce ! Que dis-je ? Un sacrifice ! »
Mais, comme le Canada Dry d’hier qui ressemblait à une boisson alcoolisée sans en être, un séjour à l’étranger peut avoir la couleur de l’exil, le goût de l’exil, la saveur de l’exil, sans être pour autant… un véritable exil !
Il est des exils apparents qui relèvent davantage de la manipulation que de l’engagement à risques. Il en est même qui ne sont que le résultat de la trouille habilement déguisée en désir de protection pour continuer un prétendu combat.
N’est pas Voltaire qui veut !
N’est pas Victor Hugo qui veut !
Ma consternation de ce matin ne résulte pas du comportement de cet homme dont la nature ressemble beaucoup à celle de très nombreux autres qui, s’appuyant sur l’inculture galopante de notre époque, veulent faire passer leur fuite pour un assaut, mais à la confusion faite par l’équipe de presse qui l’accueillait, la confusion fréquente de nos jours entre couardise et courage !
Consternation ! Car l’équipe matinale de France Culture ne m’avait pas habitué à une telle faiblesse.
A propos de faiblesse de la presse…
Ne trouvez-vous pas curieux que, depuis le départ d’Obama d’Afrique du Sud et son numéro d’acteur dans une sinistre cellule de prison, l’agonie du grand Nelson Mandela soit évacuée des journaux ? Plus personne n’en parle, comme si la planète journalistique digérait mal d’avoir été flouée de la mort en direct du courageux lutteur anti-apartheid dans les bras de l’illusionniste président des Etats-Unis !
Belle ultime preuve de résistance contre l’inhumanité états-unienne donnée par Mandela mourant : il a refusé d’offrir sa mort à l’homme représentant du pays qui emprisonne les noirs, les passe à la chaise électrique, espionne le monde entier (amis et ennemis confondus), tue les abeilles après avoir exterminé les Indiens, maintient en camp de concentration, à Guantanamo, des êtres humains hors de toute décision de justice et de tout contrôle international.
Mandela... mort ou vivant ?
Certains silences, sous couvert de trop grande richesse de l’actualité, deviennent des complicités.
Certains bruits… aussi !
Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas, Monsieur Gouriev : n’est pas Victor Hugo qui veut !
Mais votre stratégie paiera : vous serez de la nouvelle génération des prix Nobel de paille !
Car… les médailles en chocolat vont plus souvent sur les poitrines des fuyards que sur celles des héros !
Salut et Fraternité !
jeudi 20 juin 2013
VITTE... des Fleurs !
A propos de Des Fleurs à l'encre violette, Thierry Vitte, lecteur fidèle de mes livres, m'écrit ses impressions. Je ne résiste pas au plaisir de les partager avec vous (il m'a très amicalement autorisé à le faire).
Je vous ai découvert avec "Cantate de cristal" qui m'avait tout de suite donné envie de lire le suivant qui venait juste de sortir en librairie, tant j'ai adoré cette histoire et votre façon de la raconter. "Des fleurs à l'encre violette" m'a confirmé aujourd'hui que j'adore lire ce que vous écrivez. Il y a dans ce livre toute l'émotion qui me permet de me déconnecter des histoires sordides qui jalonnent ma vie professionnelle et de la pollution médiatique des faits de notre société actuelle. Dans votre livre vous décrivez tant de choses qui me ramène à mon enfance, des images, des ambiances, des odeurs, même si cela se passait pour moi dans les années 60 et puis et surtout, au fil des pages on remonte le temps, on se transporte à l'époque de la narration pour arriver à vivre avec les personnages. Vous avez imaginé cette histoire qui devient très vite notre histoire (lecteur), la fusion est instantanée. Votre écriture est si fluide et limpide que, même à 3h00 du matin, les paupières lourdes de sommeil, je ne pouvais me résoudre à quitter ce monde qui m'emmenait loin de chez moi. Merci pour ce que vous faites vivre à vos lecteurs, nous sommes nombreux à apprécier votre talent d'écrivain. Bien amicalement.
Merci, cher ami des livres !
mardi 18 juin 2013
BARROSO : "France réactionnaire..."
Selon l’oligarque ultralibéral Barroso, la France serait...
« REACTIONNAIRE » !
« REACTIONNAIRE » !
Ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas d’un compliment adressé par un vassal des Anglo-saxons à un pays qui entend ne pas se laisser soumettre à la seule vision mondialiste imaginée et imposée par Washington, dans la foulée des si tristement célèbres Wall Street et City !
Il s’agit d’une insulte adressée par un homme au pouvoir autoproclamé, même pas élu, à ceux qui entendent faire reconnaître qu’il n’existe pas dans le monde que la culture des hamburger, boisson gazeuse à la cocaïne, affameurs détenteurs du monopole des semences et empoisonneurs aux pesticides, banques perverses, menteurs officiels à propos de détention par d’autres d’armes de destruction massive, producteurs de films d’une violence extrême, marchands de fusils d’assaut à leurs propres enfants, d’un homme au pouvoir méprisant, même pas élu, qui osait prétendre représenter l’Europe aux obsèques dispendieuses d’une Margaret Thatcher anoblie pour avoir massacré les ouvriers de sa « gracieuse Majesté », d’un homme générateur de misère dans une Europe dont il malmène chaque jour la vie démocratique.
De quel droit « divin » ce fils spirituel du dictateur Salazar, l’intégriste religieux qui a fait tant de mal au peuple portugais voilà quelques dizaines d’années, cet intégriste du monopole anglo-saxon se permet-il d’insulter, avec la France, les parlementaires européens qui ont voté le respect de l’exception culturelle européenne et les parlements nationaux qui se sont prononcés pour la résistance contre l’impérialisme d’un Etat qui détient toujours des centaines d’hommes à Guantanamo, sans procès ni perspective d’examen par la justice, dans un camp de concentration digne des pires lieux de tous les totalitarismes de l’histoire ?
De quel droit ce professionnel des corridors et lambris dorés se permet-il de définir la politique européenne, de donner des leçons aux représentants élus des Etats souverains qui composent l’Union, lui qui n’est pas élu, dont la seule mission est d’exécuter les décisions prises par ceux qui tiennent leur pouvoir du suffrage universel ?
En insultant la France, ce privilégié des institutions européennes insulte tous les Français !
En insultant les élus des peuples d’Europe, c’est la démocratie européenne qu’il insulte !
En insultant l’exception culturelle européenne, c’est toute la création européenne, tout le potentiel de présence active de l’Europe dans le monde, toute la dynamique sociale et politique de notre Europe qu’il nie, c'est la tradition d'humanisme européen qu'il piétine, lui qui est payé par les contribuables de notre Union pour, au contraire, les promouvoir !
Ses propos iniques sont de même nature que ceux d’un certain Ronald Rumsfeld, l’ami intime du si brillant inculte G-W Bush, quand il parlait, voilà quelques années, au moment de la « guerre d’Irak », de « la vieille Europe » (oubliant de se rendre compte que ses « jeunes Etats-Unis » sont le plus archaïque Etat du monde puisque celui qui tente de déguiser en progrès le retour à la primitive loi de la jungle !)
Question : Combien cet homme est-il payé par le contribuable européen, par vous et moi, (rémunération, primes multiples et diverses, avantages en nature…) pour détruire sans cesse, de déclarations en génuflexions devant les veaux d’or anglais et états-uniens, tout ce que des millions de travailleurs, de concepteurs, de chefs d’entreprises, d’artistes construisent si courageusement chaque jour sur notre continent ? Combien ?
Sommes-nous masochistes au point de nourrir (voire gaver), vêtir, promener comme un monarque absolu, de palace en palace, cet homme qui, sous couvert de mondialisation inéluctable et d’hyper-libéralisme qu’il prétend seule philosophe politique capable de faire le bonheur des peuples du monde ?
Sommes-nous assez anesthésiés pour subir sans réagir les attaques de cet homme qui, sans une seule voix d’électeur d’Europe (puisqu’il n’est même pas élu !), se considère comme le super chef d’un Etat virtuel capable d’imposer sa loi à tous les détenteurs de mandat démocratique de notre continent ?
Au risque de créer une crise (qui ne sera pas plus grave que ce qu’il fait subir depuis des années à l’Union européenne), il est urgent de renvoyer chez lui cet homme, sans préavis ni indemnité.
C’est ainsi, sans ménagements, que les patrons ultra-libéraux, ses amis, traitent leurs salariés coupables de faute !
Appliquons-lui d’urgence la loi de son monde de sauvages : DEHORS !
Salut et Fraternité.
Image : Drapeau européen. Photographe inconnu. Droits réservés.
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