mardi 31 décembre 2013

Bonne année 2014


Bonne, très bonne, excellente année 2014 
à vous mes amies et amis,
à celles et ceux que vous aimez.
Que la Lumière qui rayonne de ce coeur  palpitant de Lorraine vous accompagne durant les douze mois à venir, et  bien plus longtemps encore. 
Qu'elle vous éclaire, vous réchauffe, et nous rapproche toujours davantage.

Je vous embrasse.
Gilles


lundi 16 décembre 2013

La Femme et le citoyen...

Julie-Victoire DAUBIE (1824-1874) fut la première bachelière de France, en août 1861. Quelques années plus tard, elle devint la première licenciée ès Lettres. Au prix de grandes difficultés, elle força pour les femmes les portes de l'Université jusque là verrouillées par les hommes. Mais elle fit bien davantage encore. Toute sa vie, elle milita pacifiquement pour le respect de chacun par tous et de tous par chacun, écrivit et publia des textes, donna des conférences sur des sujets brûlants comme l'égalité homme-femme, l'amélioration des conditions de travail dans l'artisanat et les manufactures, les rôle et mission de l'école, la citoyenneté...
Ses engagements de ce temps, ses pensées et propositions sont toujours d'actualité. Tirées de son livre en trois volumes La Femme pauvre au 19ème siècle, les citations qui suivent en sont une preuve...
La Femme en politique :
Il est évident que la femme électeur se complète de la femme éligible, mais il y a loin de là à la femme élue, dans l'état de nos moeurs surtout...
Ecrivaines et écrivains :
Les écrivains hommes (...) en ne permettant aux femmes de prendre la parole que pour dire quelque chose, semblent réserver aux hommes seuls le droit de parler pour ne rien dire.
Education et principes républicains :
L'interdiction pour la femme de puiser l'instruction aux mêmes sources que l'homme est une négation de nos théories d'égalité civile qui établit un antagonisme déplorable entre nos principes et nos moeurs.
La nature et la folie des hommes :
La nature, qui fait reverdir les moissons sur les champs de carnage, est une force admirablement productive, puisqu'elle nous laisse survivre à de si grandes et si constantes folies.
Des droits et des devoirs :
Déchaînez ou enchaînez la presse dans une société où chacun peut vivre dans des unions sans droits pour les faibles et sans devoirs pour les forts, et vous verrez également partout l'anarchie des moeurs régner dans les idées ; l'ordre pourra être rétabli dans la rue et maintenu à l'aide du gendarme ; le désordre restera dans les esprits.
Du pouvoir :
L'homme qui ne sait pas se gouverner est incapable de gouverner les autres... Et pourtant on remarque, dans les familles comme dans la cité, qu'il veut prendre plus d'autorité sur autrui qu'il en a moins sur lui-même !
Economique et social :
Dans l'ordre, ou plutôt dans le désordre actuel, chacun fait produire le plus possible à ses capitaux sans s'inquiéter de l'ouvrier qui n'est qu'un être abstrait, incongru, un rouage dans la machine !
Répartition des fruits du travail :
Il est de fait que l'ordre économique ne serait pas troublé comme il l'est chez nous, si le scandale des fortunes illicites était soumis au contrôle de l'opinion."
Visionnaire, Julie-Victoire Daubié ? 
Visionnaire !
Incurables, les maladies fondamentales de l'homme ?
A chacun de répondre, après méditation, hors des conditionnements économico-socio-religio-politiques... et d'en déduire ses choix pour l'avenir, en son âme et conscience !
Salut et Fraternité.

Images 
Portrait de J-V Daubié (détail) par P. Petit (1861)
Couverture de Julie-Victoire, le roman de Julie-Victoire Daubié, première bachelière de France 
 Auteur Gilles Laporte Préface de Jean-Louis Debré (éd. Eska-Paris-2013)

jeudi 12 décembre 2013

ERASME : Eloge de la folie...

Erasme de Rotterdam écrivait, en 1508 : 
Mon avis, à moi, Folie, est que plus on est fou, plus on est heureux, pourvu qu'on s'en tienne au genre de folie qui est mon domaine, domaine bien vaste à la vérité, puisqu'il n'y a sans doute pas, dans l'espèce humaine, un seul individu sage à toute heure et dépourvu de toute espèce de folie. Il n'existe ici qu'une différence : l'homme qui prend une citrouille pour une femme est traité de fou, parce qu'une telle erreur est commise par peu de gens : mais celui dont la femme a de nombreux amants et qui, plein d'orgueil, croit et déclare qu'elle surpasse la fidélité de Pénélope, celui-là personne ne l'appellera fou, parce que cet état d'esprit est commun à beaucoup de maris.
Rangeons parmi ces illusionnés les chasseurs forcenés, dont l'âme n'est vraiment heureuse qu'aux sons affreux du cor et dans l'aboiement des chiens. Je gage que l'excrément des chiens pour eux sent la cannelle. Et quelle ivresse à dépecer la bête ! Dépecer taureaux et béliers, c'est affaire au manant ; au gentilhomme de tailler dans la bête fauve. le voici, tête nue, à genoux, avec le coutelas spécial qu'aucun autre ne peut remplacer ; il fait certains gestes, dans un certain ordre, pour découper certains membres suivant le rite. Autour de lui, la foule, bouche bée, admire toujours comme un spectacle nouveau ce qu'elle a déjà vu plus de mille fois, et l'heureux mortel admis à goûter l'animal n'en tire pas mince honneur. A force de poursuivre les bêtes fauves et de s'en nourrir, les chasseurs finissent par leur ressembler ; ils n'en croient pas moins mener la vie des rois.
Erasme 1469-1536 Eloge de la folie Le Monde de la philosophie/Flammarion XXXIX p.64-65