samedi 14 juin 2008

LIVRE


Les Irlandais nous ayant montré qu'ils préféraient une Europe des peuples à celle des technocrates de Bruxelles soutenue par l'autre, celle des princes de la cour de Strasbourg...
Les hommes bleus ayant prouvé une fois de plus qu'ils préfèrent la piste aux étoiles à la pelouse d'un stade...
Intéressons-nous (si vous le voulez bien) au livre qui vient d'être menacé par une modification de la "loi Lang" proposée par le député Nouveau Centre Jean Dionis du Séjour (d'Agen du lot-et-Garonne).
Je viens de confier à son blog (www.jeandionis.com/blog) le mot suivant que je vous propose de partager :

"Bonjour,
Mille et une excuses d'entrer aussi tardivement dans un débat aussi ardemment alimenté depuis plusieurs semaines. Mais je le fais aujourd'hui, l'amendement fondé sur une argumentation fantaisiste ayant été fort heureusement repoussé, pour signaler que tout a été dit par des acteurs de la chaîne du livre (ou presque tous) sauf par... les auteurs !
Aucun auteur sur ce forum (Monsieur Debord s'exprimant plutôt en sa qualité d'éditeur me semble-t-il). Aucun de celles et ceux qui sont à l'origine de la création littéraire ! Sans l'auteur... pas de livre, donc pas d'éditeur, pas de diffuseur-distributeur, pas de libraire, pas d'économie du livre, pas de loi, ni d'amendement !
Aviez-vous consulté les représentants des auteurs, Monsieur le Député ? Et vous, tous les acteurs précités, quel cas faites-vous de ces femmes et hommes qui vous confient leur texte en espérant être traités un peu humainement, de ces femmes et hommes délaissés au profit exclusif de locomotives produites par le système marchand, condamnés souvent, pour survivre, à écrire les livres que signeront des politiques incapables de mettre en ordre leurs hypothétiques idées et maîtriser leur propre langue ?
Quand verra-t-on, dans les salons et librairies, un rayon ou un espace réservé aux "LIVRE ECRIT PAR SON AUTEUR" ? Parce qu'il serait, à l'évidence, de dimensions réduites, il ne coûterait pas une fortune !
Quand, Monsieur le député, un projet de loi sur la traçabilité du produit publié ? On l'exige bien de l'entrecôte !
La protection de l'auteur véritable du livre, celle aussi du consommateur-lecteur, valent bien celle de l'amateur d'andouille !
Quand ?"
photo GL

mercredi 11 juin 2008

Sion... crépuscule

Loin des préoccupations quotidiennes, du prix du baril, et... des stades :



La Colline Inspirée et... paisible,
un soir de février dernier.
acrylique et huile sur toile GL 24 02 2008

mardi 10 juin 2008

FOOT...

Conseil...
veuillez lancer la musique juste après (seulement après) la lecture de ce billet,
les yeux posés sur... ces admirables pieds !

En bleu, en blanc et en rouge, ils étaient tous là, sur le terrain pour les uns, dans les gradins pour les autres, devant leur poste de télé pour celles et ceux qui, trop loin par la distance, le porte-monnaie, le boulot ou la santé n’avaient pu quitter leur fauteuil.
Où qu’ils soient, dans l’ambiance de trompettes ou assourdis par la traditionnelle alpenhorn, gavés de bière, la part de pizza ou la bouchée prédigérée de hamburger à la main, en famille ou en horde mâle, ils ont eu droit à un spectacle affligeant.
Cette équipe de mal rasés, que d’aucuns nous présentent comme une assemblée bouffie de Pléiades divines issues du Titan
Atlas et de l'Océanide Pléioné, intouchable et invincible, n’a pas su (ou pu) prendre son envol vers les espaces célestes promis par sa prétendue origine mythique.
Pourtant, elle avait été préparée dans des endroits divins, en hôtels étoilés implantés directement dans la voie lactée, au cœur d’un éden suisse (pléonasme ?) digne du paradis biblique, loin des fumées d’usine (mais dans celles de Havane) et d’une populace contenue militairement par l’armée du pays prétendu le plus neutre de la planète. Elle a tapé dans le ballon, fait ses entrechats, pas de deux, et numéros de pantins articulés sur un stade rural parcouru d’ondes positives, sous les yeux de quelques privilégiés seulement, devant les cailloux numériques d’organes de presse dont la seule mission est de rendre hommage aux financiers de l’opération (Coca, Mac Do, Suez…) en faisant croire au peuple qu’il vit là un moment … historique !
Invincible, la Pléiade étoilée, (parce que ...we are the Champions !) même si l’entraîneur porc-épic bredouillait d’avance la glorieuse incertitude du sport… déplorait la présence d’adversaires sur le terrain… soulignait l’intérêt, surtout, de participer, avant le plaisir de l’emporter ! Annoncer la quasi-défaite en avant première de l’improbable victoire : du grand art ! Lui, au moins, se donnait l’absolue certitude d’avoir fait la bonne prédiction !
ET… la montagne suisse accoucha... d’une souris !
Le paradis hôtelier de voie lactée, les effluves vivifiantes du lac Léman, l’épaisseur des tapis et moquettes du palace, les bagnoles de grand sport, les énergies tellurique et cosmique du stade rural, les petites cuillères d’argent, les massages de tous les organes et dans tous les sens, l’isolement monacal ( !?!), les rodomontades de supporteurs à bout de souffle, les roucoulades de présentateurs de lucarnes magiques, les fortunes astronomiques engagées (tirées, qu’on le veuille ou non de la poche du contribuable-consommateur), n’y ont rien fait ! Les Roumains à petits moyens, sortis de leurs chambres d’hôtes les yeux encore embués de doux sommeil helvétique, et roulés en autocar comme de vulgaires collégiens ont… tenu tête aux Dieux !
Insupportable révolution ? Crime de lèse-divinité ? Manque de correction d’une équipe de pays qui se demande encore s’il est en Europe (une Europe du ballon qui… curieusement, n’a pas eu besoin de referendum pour intégrer la Turquie !) ou… ailleurs ?
Juste retour des choses, au contraire! Simple rappel qu’il ne suffit pas d’avoir la plus grosse voiture pour être le plus fort, qu’il ne suffit pas de dépenser en une heure un siècle de salaire de sidérurgiste pour être invincible, que la fréquentation des palaces amollit la tête et les jambes, qu’il ne suffit pas de dire pour être !
Simple rappel que, pour réussir, il faut parfois… être sérieux, et… avoir faim !
Quand on connaît le travail quotidien (discret, loin des carnets de notes et des caméras), le courage, la détermination, les sacrifices, le renoncement à toute distraction, l’inébranlable volonté et l’abnégation des sportifs de très haut niveau dans tous les sports dignes de ce nom, et l’abandon total et chronique dont ils sont victimes, on se prend à se demander si les maîtres de l’intelligence des pieds (et leurs serviteurs) ne sont pas les plus mauvais exemples qu’une nation puisse donner à ses enfants !
"Une victoire des Bleus redonnerait le moral aux Français", entend–on en ce moment chez les philosophes de café du commerce !
Plus inquiétant que rassurant ! Une telle hypothétique victoire confirmerait, surtout et d’abord, en la masquant, la redoutable manipulation orchestrée par des marchands qui, en queue de pie ou jaquette, devant une partition écrite par et pour eux, mènent à la baguette le choeur de… nos élus !
C’est dos au public que le chef dirige ses exécutants !
C’est de la coulisse que règne le metteur en scène !
Prenons garde… nos champions de papier mâché suisse ne sont peut-être que… des lampions !

vendredi 6 juin 2008

Ils sont trop verts...

Le Renard et les Raisins
Certain renard gascon, d'autres disent normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille
Des raisins mûrs apparemment,
Et couverts d'une peau vermeille.
Le galand en eut fait volontiers un repas;
Mais comme il n'y pouvait point atteindre:
«Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.»

Fit-il pas mieux que de se plaindre?

Jean de la Fontaine
Méditons ensemble...
si vous le voulez bien !
renard en Haute-Marne 12 07 photo GL - raisins photo fotosearch

mercredi 4 juin 2008

Le train et... l'escargot !

Excellent pédagogue, prévoyant, bien organisé, un instituteur (je devrais dire : un Professeur des Écoles, mais je dirai plus affectueusement le Maître) voyageait, l’autre jour, dans un train. Sur ses genoux, une boîte transparente garnie de feuilles de laitue que dévoraient à belle râpe… des escargots. Des Bourgogne, bien ronds, bien bruns, bien solides et vifs, destinés à la leçon de choses (je devrais dire : au cours des Sciences de la Vie et de la Terre) qu’il ne manquerait pas de donner à sa classe. Certains, toutes cornes dehors, dégustaient la salade ; d’autres traçaient des voies luisantes entre les feuilles ; d’autres enfin, repliés dans leur coquille, siestaient paisiblement en attendant le terminus. Le Maître, lui, dévorait en silence les morceaux d’un Canard que d’aucuns disent… enchaîné !

Surgit le contrôleur (je devrais dire : la contrôleuse). Casquette vissée sur le chignon, veste grise liserée de bleu serrée sur la poitrine, machine à trouer pendue au poignet, l’agente s’avance…
-Bonjour. Billet s’il vous plaît…
Le Maître plie les ailes du Canard, découvre le vivarium, se penche, fouille dans sa serviette…
-Qu’est-ce que c’est que ça ?
-Heu… des escargots… pour mes élèves ! Je suis instit…
-Des escargots ?
Retenant sa casquette de la main libre, de l’autre la sacoche, l’agente se penche, observe d’un œil pointu dans la boîte ventrue les Bourgogne dodus qui râpent, caracolent, et ronflent dans leur coquille en attendant le terminus …
-Des escargots !
-Oui… des escargots… pour mes élèves ! Nous allons étud…
-Vous avez un billet ?
-Oui… vous venez de le vérifier ! Voulez-vous le rev…
-Non ! Pas le vôtre ! Le leur !
- ???
-Comment ? Vous n’avez pas de billet pour eux ?
- ???
L’agente du train rétablit la position, rajuste la casquette, ouvre la sacoche d’un mouvement précis malgré un coup de tangage brutal de la voiture (c’est fou ce que ces professionnels ont le pied… ferroviaire ! pense le maître en attendant la suite. Comme les marins!). Il ose…
-C’est que, je ne pensais pas qu…
-Je suis obligée de verbaliser !
Autour, on tord le cou pour mieux entendre, on lève les fesses pour mieux voir… Quelque part, un téléphone portable joue la Marche de Sambre et Meuse.
-Verbaliser ? Pour ça ? Mais je n’occupe qu’une place… soyons raisonna…
-C’est le règlement, Monsieur. « Les animaux domestiques doivent s’acquitter d’un titre de transport ! »
L’agente a débité d’un trait, sans respirer, sans sourciller, sans tituber dans les cahots.
-Mais ce ne sont pas des animaux domest…
Trop tard ! Le billet était déjà fait, composté d’un coup de machine bracelet, la main tendue pour recevoir la monnaie !
Dans leur boîte, les Bourgogne râpaient, caracolaient, ronflaient dans leur coquille en attendant le terminus.
Le Maître redéploya les ailes du Canard. Mais la tête n’y était plus. Il dit tout de même au journal, à voix très basse, pour n’être entendu que de lui seul…
-Heureusement qu’elle ne t’a pas vu, toi !
Pour bien montrer que LA LOI, C’EST LA LOI, nom d’un chien (payant !), le soir même -les escargots ayant tout raconté à la presse dès l’arrivée au terminus- dans les étranges lucarnes du 20 heures, interrogé par l’homme-tronc de service, le chef national de l’agente du train, en costume trois pièces de banquier, badge SNCF au revers, fardé et poudré comme un meneur de revue, expliquait qu’il aurait agi de même, et qu’il félicitait son employée pour sa conscience professionnelle exemplaire !
À chemin de fer, poigne de fer !
Qu’on se le dise !


Depuis, terrorisés, les escargots fuient les voies ferrées… ventre à terre !
C’est que, chez les cheminots, on ne badine pas avec… l’humour !


photo escargot fotosearch

lundi 2 juin 2008

Sens... et vérité !


Les sens extérieurs, à proprement parler, ne nous trompent point. C’est notre sens interne qui nous fait trop souvent aller trop vite ; et cela se trouve aussi dans les bêtes, comme lorsqu’un chien aboie contre son image dans le miroir : car les bêtes ont des consécutions de perceptions qui imitent le raisonnement, et qui se trouvent aussi dans le sens interne des hommes, lorsqu’ils n’agissent qu’en empiriques. Mais les bêtes ne font rien qui nous oblige de croire qu’elles aient ce qui mérite d’être appelé proprement un raisonnement, comme j’ai montré ailleurs. Or lorsque l’entendement emploie et suit la fausse détermination du sens interne (comme lorsque le célèbre Galilée a cru que Saturne avait deux anses), il se trompe par le jugement qu’il fait des apparences, et il en infère plus qu’elles ne portent. Car les apparences des sens ne nous promettent pas absolument la vérité des choses, non plus que les songes.
Leibniz - Essais de Théodicée 65
image : A. RODIN Le Génie de la Lumière 1890 musée des Beaux-Arts Nancy photo GL

dimanche 1 juin 2008

Pause...


Beauté simple... paix...
pour le plaisir !
photo GL